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CRITIQUES DE CONCERTS 08 juillet 2020

Requiem de Verdi sous la direction de Christian Thielemann au festival de Pâques de Salzbourg 2015.

Pâques Salzbourg 2015 (1) :
Ein Verdis Requiem

© Kasskara / DG

Depuis le départ des Berliner Philharmoniker pour Baden-Baden en 2013, le Festival de Salzburg de Pâques a trouvé une solution de remplacement grâce au chef Christian Thielemann et sa Staatskapelle Dresden. Après deux années très allemandes, le programme s’étoffe en 2015 avec des œuvres exclusivement italiennes et russes, dont le Requiem de Verdi.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 03/04/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • ConstituĂ© de l’unique Messa da Requiem de Verdi, le Chorkonzert proposĂ© Ă  Salzbourg avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ© la saison passĂ©e Ă  la Semperoper de Dresde par Christian Thielemann avec une distribution diffĂ©rente. En Autriche, Jonas Kaufmann tient la partie de tĂ©nor et assure par son statut de star un remplissage total du Grosses Festspielhaus, mĂŞme s’il n’est pas accompagnĂ© comme Ă  La Scala par Anja Harteros ni Elina Garança, mais par les chanteuses Liudmyla Monastyrska et Anita Rachvelishvili, et par la basse Ildar Abdrazakov.

    Le Requiem aeternam débute tout en hiératisme, dans une atmosphère faisant plus penser à Mozart qu’à Verdi, laissant comme à d’autres reprises le sentiment d’écouter une partition allemande, tout particulièrement dans le soutien du chœur par les violons et les vents. Le Dies irae évite toute vulgarité et excès de puissance, faisant même regretter une plus forte concurrence du timbalier face à la grosse caisse, tout en permettant au chef de lier les parties entre elles dans une approche globale intéressante, très distante de la notion d’opéra-Requiem, parfois imposée à cette œuvre.

    Au Tuba mirum, les trompettes auraient mérité plus de netteté, et n’atteindront jamais le niveau des cors, ni de la petite harmonie, dont le basson se démarque particulièrement dès Quid sum miser. Après un léger passage à vide dans les deux parties de l’Offertorium, les notes sautillent entre les groupes de cordes au Sanctus comme elles le feraient dans le Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn, nous ramenant cette fois vers l’Allemagne romantique. Le Libera me renoue avec le style de départ et transporte la salle pendant les dernières minutes jusqu’à une coda toujours maîtrisée et jamais oppressante, d’une beauté simple.

    Le Chœur de la Radio bavaroise, après des prestations d’un niveau exceptionnel dans le Requiem de Brahms en 2013 et dans celui de Mozart en 2014, atteint ici encore des sommets dans l’ouvrage religieux italien. Même dans les parties où le chef demande une extrême distinction entre femmes et hommes, voire entre les groupes de voix d’hommes, jamais aucune sensation de décalage ne vient altérer une diction et une émission parfaites, d’où découle une grande émotion.

    Malheureusement, le quatuor vocal, composé de quatre noms de la scène internationale, n’est pas aussi convainquant qu’on aurait pu l’espérer. Jonas Kaufmann débute la gorge serrée, avec une certaine froideur dans la voix. Qui se réchauffera par la suite dans l’Ingemisco, sans jamais s’émanciper vraiment, comme on avait pu l’entendre sous Barenboïm à la Scala. On le sent tout autant sur la réserve dans les ensembles, où il est parfois peu audible. La basse Ildar Abdrazakov a de beaux graves, mais pas encore de réelle profondeur, en difficulté dans le Confutatis et ne parvenant à tirer son interprétation vers le haut que dans le Lux aeterna.

    Avec plus de présence, Liudmyla Monastyrska parvient à se tirer des ensembles avec puissance et un timbre agréable, mais déçoit quant à la diction en ne liant pas entre elles toutes les notes, cet art du legato qui est dans Verdi condition sine qua non. C’est donc Anita Rachvelishvili, déjà remarquée en Carmen et encore plus impressionnante dans le répertoire russe, qui se démarque ce soir par sa prestation globale, particulièrement dans la sensibilité de son Lacrymosa.

    D’un excellent niveau global, portée par le génial Chor des Bayerischen Rundfunks, la soirée aurait mérité un quatuor de solistes plus engagé et une direction parfois plus enflammée. Elle aura tout de même permis de découvrir cette œuvre jouée autrement, façon Ein deutsches Requiem de Brahms, grâce à la personnalité authentique de Christian Thielemann, qu’on aime, ou pas.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 03/04/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Requiem de Verdi sous la direction de Christian Thielemann au festival de Pâques de Salzbourg 2015.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Messa da Requiem
    Liudmyla Monastyrka, soprano
    Anita Rachvelishvili, mezzo-soprano
    Jonas Kaufmann, ténor
    Ildar Abdrazakov, basse
    Chor des Bayerischen Rundfunks
    préparation : Peter Dijkstra
    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : Christian Thielemann

     


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