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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2019

Concert de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du violoniste Nikolaï Znaider au festival de Pâques de Salzbourg 2015.

Pâques Salzbourg 2015 (2) :
Un Thielemann de glace

© Matthias Creutziger

Le lendemain d’un Requiem de Verdi très allemand, le premier concert symphonique du Festival de Pâques de Salzbourg 2015 fait honneur à la Russie avec un Premier concerto pour violon de Dmitri Chostakovitch fantastiquement interprété par Nikolaï Znaider, et une Symphonie Pathétique dirigée sans concession par Christian Thielemann.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 04/04/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Mort en 1975, Dmitri Chostakovitch a trouvé petit à petit sa place dans les concerts classiques occidentaux, notamment en pays germaniques, où l’on trouve en lui une continuité symphonique à l’œuvre de Gustav Mahler. À Salzbourg, c’est avec un concerto que Christian Thielemann aborde le compositeur russe, laissant à Danielle Gatti le soin de diriger la Symphonie n° 10 le lendemain.

    Composé à partir de 1947 au moment où l’emprise de Staline sur la Russie devient insoutenable, le Premier concerto pour violon contient tout le malaise accumulé par un compositeur rapidement mis au banc des accusés quant à sa musique, jugée pour partie non grata. Ne sachant si ce sentiment de malaise est induit par une trop forte pression sur l’orchestre ou si Thielemann cherche volontairement à le reproduire, la tension créée dans le premier mouvement est d’une terrible efficacité.

    Pris dans ce système, Nikolaï Znaider développe sa partition avec une maîtrise parfaite de la main gauche, mais surtout un développement stylistique fascinant, mélange d’aigreur et d’émancipation par rapport au son oppressant de l’orchestre. Le violoniste semble même tellement rassuré par l’attention que lui porte le chef qu’il parvient à un épanouissement total de son discours, et trouve son aboutissement dans l’incroyable cadence faisant le lien entre le troisième mouvement et le Finale.

    Le Scherzo, trop pressuré à l’introduction, trouve une dynamique à l’orchestre dès l’accelerando, tandis que la Passacaille en troisième position démarre très rapidement pour retomber ensuite dans le son glabre du Nocturne initial, suivi par le timbre plus rauque et plus acide du violon. Il faudra attendre la Burleska pour que le public trouve enfin un exutoire dans le souffle de l’orchestre, et accueille par des applaudissements nourris cette interprétation magistrale. Nikolaï Znaider offrira ensuite un bis Bach encore empli de résonances russes.

    Après la pause, Christian Thielemann revient seul pour une Symphonie n° 6 de Tchaïkovski dans laquelle il ne faut espérer trouver un seul instant le ton bourgeois ou maniéré qui lui est parfois associé. Au contraire est exposée une vision froide, parfois glacée même, prouvant au passage que depuis 2002 avec l’Orchestre du Concertgebouw en passant par les concerts des Berliner Philharmoniker en 2012, le chef n’a pas modifié sa vision de l’œuvre.

    L’Adagio initial maintient aux cordes un sentiment de pesanteur qu’il est surprenant d’entendre avec un orchestre aussi clair que la Staatskapelle Dresden, et il faut attendre le premier Allegro pour trouver une grâce dans une valse lente, jamais vraiment libre. Si l’on peut chercher dans ce mouvement toute l’ambivalence du compositeur entre dépression et joie de vivre, le chef allemand fait résolument le choix de la première option en y apportant toute sa maîtrise des grandes symphonies romantiques.

    L’Allegro molto vivace laisse plus de respiration à un orchestre des grands soirs, où la première flûte exalte chacune de ses interventions. Malheureusement, même à Salzbourg, des applaudissements viennent ternir la fin du mouvement, obligeant le chef à un geste d’interruption brusque pour débuter avec une certaine nervosité l’Adagio conclusif. Plus aucune concession n’est alors possible pour parer à la froideur de cette lecture, conclue par des pizzicati très marqués aux contrebasses. Un grand soir.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 04/04/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du violoniste Nikolaï Znaider au festival de Pâques de Salzbourg 2015.
    Dmitri Chostakovich (1906-1975)
    Concerto pour violon et orchestre n° 1 en la mineur op. 77
    Nikolaï Znaider, violon
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 6 en si mineur op. 74 « Pathétique Â»
    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : Christian Thielemann

     


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