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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Concert de la Sächsische Staatskapelle Dresden sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation du pianiste Arcadi Volodos au festival de Pâques de Salzbourg 2015.

Pâques Salzbourg 2015 (3) :
La grande Pâque russe

© Pablo Faccinetto

Nouveau directeur musical du Concertgebouw d’Amsterdam et encore directeur d’un Orchestre National de France dans la tourmente, Daniele Gatti s’échappait de Paris quelques jours pour diriger le concert intermédiaire du Festival de Pâques Salzburg dans un second programme russe, composé du Premier concerto de Tchaïkovski et de la Dixième Symphonie de Chostakovitch.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 05/04/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Si le but de l’édition 2015 des Salzburger Osterfestspiele tenait Ă  divertir le bourgeois avec des Ĺ“uvres agrĂ©ables, disons le clairement : l’objectif est ratĂ©. Ni le Requiem de Verdi jouĂ© le premier soir, ni les deux concerts russes proposĂ©s ensuite ne permettent de se raccrocher Ă  la moindre allĂ©gresse, mĂŞme lorsqu’il s’agit cĂ©lèbre Concerto pour piano n° 1 de TchaĂŻkovski.

    L’Allegro non troppo laisse pourtant penser qu’Arcadi Volodos a mis le chef italien dans son jeu, alliage personnel d’un doigté percussif caractéristique de l’école russe (Concervatoire de Moscou) et de l’élégance française (Conservatoire de Paris). Le répit n’aura duré qu’un mouvement, car si le soliste met en lumière depuis des années une lecture brillante et naturellement expansive du concerto, l’Andantino semplice inverse le rapport de force et laisse au chef le choix d’un magnifique tempo très lent dès les pizzicati, beaucoup plus porté vers les penchants nostalgiques du compositeur.

    Le pianiste doit alors systématiquement regarder du côté du premier violon pour adapter son rythme, et s’oblige à casser son style avec une grimace sur le visage à chaque note trop rigide. L’Allegro con fuoco marque encore de la distance et ne laisse plus beaucoup de liberté au soliste, sauf quand il est seul dans le premier thème – une mélodie populaire ukrainienne –, joué très différemment lors des reprises à l’orchestre. Il faudra attendre la coda, allegro vivo, pour enfin retrouver une fusion à l’ensemble, en regrettant que ces deux grands artistes n’aient pu trouver plus qu’une entente cordiale.

    Pas de gaîté non plus à espérer dans la Symphonie n° 10 de Chostakovitch, écrite l’année 1953 pendant la mort de Staline, dans la période la plus sombre du régime soviétique. Daniele Gatti prend l’œuvre dans sa plus pure problématique et débute avec un tempo lent et une froideur expressive. Le Moderato donne lieu à une construction progressive d’un climat tendu, dans lequel ressortent les timbres les plus sombres de la Staatskapelle Dresden, mettant au passage en valeur les superbes pupitres de l’orchestre. L’Allegro, d’une rare violence, est porté par les coups d’archets précis des violons auxquels le reste de l’orchestre s’accorde. Aucun panache ni débordement n’est possible dans cette lecture maîtrisée, où l’on devine seulement le plaisir réel des instrumentistes à jouer avec le chef italien.

    L’Allegretto permet un retour à la vie normale et permet à l’orchestre de trouver une superbe chaleur intérieure, d’abord aux cordes, puis progressivement aux bois. Traité comme une pause réflexive mais aussi narrative dans cette symphonie, à l’instar de l’Adagio dans la Symphonie Leningrad, ce mouvement est déroulé par Daniele Gatti avec une formidable mise en valeur des soli de bois (flûte et cor anglais), puis dans ceux du premier cor lors d’une coda pleinement contemplative.

    L’Andante initial du Finale tient sur les mêmes sphères, et trouvera une pleine expansion dans un dernier Allegro très dynamique, où se mêle fluidité des changements de rythmes et attaques de cordes très marquées. Le triomphe terminal et les applaudissements des musiciens suffiront à expliquer la force de cette seconde partie.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 05/04/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de la Sächsische Staatskapelle Dresden sous la direction de Daniele Gatti, avec la participation du pianiste Arcadi Volodos au festival de Pâques de Salzbourg 2015.
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    Concerto pour piano et orchestre n° 1 en sib mineur op. 23
    Arcadi Volodos, piano
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 10 en mi mineur op. 93
    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : Daniele Gatti

     


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