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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Concert du West-Eastern Divan Orchestra sous la direction de Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Paris.

Musique française sur canapé
© Peter Adamik

La Philharmonie n'en finit pas de s'inaugurer. Avec près de 45 000 visiteurs, elle sera même devenue pour un week-end le lieu le plus couru de la capitale. La programmation est à la hauteur de l'engouement et si l'on fait abstraction des échafaudages et des équipes chargées de terminer le bâtiment, on peut dire que tout y commence sous les meilleurs auspices.
 

Philharmonie, Paris
Le 19/01/2015
David VERDIER
 



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  • Première formation étrangère à se produire sous les suspensions de la grande salle, le West-Eastern Divan Orchestra est conduit ce soir par un Daniel Barenboïm visiblement ravi par l'accueil que lui réserve un public conquis d'avance. Un programme en forme de triptyque met en regard anciens et modernes de la musique française du XXe siècle : Debussy-Boulez-Ravel.

    Du premier, Barenboïm présente le célèbre Prélude à l'après-midi d'un faune. La battue émolliente en dessine un portrait façon faune sur canapé (ou sur papier glacé c'est selon). L'acoustique très claire offre une image sonore précise, mettant en valeur une petite harmonie très homogène de timbre et de lignes. Les contours harmoniques confondent souvent sensible et sensiblerie dans une recherche assez simplifiée de la couleur. Ce Debussy parle une novlangue expressive ; c'est en quelque sorte ultra raffiné mais sans mystère ni arrière-plans.

    Enchaîner avec Dérive 2 de Boulez était un pari hautement risqué. L'exigence et le format généreux de cette pièce pour orchestre n'incitait sans doute pas à la présenter dans un tel programme. Les bouléziens y verront une manière (habile) de faire entendre de la musique contemporaine à un public plus traditionnel ; les moins habitués se contenteront de subir en silence cette quasi-heure de lignes brisées saisies dans un rythme fugace et volatil.

    Le résultat est d'une précision remarquable mais en deçà de la brillance et de l'urgence entendues sous la direction du compositeur il y a une dizaine d'années. Le tempo est ici légèrement étiré, plus confortable en un sens, mais sans transiger avec l'exigence requise. Il est heureux d'entendre de si jeunes musiciens, rompus à un large répertoire, se plier avec précision à une musique aussi riche que rigoureuse.

    La deuxième partie met les voiles vers des rivages exclusivement ravéliens, à commencer par une très dansante Rapsodie espagnole. Après un Prélude à la nuit assez neutre, le tableau s'anime dans Malagueña et jusqu'à une Feria très sonore et dynamique. Triomphe assuré également pour une Alborada del gracioso puissante et passionnée, propre à faire chavirer sur commande un public immergé dans la résonance très flatteuse de la Philharmonie.

    Après une Pavane pour une infante défunte très sage et d'un recueillement quasi narcissique et poseur, le célébrissime Boléro développe bruyamment sa grande machinerie populaire. Bras croisés et en pleine discussion avec le premier violon, Barenboïm amuse la galerie et contrôle de temps à autre les engrenages de rythmes et de couleurs. La pulsation dynamique du final est proprement ahurissante de volume et de puissance. La réverbération de la salle amplifie jusqu'au bruit blanc l'écrasement des percussions et des cuivres.

    Il en faut davantage pour venir à bout de l'enthousiasme du public, qui se voit offrir en bis le tango El Firulete de Mariano Mores. Un direct Paris-Buenos-Aires en première classe…




    Philharmonie, Paris
    Le 19/01/2015
    David VERDIER

    Concert du West-Eastern Divan Orchestra sous la direction de Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Prélude à l’après midi d’un faune
    Pierre Boulez (*1925)
    Dérive 2
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Rapsodie espagnole
    Alborada del gracioso
    Pavane pour une infante défunte
    Boléro
    West-Eastern Divan Orchestra
    direction : Daniel Barenboïm

     


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