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CRITIQUES DE CONCERTS 06 juillet 2020

Concert de l’Orchestre Simon Bolivar du Vezenuela sous la direction de Gustavo Dudamel à la Philharmonie de Paris.

Entre kitsch et vertiges
© Matthias Bothor

Tonitruant concert de Gustavo Dudamel à la tête de son Orquesta Sinfónica Simón Bolívar dans la grande salle de la Philharmonie de Paris. Un programme en forme d'antithèse de styles réunissait Julián Orbón et Gustav Mahler. Avec un résultat pour le moins mitigé, et une samba endiablée en bis après la Vienne sécessionniste de la Cinquième de Mahler.
 

Philharmonie, Paris
Le 25/01/2015
David VERDIER
 



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  • La Philharmonie est pleine √† craquer ce dimanche apr√®s-midi pour accueillir l‚ÄôOrquesta Sinf√≥nica Sim√≥n Bol√≠var et l'embl√©matique Gustavo Dudamel. Selon son humeur, on pourra voir dans le fait qu'une grande marque de BTP sponsorise cette soir√©e, une allusion discr√®te √† l'avancement des travaux ou la fa√ßon dont le chef v√©n√©zuelien aborde ses partitions‚Ķ

    M√™me si l'√©crin acoustique semble taill√© √† la mesure des forces en pr√©sence, ce genre de concert fait appara√ģtre des qualit√©s et des d√©fauts qu'il conviendrait d'int√©grer dans le r√©glage final. La r√©sonance tout d'abord, tr√®s claire et r√©verb√©r√©e ‚Äď ce qui permet d'appr√©cier en premi√®re partie l'√©clat tr√®s color√© des Tres Versiones Sinf√≥nicas de Juli√°n Orb√≥n mais perturbe l'appr√©ciation des climax dans la Cinqui√®me Symphonie de Gustav Mahler.

    On oscille rapidement entre saturation et bruit blanc dans les fortes dynamiques et les volumes généreux. Paradoxalement, tout un ensemble de micro détails dans le registre intermédiaire sont immédiatement perceptibles, avec une exceptionnelle netteté.
    La musique du compositeur hispano-cubain Julián Orbón peine à dissimuler sous les rugissements de cuivres et les coups de boutoir des percussions un assemblage général très traditionnel.

    Le d√©hanchement chaloup√© de la Pavana pr√©c√®de un mouvement lent relativement anecdotique. Dudamel m√®ne ses troupes avec brio vers un Finale fa√ßon bataille de confettis et serpentins, avec des percussions omnipr√©sentes. Le sentiment de jubilation g√©n√©rale l'emporte largement sur une √©coute d√©taill√©e qui aurait sans doute fait appara√ģtre des intonations approximatives dans les pupitres de bois et des cordes assez indisciplin√©es dans leur approche du legato.

    La seconde partie varie les contrastes et offre à cet orchestre de jeunes musiciens l'occasion de se confronter avec un monument du répertoire postromantique. Le résultat est une Cinquième de Mahler assez inclassable, aux confins de l'exercice de style brillantissime et de la prise de vue cinématographique. Sous la battue de Dudamel, les musiciens du Simón Bolívar libèrent une énergie extraordinaire.

    Très peu de scories en définitive, car le jeune effectif se tire des chausse-trappes de la partition. Le corollaire de cette approche très investie et engagée est à chercher dans un son assez uniforme, qui cherche dans la fluidité et la luminosité ce qu'il perd en timbres et en épaisseur. On ne retrouve guère d'arrière-plans psychologiques ou méditatifs dans un Mahler dégraissé à ce point.

    L'écho naturel de la salle accentue notablement ces effets technicolor, tant et si bien qu'il est difficile de repérer à la longue les intentions réelles d'une telle lecture. L'Adagietto file droit comme un i, sans une once de méditation ou d'authenticité dans l'effusion de la matière musicale. Le Finale, impeccablement mis en place, se noie dans les décibels et atomise les lignes.

    Pour satisfaire un public d√©j√† conquis, Dudamel ose un p√©tulant Alma Llalnera avec maracas oblig√© et refrain repris en chŇďur. Apr√®s Mahler, c'est √† prendre ou √† laisser‚Ķ




    Philharmonie, Paris
    Le 25/01/2015
    David VERDIER

    Concert de l’Orchestre Simon Bolivar du Vezenuela sous la direction de Gustavo Dudamel à la Philharmonie de Paris.
    Julián Orbón (1925-1991)
    Tres Versiones Sinfónicas
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n¬į 5 en ut# mineur
    Orquesta Sinfónica Simón Bolívar
    direction : Gustavo Dudamel

     


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