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CRITIQUES DE CONCERTS 18 juin 2018

Roméo et Juliette de Berlioz par le Chœur Aedes et l’orchestre Les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth à la Philharmonie de Paris.

Roméo galvanise la Philharmonie
© Marco Borggreve

Objet musical non identifié, la symphonie dramatique Roméo et Juliette de Berlioz ne cesse de fasciner par son aspect hybride et ses trouvailles dramatiques. Surtout lorsqu’ils sont mis en valeur par les instruments anciens de l’Orchestre Les Siècles et par les chanteurs du Chœur Aedes. Une exécution enthousiasmante, où seuls les solistes déçoivent.
 

Philharmonie, Paris
Le 16/03/2015
Yannick MILLON
 



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  • Après les formations de luxe que sont le Concertgebouw d’Amsterdam et les Berliner Philharmoniker, on était curieux de se rendre à la Philharmonie de Paris pour entendre comment s’y déploient les instruments anciens. Occasion tombant à point nommé donc que cette programmation du Roméo et Juliette de Berlioz avec l’Orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth.

    Alors qu’on avait été conquis par l’acoustique dès la première attaque face aux grands orchestres internationaux, il faut quelques minutes pour se sentir pleinement à l’aise devant le son plus mince des cordes anciennes. Le temps de quelques accords tranchants des cuivres et percussions, et l’oreille s’ajuste au cours de la rixe des Capulet et Montaigu. Pari gagné là encore pour la nouvelle salle de la Villette.

    D’emblée, François-Xavier Roth défend un Berlioz vif, bien articulé, d’un équilibre assez idéal entre horizontalité et verticalité, aux rythmes toujours fermes et précis (Grande Fête chez Capulet), aux grands accords pleins mais jamais gras, avec des percussions d’une netteté grisante. Au cours de cette heure quarante de musique sans pause, le chef français défend avec poigne tous les affects évoqués par le compositeur, de l’agitation du combat de rue introductif aux murmures de la scène du balcon, de l’évocation des belles Véronaises à la fulgurance du poison menant les amants à la mort, de la sinistre régularité du Convoi funèbre de Juliette au Serment volontairement pompeux de Frère Laurent.

    Et tout du long, Les Siècles s’affirment comme une machine symphonique ultra affûtée, sans les désagréments autrefois imputables à la maîtrise encore balbutiante des instruments d’époque. On cherchera en vain une attaque de travers, un son mal intégré, tandis que l’on bénéficie de l’éclairage neuf de ces lignes violoncelle-cor à l’unisson ne fusionnant jamais vraiment dans la Scène d’amour, de ce hautbois génialement pincé dans la Solitude de Roméo, de ces harmoniques de cordes, de ces pincements de harpe et de ces cymbales antiques impalpables dans le Scherzo de la Reine Mab.

    Face à cette forme d’évidence sonore justifiant ô combien le retour aux instruments spécifiques désirés par le compositeur, tout au plus regrettera-t-on ce soir chez François Xavier-Roth une peur d’en faire trop accouchant de certaines transitions un peu figées dans Roméo au tombeau des Capulet et dans la Scène d’amour, qu’on a pu aimer plus brûlante chez les grands berlioziens d’autrefois.

    Mais on y gagne dans les passages du petit chœur, d’une intelligibilité inespérée dans le prologue – le grand chœur le sera forcément moins dans la masse et la résonance généreuse de la Philharmonie. Intelligemment spatialisé, à l’exception des interventions beaucoup trop présentes des passages « en coulisse », le Chœur Aedes, ductile et au très bel éventail dynamique (qui serait impeccable sans une légère tendance à faire claquer certaines consonnes comme le font les chœurs allemands) orne de la plus belle manière une prestation orchestrale de premier plan.

    On notera en outre que les interventions chorales, effectuées de mémoire, permettent une synchronisation imparable avec l’orchestre dans le Scherzetto, où Jean-François Borras, la partition sous le nez, paraît nettement plus fragile dans son débit et ses attaques. Les solistes sont d’ailleurs le point le moins convaincant de la soirée. Car ni les couplets généreux mais handicapés par le timbre constamment en manque de rondeur d’Isabelle Druet, ni la scène finale du Frère Laurent de Jérôme Varnier, belle diction, beau timbre d’Arkel mais en péril constant dans l’aigu, ne se hissent à la hauteur d’une exécution qui aura galvanisé le public de la Philharmonie.




    Philharmonie, Paris
    Le 16/03/2015
    Yannick MILLON

    Roméo et Juliette de Berlioz par le Chœur Aedes et l’orchestre Les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth à la Philharmonie de Paris.
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Roméo et Juliette, symphonie dramatique op. 17 (1839)
    Livret d’Émile Deschamps
    Isabelle Druet, mezzo-soprano
    Jean-François Borras, ténor
    Jérôme Varnier, basse
    Chœur Aedes
    direction : Mathieu Romano
    Les Siècles
    direction : François-Xavier Roth

     


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