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CRITIQUES DE CONCERTS 18 octobre 2018

Nouvelle production de Tristan et Isolde de Wagner dans une mise en scène d’Antony McDonald et sous la direction d’Axel Kober à l’Opéra du Rhin.

Poème de l'amour et de l’amer
© Alain Kaiser

Le public français (et allemand) est venu nombreux acclamer cette nouvelle production de Tristan et Isolde à l'Opéra du Rhin. C'est l'occasion d'admirer un plateau de bonne tenue mené par l'excellent Axel Kober, ainsi que la scénographie sobre et efficace d'Antony McDonald, qui signe également les décors et les costumes de ce chef-d'œuvre intemporel.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 21/03/2015
David VERDIER
 



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  • Si Tristan est un ouvrage qui s'accommode généralement de décors abstraits ou symbolistes, l'option retenue ici puise davantage dans des références cinématographiques néo-réalistes (Spellbound d'Alfred Hitchcock ou The End of the Affair de Neil Jordan d'après le roman de Graham Greene). Le navire qui ramène Isolde a des allures de cargo de contrebande, avec coulures de rouille et confort rustique.

    Cette omniprésence de l'élément marin rappelle également les toiles d'Howard Hooper et la poésie désabusée d'un William Butler Yeats ou celle de Matthew Arnold (dont le livret de présentation reproduit le célèbre Dover Beach qui sert de couleur d'ambiance au II). La chambre des amants n'a rien à envier à la froideur et à la nudité d'un décor de motel en bord de mer. Le salpêtre ronge les murs, tandis qu'une tapisserie hors d'âge et un lit lugubre sert d'écrin aux deux amants.

    Au III, ce sera un Karéol où l'on retrouve les traces de l'enfance de Tristan. Un tricycle suffit à l'évoquer, tandis qu'il gît sur un lit sinistre et que circulent à l'arrière de baies vitrées les visiteurs importuns ou désirés. Les éclairages de Mimi Jordan Sherin introduisent dans ces lieux si frustes une dimension onirique propre à traduire les projections et les affects des personnages. Rien de mieux en effet, pour rendre l'antagonisme amoureux et psychotique entre la nuit et le jour, véritables personnages muets de ce drame wagnérien.

    On relèvera les gestes d'une discrétion feutrée ainsi que la relation jamais grandiloquente des corps qui tantôt s'effleurent et tantôt s'unissent sans chercher à poser photographiquement parlant. Ce Tristan d'Antony McDonald ne dissimule pas son atavisme théâtral (moins les longs plans séquence ou les plans serrés sur les visages des protagonistes) ; pour un peu, la musique pourrait s'arrêter et céder la place aux dialogues parlés.

    Melanie Diener emporte la palme, malgré une intonation qui se dérobe au I et une Liebestod chantée rideau fermé mais trop étriquée pour convaincre. L'engagement est confondant de réalisme et de vigueur, projetant une ligne vocale à la matité un peu métallique mais parfaitement équilibrée. Ian Storey est un Tristan honorable qui sait s'économiser pour trouver les accents qui feront du III le meilleur moment de sa prestation. La voix a cependant besoin de se déployer dans la durée pour pouvoir se laisser apprécier dans toute sa dimension.

    Michele Breedt est une Brangäne qui ne cherche pas à surjouer par des effets inutiles. L'aigu frôle la stridence dans les moments de tension mais la prestation demeure de très bon niveau. Raimund Nolte (Kurwenal) débute sous les meilleurs auspices, avec une projection et un legato très assuré. Les appels du III le trouvent un rien encombré et maladroit, comme si le personnage perdait son assurance à mesure que la fin approche.

    Parcours sans faute pour Attila Jun en Roi Marke. Trop limité en Hagen, il trouve ici un rôle à la dimension d'une voix sans noirceur excessive, avec beaucoup de tendresse dans le timbre. Gijs Van der Linden (Melot) et Sunggoo Lee (Berger et Jeune Marin) donnent une prestation très honorable.

    La bonne surprise vient d'une fosse portée à bout de bras par un Axel Kober attentif à faire jaillir le moindre détail, sans jamais donner la préférence à l'analytique sur l'émotionnel. On retrouve ici les mérites qu'il déployait à Bayreuth dans son Tannhaüser. Sous sa direction, l'Orchestre philharmonique de Strasbourg déroule de superbes et furieux paysages expressifs.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 21/03/2015
    David VERDIER

    Nouvelle production de Tristan et Isolde de Wagner dans une mise en scène d’Antony McDonald et sous la direction d’Axel Kober à l’Opéra du Rhin.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Tristan und Isolde, action dramatique en trois actes (1865)
    Livret du compositeur

    Chœurs de l’Opéra national du Rhin
    Orchestre philharmonique de Strasbourg
    direction : Axel Kober
    mise en scène & costumes: Antony McDonald
    décors : Antony McDonald & Ricardo Pardo
    éclairages : Mimi Jordan Sherin
    dramaturgie : Helen Cooper
    préparation des chœurs : Sandrine Abello

    Avec :
    Ian Storey (Tristan), Melanie Diener (Isolde), Attila Jun (le Roi Marke), Raimund Nolte (Kurwenal), Michelle Breedt (Brangäne), Gijs Van der Linden (Melot), Sunggoo Lee (Un Berger / un Jeune Marin), Fabien Gaschy (le Timonier).

     



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