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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoűt 2019

Nouvelle production de Kátia Kabanová de Janáček dans une mise en scène de Laurent Joyeux et sous la direction de Ĺ tefan Veselka Ă  l’OpĂ©ra de Dijon.

Noir d'encre
© Bobrik / OpĂ©ra de Dijon

Un drame Ă  la noirceur acĂ©rĂ©e oĂą plane l'absence de Dieu et le dĂ©sespoir. Cette production dijonnaise de Kátia Kabanová, deuxième grand ouvrage lyrique de son auteur, magnifiĂ©e par un plateau de premier ordre et la mise en scène par Laurent Joyeux porte haut la puissance du théâtre rĂ©aliste transfigurĂ© par la musique de Leoš Janáček.
 

Auditorium, Dijon
Le 24/01/2015
David VERDIER
 



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  • On sort de cette production de Kát’a Kabanová avec plusieurs motifs de satisfaction, Ă  commencer par le magnifique Ă©crin orchestral dessinĂ© par Ĺ tefan Veselka Ă  la tĂŞte des si bien nommĂ©s Czech Virtuosi. La matière instrumentale de cet opĂ©ra agit comme un personnage Ă  la fois invisible et omniprĂ©sent, dans un drame qui conjugue sentiment et banalitĂ©.

    À travers une mise en scène issue explicitement du théâtre parlé, Laurent Joyeux rend visible les affleurements d'une prose à la fois grise et resserrée. Tous les chanteurs ne sont pas à l'aise avec cette approche néoréaliste et somme toute assez neutre. À l'exception du personnage de la mère et de ses pulsions castratrices assez caricaturales, les autres protagonistes sont saisis avec le recul nécessaire au bon équilibre de l'ensemble.

    Au fond d'un décor à la modernité assez glaciale trône un saule pleureur, symbole triste et romantique qui abritera le moment venu les amours fugaces de Kátia et Boris sur les bords de la Volga. Au centre toujours, cette datcha au II qui laisse la place à la mystérieuse étendue d'eau noire dans laquelle l’héroïne disparaît au terme d'une bouleversante déclamation.

    Cette noirceur dépouillée compose un fond expressif très touchant, sans doute davantage que les costumes façon Hergé chez les Soviets (le spoutnik de Kudrjaš était-il nécessaire ?). Cette forme de quotidienneté amidonnée et sépia ne permet pas à la scénographie d'atteindre la singularité extraordinaire d'un Marthaler – bien que toute comparaison dans ce domaine soit inutile.

    Le plateau est enlevĂ© vers les sommets dramatiques par le geste souple et prĂ©cis de Ĺ tefan Veselka. La scène de l'orage dĂ©borde de tension tandis que la mĂ©lancolie blessĂ©e des deux sĹ“urs ou les Ă©lans contrariĂ©s du fils est sertie par des Ă©quilibres remarquables entre cordes et vents. Rarement la versatilitĂ© subtile de la musique de Janáček aura montrĂ© sa propension Ă  illustrer des sentiments aussi contradictoires.

    Les chanteurs, originaire d'Europe de l'Est pour la plupart, donnent Ă  entendre un niveau d'interprĂ©tation absolument remarquable. MĂŞme JĂ©rĂ´me Billy (Váňa Kudrjáš) parvient Ă  se fondre Ă  merveille dans cette couleur de langue ; son personnage s'accorde parfaitement Ă  l'Ă©clat et la candeur de Varvara (Katarina Hebelkova).

    Katja Starke compose une Kabanicha parfaite de veulerie et de méchanceté, tandis que le couple Kátia (Andrea Dankova) et Boris (Alexey Kosarev) tutoie les sommets de l'émotion. La projection de la soprano slovaque est stupéfiante de densité et de vigueur ; il faut entendre la façon dont elle prononce son adieu au monde, la tête seule émergeant de l'eau avant de disparaître complètement… Un destin qui disparaît dans la nuit, et qui emporte le monde tout entier dans sa chute. Magnifique.




    Auditorium, Dijon
    Le 24/01/2015
    David VERDIER

    Nouvelle production de Kátia Kabanová de Janáček dans une mise en scène de Laurent Joyeux et sous la direction de Ĺ tefan Veselka Ă  l’OpĂ©ra de Dijon.
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Kát’a Kabanová, opéra en trois actes (1921)
    Livret de Leoš Janáček et Vincenc Červinka d’après la pièce l’Orage d’Alexandre Ostrovski

    Chœur de l’Opéra de Dijon
    Czech Virtuosi
    direction : Ĺ tefan Veselka
    mise en scène : Laurent Joyeux
    scénographie : Damien Caille-Perret
    costumes : CĂ©line Perrignon
    Ă©clairages : Jean-Pascal Pracht

    Avec :
    Andrea Danková (Kát’a), Alexeï Kosarev (Boris), Albert Bonnema (Tichon), Katja Starke (Kabanicha), Katerina Hebelkova (Varvara), Krzysztof Borysiewicz (Dikoj), Jérôme Billy (Kudrjáš), Johnny Herford (Kuligin), Anna Wall (Glacha), Aurélie Marjot (Fekloucha).

     



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