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CRITIQUES DE CONCERTS 12 novembre 2018

Reprise d’Ariane à Naxos de Strauss dans la mise en scène de Laurent Pelly, sous la direction de Michael Schønwandt à l’Opéra de Paris.

L'été indien de Karita Mattila
© Bernard Coutant / Opéra national de Paris

Reprise gagnante pour cette Ariane à Naxos à Bastille. Derrière les gags de Laurent Pelly, c'est le plateau vocal qui l'emporte en dessinant une carte de Tendre à la hauteur de ce génial objet trouvé signé Strauss et Hofmannstahl. L'astre Karita Mattila illumine une constellation dirigée de main de maître par Michael Schønwandt.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 12/02/2015
David VERDIER
 



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  • Cette reprise de cette production d'Ariane à Naxos rappelle combien cet opéra est un patchwork de narration et de styles, un kaléidoscope en forme de trompe-l'œil… de quoi donner des migraines au plus aguerri des metteurs en scène. Le Prologue donne la primeur au théâtre parlé pour installer les personnages dans des rôles explicitement donnés comme impossibles, tandis que dans la seconde partie, il s'agira d'articuler au mieux les bouffonneries de la Commedia dell'arte avec un final au postromantisme pompier.

    Laurent Pelly surligne à l'envi atmosphères et personnages, comme pour mieux coller à cet univers bigarré et fantasque. Entre mer et montagne, le décor de Chantal Thomas se fait le relais de cette vision. On passe d'un prologue installé dans l'austérité glaciale d'un hall d'hôtel aux faux airs de Nid d’Aigle, à une deuxième partie en bord de plage au milieu d'un bâtiment en construction qui rappelle clairement les lignes architecturales du premier décor.

    Les masques italiens en chemises à fleurs et la Zerbinetta en paréo Club Med' font écho aux toges hiératiques du couple Bacchus-Ariane. Pas grand chose à attendre de cette mise en regard de la transcription guignolesque de l'humour et l'hystérie contenue des héros mythologiques.

    L'intérêt vient plutôt d'un plateau en état de grâce. À commencer par le vétéran Franz Grundheber (Haushofmeister) qui donne les règles du jeu à l'excellent Martin Gantner (Maître de musique) avec une componction impayable. Sophie Koch est toujours à sa place dans ce Compositeur qu'elle incarne invariablement depuis la première saison de ce spectacle. La voix se fait discrète dans les notes graves mais le legato somptueux suscite l'enthousiasme.

    Difficile d'oublier que cette Zerbinetta a été dessinée pour Natalie Dessay, visuellement du moins. Daniella Fally a les moyens du rôle mais une façon de négocier les agilités avec la concentration d'une athlète de haut niveau – on repassera pour la légèreté et l'inspiration. Du cortège rigolard des comédiens italiens émerge l'efficace Edwin Crossley-Mercer (Harlekin) et un Cyrille Dubois idéal d'abattage en Brighella. On saluera la prestation prometteuse des membres de l'Atelier lyrique : Olga Seliverstova et Agata Schmidt en Naïade et Dryade, Oleksiy Palchykov et Andriy Gnatiuk en Scaramouche et Truffaldino.

    Avec le Bacchus de Klaus Florian Vogt et l'Ariane de Karita Mattila, on tient un duo straussien de tout premier plan. La voix lumineuse et juvénile du premier campe un héros au désir maladroit et touchant. La soprano finlandaise jette génialement ses derniers feux dans un personnage qu'elle parvient à rendre dans toute sa grandeur et sa sensibilité. L'effort est perceptible et les dangers nombreux, mais le triomphe est au bout du chemin. La direction souveraine de Michael Schønwandt irise les contours straussien d'un geste doux et lumineux. Si la précision est au rendez-vous, le ressac et les élans sont encore timides de projection. Un Strauss chambriste dans le grand vaisseau de Bastille.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 12/02/2015
    David VERDIER

    Reprise d’Ariane à Naxos de Strauss dans la mise en scène de Laurent Pelly, sous la direction de Michael Schønwandt à l’Opéra de Paris.
    Richard Strauss (1756-1791)
    Ariadne auf Naxos, opéra en un prologue et un acte (1916)
    Livret d'Hugo von Hofmannstahl

    Chœur et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Michael Schønwandt
    mise en scène & costumes : Laurent Pelly
    décors : Chantal Thomas
    éclairages : Joël Adam

    Avec :
    Karita Mattila (Ariane), Klaus Florian Voigt (Bacchus), Franz Grundheber (le Majordome), Martin Gantner (le Maître de musique), Sophie Koch (Le compositeur), Kevin Amiel (un Officier), Dietmar Kerschbaum (le Maître de ballet), Piotr Kumon (le Perruquier), Ugo Rabec (Un Laquais), Daniella Fally (Zerbinetta), Olga Seliverstova (Naiade), Agata Schmidt (Dryade), Ruzan Mantashyan (Echo), Edwin Crossley-Mercer (Arlequin), Oleksiy Palchykov (Scaramouche), Andriy Gnatiuk (Truffaldino), Cyrille Dubois (Brighella).

     



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