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CRITIQUES DE CONCERTS 23 mai 2018

Récital du pianiste Benjamin Grosvenor dans la série les Grands Solistes à la salle Gaveau, Paris.

Le talent quoi qu’il en dise
© Sussie Ahlburg / Decca

Au moment ou disparaît un très grand pianiste, il est réconfortant d’entendre un représentant aussi convaincant de la nouvelle génération. Le Britannique Benjamin Grosvenor, vingt-deux ans, déjà installé au catalogue Decca et la musique dans les doigts, a dédié son remarquable récital salle Gaveau à la mémoire d’Aldo Ciccolini.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 02/02/2015
Gérard MANNONI
 



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  • Famille de musiciens et d’artistes, piano commencé à cinq ans et progrès fulgurants, études à la Royal Academy of Music de Londres puis carrière précoce et récompenses multiples, Benjamin Grosvenor prétend pourtant qu’il n’a pas un talent particulier. C’est apparemment plus de l’inconscience que de la fausse modestie. Sans doute une façon naturelle de vivre la musique avec les doigts.

    Car ce qui frappe d’abord dans le jeu de ce pianiste de vingt-deux ans, c’est la qualité du toucher, du son et la fluidité rayonnante du jeu qui déroule son propos comme on raconte une histoire. Il y aussi une utilisation magistrale de la pédale. Celle-ci sert à tonifier la sonorité dans la transcription par Busoni de la Chaconne de Bach pour violon, à jouer des couleurs et de la puissance dans Prélude, Choral et Fugue de Franck, à faire miroiter dans une sorte de brume translucide les jeux d’eau de la Barcarolle de Chopin. Le Choral de Frank bénéficie en particulier d’un éblouissant équilibre de dynamiques, d’une richesse et d’une texture sonore étonnantes.

    En deuxième partie, après cette Barcarolle pleine de rêves et de mouvements, deux mazurkas de Chopin, mais surtout une Troisième Ballade abordée à pas feutrés et développant ensuite, sans rage ni brutalité, les tourments de ses cascades de notes aux si riches associations de traits et d’accords. Un voyage dans l’inconscient et dans l’imaginaire romantique le plus effervescent, avec ses apaisements et ses emballements. Et toujours quel confort d’un toucher dénué de toute dureté même dans la violence !

    Le récital s’achevait sur des pièces extraites des Goyescas de Granados et sur El pelele, chatoyant, virtuose et dramatique, qui souleva l’enthousiasme du public. La technique est naturellement là, au plus haut niveau, mais contrairement à beaucoup de ses contemporains, ce n’est jamais elle que Grosvenor met en avant et dont en a envie de parler en premier. Mais on se rend compte a posteriori que si on n’y a peu pensé, c’est qu’elle naît de la musique et non l’inverse. Et l’ensemble est de toute façon infiniment plus accompli et maîtrisé que son disque sorti sans doute un peu trop tôt et vite chez Decca.

    Il semble en particulier avoir beaucoup évolué dans son approche de Chopin. Cela donne forcément envie de voir les futurs développements de la carrière d’un jeune interprète qui recentre l’art de l’interprétation sur l’essentiel. Question d’école, de travail et… quoiqu’il en dise, de talent.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 02/02/2015
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Benjamin Grosvenor dans la série les Grands Solistes à la salle Gaveau, Paris.
    Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
    Gavotte et variations sur la Suite en la mineur
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Chaconne de la Partita pour violon n° 2
    Transcription de Busoni
    César Franck (1822-1887)
    Prélude, choral et fugue
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Barcarolle en fa# majeur op. 60
    Mazurka op. 63 n° 2
    Mazurka op. 30 n° 4
    Ballade n° 3 en lab majeur op. 47
    Enrique Granados (1867-1916)
    Goyescas pour piano (Complainte, ou la jeune fille et le rossignol, Ballade de l’amour et de la mort)
    Le Mannequin
    Benjamin Grosvenor, piano

     


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