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CRITIQUES DE CONCERTS 28 février 2020

Nouvelle production de l’Empereur d’Atlantis d’Ullmann dans une mise en scène de Benoît Lambert et sous la direction de Mihály Menelaos Zeke à l’Opéra de Dijon.

Éloge de la vie
© Gilles Abegg

Après l’Opéra de Lyon en février 2013, l’Opéra de Dijon met au programme, dans le cadre d’un festival intitulé Résistance par les arts, une nouvelle production de l’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullmann, assassiné par les Nazis à Auschwitz en 1944. Un vibrant plaidoyer pour la vie dans une intrigue revendiquant pourtant le droit à mourir.
 

Grand Théâtre, Dijon
Le 13/03/2015
Yannick MILLON
 



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  • Militante et engagĂ©e, la programmation de Laurent Joyeux Ă  l’OpĂ©ra de Dijon est un modèle d’intelligence, luttant contre l’art-divertissement et le consumĂ©risme qui menacent directement la sphère culturelle de notre Ă©poque en replaçant l’opĂ©ra au cĹ“ur de la citĂ© pour amener le spectateur Ă  rĂ©flĂ©chir sur le monde qui l’entoure.

    Dans ces temps troublĂ©s, oĂą les fanatismes progressent partout, il Ă©tait plus que bienvenu d’offrir Ă  une ville bourgeoise comme Dijon ce festival RĂ©sistance par les arts dans le cadre de la saison tchèque de l’OpĂ©ra. PrĂ©sence du Quatuor Pavel Haas dans Schulhoff et Janaček, du Quatuor Bennewitz dans Klein et le petit chef-d’œuvre de Haas intitulĂ© les Montagnes du singe, autant de jalons d’une production clouĂ©e en son temps au pilori Ă  redĂ©couvrir aux cĂ´tĂ©s d’artistes on ne peur plus qualifiĂ©s.

    Versant lyrique, outre l’opéra pour enfants Brundibár de Krása, Dijon propose, après Lyon il y a deux ans, une nouvelle production de l’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullmann, composé à Theresienstadt où il ne sera jamais créé. Dans le cadre, approprié par ses dimensions, du Grand Théâtre qui est en fait plutôt petit, une première constatation s’impose : cette nouvelle mise en scène ne doublonnera en rien avec la production sus-citée de Richard Brunel.

    Directeur du CDN Théâtre de Dijon Bourgogne, Benoît Lambert nous installe dans un champ de ruines crûment éclairé où flottent des fumées chéraldiennes, imposant un cadre mythique où apparaîtront des fonctions allégoriques et figures du cirque. Comme un appel à nos consciences, les personnages font d’abord face au public d’un regard fixe, long et interrogateur, nécessaire piqûre de rappel soixante-dix ans après la barbarie nazie.

    Simplicité de théâtre de tréteaux, techniciens intégrés au spectacle pour les changements de dispositif scénique à vue, juste direction d’acteurs, sans outrance ni temps mort, allusion radiophonique à l’Histoire une unique fois, quand passent des images d’archives étayées de discours de Hitler et Pétain, le metteur en scène cherche avant tout la lisibilité, et tape juste.

    Coaché par rien moins que le pianiste spécialiste du Lied Helmut Deutsch, le plateau s’avère supérieur à celui de Lyon, et en tout cas beaucoup plus homogène dans l’excellence à déclamer la langue allemande, où seules les insuffisances en la matière de l’Arlequin très frenchy d’Antoine Chenuet, timbre ouvert et nasal pourtant parfaitement évocateur, semblent contrecarrer un extraordinaire travail de fond.

    Le Haut-Parleur de Jonathan Sells offre une déclamation aussi naturelle qu’au théâtre, passant du parlé au chanté avec une parfaite crédibilité. D’une voix sans beaucoup de corps, Christian Backhaus tire le meilleur en Empereur Overall idéalement frustré et peureux, peinant à imposer à son peuple une autorité naturelle. Tambour parfait, façon cabaret berlinois de Simone Eisele, diction imparable, voix juste assez acérée, pleine de caractère, d’une couleur évoquant Christel Goltz.

    Sans oublier la Mort à l’émission bien frappée de la basse Conrad Schmitz, le joli timbre (mais les aigus escamotés) du jeune Soldat de Benjamin Alunni et le soprano très fragile de la Jeune fille coiffée à la garçonne d’Yvonne Prentki, ouvrant ses ailes durant le choral final en délivrant de radieux aigus impalpables, qui confirment tous trois un plateau très soudé.

    Dans la fosse, où les instruments sont beaucoup plus mis en valeur qu’en fond de scène à Lyon, le jeune Mihály Menelaos Zeke, d’ordinaire chef des chœurs de la maison, à la tête de musiciens tchèques merveilleusement idiomatiques, trouve des alliages, des couleurs et des silences inouïs dans une partition dont il unifie les influences, à l’exact opposé de Jean-Michaël Lavoie au Théâtre de la Croix rousse dont la direction agissait à la manière du collage.




    Grand Théâtre, Dijon
    Le 13/03/2015
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de l’Empereur d’Atlantis d’Ullmann dans une mise en scène de Benoît Lambert et sous la direction de Mihály Menelaos Zeke à l’Opéra de Dijon.
    Viktor Ullmann (1898-1944)
    Der Kaiser von Atlantis, oder die Todverweigerung, opéra en un acte op. 49
    Livret de Petr Kien

    Ensemble instrumental tchèque
    direction : Mihály Menelaos Zeke
    mise en scène : Benoît Lambert
    scénographie, éclairages, vidéo : Antoine Franchet
    costumes : Violaine L. Chartier

    Avec :
    Christian Backhaus (l’Empereur Overall), Jonathan Sells (le Haut-Parleur), Conrad Schmitz (la Mort), Simone Eisele (le Tambour), Antoine Chenuet (Arlequin), Benjamin Alunni (Un soldat), Yvonne Prentki (Une jeune fille coiffée à la garçonne).

     



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