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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Concert de l’Ensemble InterContemporain et de l’Orchestre du Conservatoire de Paris sous la direction de Matthias Pintscher, avec la participation de la soprano Marisol Montalvo à la Philharmonie de Paris.

Grâce à Boulez
© Eric Mahoudeau

Porté par des interprètes remarquables, dont une Marisol Montalvo bouleversante, Pli selon pli, ce portrait de Mallarmé inspiré à Boulez par son intuition toujours plus profonde du poète, s’est magnifiquement épanoui dans l’acoustique de la Philharmonie de Paris avant les emportements jubilatoires des Amériques de Varèse.
 

Philharmonie, Paris
Le 03/02/2015
Claude HELLEU
 



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  • De Mallarmé à Boulez ou la transmutation d’un langage. Échelonnées au fil de l’intuition que celui du poète inspire au compositeur, les cinq pièces de Pli selon pli se vouent à cette connivence. Fasciné par la singularité formelle de l’écriture de Mallarmé, Pierre Boulez n’eut de cesse d’en transposer l’élégance, la pureté et les raffinements dans un monde musical non moins rare.

    Quand les interprètes donnent tout à entendre de cette adéquation, quand ils suscitent ses entrelacs, ses concentrations et ses mystères, la découverte tient de l’envoûtement. On rêve que le Pli selon pli donné sous la direction de Matthias Pintscher par l’Ensemble InterContemporain et l’Orchestre du Conservatoire de Paris auxquels se joignait Marisol Montalvo ait franchi murs et intempéries pour arriver jusqu’au maître hélas contraint de ne plus quitter sa résidence à Baden-Baden et lui offre notre bonheur.

    Don, Improvisation I sur Mallarmé « Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui », Improvisation II sur Mallarmé « Une dentelle s’abolit », Improvisation III sur Mallarmé « À la nue accablante tu », Tombeau… Les jeux des sonorités varient d’une pièce à l’autre, subjuguent en répons d’une captivante subtilité, les deux pièces extrêmes plus orchestrales que les trois centrales, plus chambristes.

    L’acoustique lumineusement claire de la Philharmonie de Paris cisèle les échanges entre bois et cuivres à droite, percussions richement présentes et harpes au centre, cordes à gauche. Devant l’orchestre, Marisol Montalvo immobile telle une sculpture drapée dans une longue robe bleue, bras le long du corps, mains naturellement ouvertes, incarne la voix. Ni partition ni chaise ni geste ne distrairont la soprano du texte et de la musique fusionnels qui l’habitent.

    Alliance des mots tels des joyaux et de leurs silences aux valeurs instrumentales, changements de timbre, murmures, écarts souplement franchis, attaques précises, tessiture tendue, la voix se projette ou s’immisce selon la « prépondérance tantôt du texte musical, tantôt du texte poétique », dit le compositeur. Un moment particulièrement troublant en suspend le temps, quand seules les percussions et le piano tissent le voile qui la soulève.

    Rigueur des alliances renouvelées, combinaisons de sons inattendues, parfois même démoniaques aux xylophones : la perfection technique des solistes de l’Ensemble InterContemporain, spécialistes de ce répertoire, n’est plus à dire, et sous la direction rigoureuse, sobre et initiée de Matthias Pintscher, leur chef attitré, s’épanouit dans l’émotion d’une interprétation transcendante.

    L’hommage à celui qui voulut cet Ensemble et le fonda en 1976, en même temps que l’IRCAM, et voulut cette salle – une réussite qui se confirme à chaque concert et la fait comble –, ne pouvait être plus beau, conclu par les larmes de Marisol Montalvo émergeant de sa concentration comme éblouie d’avoir pu relever un tel défi.

    Contraste musical absolu avec Amériques en deuxième partie. La réunion des deux orchestres prend un peu plus de temps à trouver son homogénéité, mais l’effectif triomphe dès les tutti portés à l’incandescence par un chef bien décidé à exalter la colossale jubilation de l’œuvre de Varèse. Explosions, arrêts subits, sons révolutionnaires, pulsations puissantes, paroxysmes mais aussi cantilènes d’instruments solistes tout au bonheur de leurs incantations, bois ravis en tête, les pupitres se singularisent au mieux de leur engagement.

    Grâce à Matthias Pintscher, l’originalité d’Amériques, cette partition pour grand orchestre écrite entre 1918 et 1921, tellurique, païenne et audacieuse, interrogative, aussi, et devenue un classique, a irradié sa force cosmique pour la plus grande joie des musiciens et de leur public.




    Philharmonie, Paris
    Le 03/02/2015
    Claude HELLEU

    Concert de l’Ensemble InterContemporain et de l’Orchestre du Conservatoire de Paris sous la direction de Matthias Pintscher, avec la participation de la soprano Marisol Montalvo à la Philharmonie de Paris.
    Pierre Boulez (*1925)
    Pli selon pli (portrait de Mallarmé)
    Marisol Montalvo, soprano
    Edgar Varèse (1883-1965)
    Amériques
    Ensemble InterContemporain
    Orchestre du Conservatoire de Paris
    direction : Matthias Pintscher

     


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