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CRITIQUES DE CONCERTS 25 mai 2018

Version de concert de la Damnation de Faust de Berlioz sous la direction de Sir Simon Rattle dans le cadre du Festival de Pâques de Baden-Baden 2015.

Faust sans damnation
© Jim Rakete

Qu’il est difficile de diriger Berlioz ! Malgré une affiche éblouissante, cette Damnation de Faust en version de concert conduite par Simon Rattle passe parfois à côté du romantisme si particulier du génial Français. On est par contre renversé par la beauté des sonorités distillées par un orchestre mirifique et par une Joyce DiDonato en état de grâce.
 

Festpielhaus, Baden-Baden
Le 05/04/2015
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • Affiche éblouissante pour cette Damnation de Faust en version de concert programmée pendant le Festival de Pâques de Baden-Baden. On se réjouissait d’avance et sur certains points, on n’a pas été déçu : orchestre mirifique aux solistes renversants (quel cor anglais mais surtout quel sublime alto dans le Roi de Thulé !), chœur ad hoc, distribution alignant de grands noms du chant. Pour autant, tout cela sonnait-il bien berliozien, ou tout du moins français ? Pas tout à fait selon nous.

    À commencer, paradoxalement, par Ludovic Tézier en Méphisto, certes avec une excellente prononciation, mais dont la voix est devenue avec le temps celle d’un authentique et somptueux baryton Verdi, un type vocal qui n’est pas le plus adapté pour la musique de Berlioz réclamant avant tout de la clarté. Le même reproche pourrait être fait à Charles Castronovo dont la voix barytonnante l’oblige à passer presque tous les aigus en fausset.

    Ce Faust manque en outre quelque peu de charme pour tout à fait convaincre – tandis que le diable de Tézier est lui, presque trop charmant et goguenard mais guère inquiétant. Problèmes de couleur encore avec le Chœur de l’Opéra de Stuttgart (renforcé par les hommes du Chœur Philharmonia de Vienne) qui, s’il affiche une homogénéité et une puissance remarquables, tire parfois Berlioz vers Brahms (Chant de la Fête de Pâques).

    Et puis Joyce DiDonato entre, et c’est l’éblouissement : splendeur du timbre, diction soignée, legato parfait, souffle infini, féminité à fleur de peau, le personnage est là et la salle tombe complètement sous le charme. On en regrette qu’elle ait si peu à chanter (mais ce peu est déjà anthologique). Il faut également citer Edwin Crossley-Mercer qui campe un fort convaincant Brander dans le tableau de la taverne.

    Côté orchestre, on retrouve là aussi des couleurs somptueuses mais très germaniques (le Ballet des Sylphes penche ainsi vers Mendelssohn) mais surtout une rondeur qui constitue presque un inconvénient dans une musique qui nécessite parfois un tranchant et une franchise de son faisant ici défaut, caractéristiques renforcées par la battue de Simon Rattle qui, si elle fait magnifiquement ressortir la subtilité de l’écriture berliozienne, n’est pas de celles qui exacerbent les contrastes et surtout la folie, la démesure de certaines pages.

    La Marche hongroise, très scrupuleuse (jusqu’au crescendo-decrescendo sur l’accord final respecté comme rarement) paraît bien sage tandis que les trombones rugissants de la Course à l’abîme ne sont guère effrayants (comme ceux qui accompagnent chaque entrée de Méphisto auparavant). Tout cela sonne en réalité très propret, très poli. Si des pages comme le Ballet des Sylphes, l’Invocation à la nature ou un Finale bouleversant (avec un impeccable chœur d’enfants) en sortent avantagées, ce type de lecture est plus dommageable pour les épisodes diaboliques.

    Il nous semble donc que l’on est passé ce soir un peu à côté de Berlioz. Où sont les équivalents des Munch ou Markevitch qui savaient à merveille rendre toute la subtilité et toute la folie, toute la démesure d’une musique si furieusement géniale ?




    Festpielhaus, Baden-Baden
    Le 05/04/2015
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Version de concert de la Damnation de Faust de Berlioz sous la direction de Sir Simon Rattle dans le cadre du Festival de Pâques de Baden-Baden 2015.
    Hector Berlioz (1803-1869)
    La Damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties (1846)
    Livret du compositeur, L. Gandonnière et Gérard de Nerval d’après Goethe

    Charles Castronovo (Faust)
    Ludovic Tézier (Méphisto)
    Joyce DiDonato (Marguerite)
    Edwin Crossley-Mercer (Brander)

    Staatsopernchor Stuttgart et Kinderchor der Oper Stuttgart
    Hommes du Philharmonia Chors Wien
    préparation des chœurs : Johannes Knecht & Walter Zeh
    Berliner Philharmoniker
    direction : Sir Simon Rattle

     


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