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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Concert de l’Orchestre national de France autour de William Shakespeare sous la direction de Daniele Gatti au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Gatti grand shakespearien
© Pablo Faccinetto

Alors qu’il commençait à prendre l’habitude de jouer dans les couloirs, les problèmes internes à Radio France lui interdisant ses derniers concerts au nouvel Auditorium, l’Orchestre national de France, provisoirement rassuré sur son avenir, a donné jeudi la plus belle preuve de son importance en proposant un concert exemplaire, inspiré d’œuvres de Shakespeare.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 16/04/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Au milieu d’un cycle William Shakespeare dont l’apogée sera l’opéra Macbeth de Verdi en mai au Théâtre des Champs-Élysées, l’Orchestre national de France et son chef Daniele Gatti proposent dans la même salle de l’avenue Montaigne les rares poèmes symphoniques Hamlet de Liszt et Macbeth de Richard Strauss, couplés à l’intégrale du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn.

    Le dixième poème symphonique de Franz Liszt n’est certainement pas le plus abouti, mais permet d’entendre les nombreuses influences perçues par le compositeur de Weimar alors âgé de 47 ans, à commencer par celle de Wagner tout particulièrement mise en valeur ce soir lors du solo de flûte, en forme de méditation de Tristan.

    On distingue aussi dans l’épisode de la bataille des thèmes réutilisés plus tard par Chostakovitch dans ses symphonies de guerre, ou surtout les prémices du Heldenleben de Richard Strauss, sans toujours réussir à se raccrocher aux nombreuses ruptures de style d’une œuvre indistincte dans ses diverses formes. L’orchestre parfaitement en place adapte sa justesse aux gestes de son directeur musical, dans un tempo lent plus apte à démarquer les épisodes entre eux qu’à proposer une ligne globale.

    Macbeth joué ensuite permet de découvrir une rareté du jeune Richard Strauss, alors âgé de 24 ans, que Paris pourra réentendre en octobre avec le Gewandhaus de Leipzig et Riccardo Chailly. Restons sur le bonheur du moment avec cette attaque initiale des cordes, très influencée par la Neuvième de Beethoven et la Première de Brahms, montrant qu’ici l’orchestre français a quelque chose à prouver.

    Le son chaud et tendu permet dès les premières secondes à Gatti de décupler l’atmosphère de cette œuvre de jeunesse, composée en 1888 puis révisée à deux reprises pour être jouée dans sa forme définitive en 1892 par Hans van Bülow. Il n’est pas certain que les Allemands réussissent à nous passionner autant à la rentrée, tant la dynamique et le souffle très maîtrisés de cette interprétation sont remarquables.

    Après la pause, l’effectif orchestral diminue pour laisser place aux chœurs et solistes, venus interpréter l’intégralité de la musique de scène A Midsummer Night’s Dream op. 61 en plus de l’Ouverture op. 21 de Mendelssohn. Le traitement réalisé par le chef italien alterne retenue et fourmillement symphonique, avec de superbes attaques des cordes et une première note de chaque mesure très nette, trouvant toute sa résonnance dans les pizzicati.

    L’orchestre, toujours superbe, est juste desservi par les interventions du tuba basse, un peu hors sujet dans la soirée, d’autant qu’il succède à un magnifique solo de cor. La Marche nuptiale évite toute vulgarité, tandis que le chef s’amuse à exagérer la caricaturale Marche funèbre en la découpant plus qu’il n’est écrit. Les interventions du Chœur de Radio France sont excellentes, tout comme celle de la Maîtrise. Les chanteuses reléguées derrière l’orchestre manquent un peu de présence, mais laissent entrevoir le style très anglo-saxon de la jeune soprano Lucy Crowe, et le beau timbre de la mezzo Karine Deshayes dans sa courte intervention.

    Stéphane Braunschweig, avant tout metteur en scène, prouve qu’il n’est pas réellement récitant par le manque d’ampleur et de clarté du texte, dans un rendu du reste plutôt bénéfique à la musique, vu le faible intérêt d’un écrit au dictionnaire de rimes – « de ce balai que j’apporte, je mets la poussière à la porte ». Nous retiendrons surtout de cette soirée l’orchestre et le chef dans l’interprétation de référence du Macbeth de Strauss.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 16/04/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre national de France autour de William Shakespeare sous la direction de Daniele Gatti au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Franz Liszt (1811-1886)
    Hamlet, poème symphonique n° 10
    Richard Strauss (1864-1949)
    Macbeth, poème symphonique op. 23
    Felix Mendelssohn (1809-1847)
    A Midsummer Night’s Dream, ouverture op. 21 & musique de scène op. 61
    Lucy Crowe, soprano
    Karine Deshayes, mezzo-soprano
    Stéphane Braunschweig, récitant
    Maîtrise et Chœur de Radio France
    Orchestre national de France
    direction : Daniele Gatti

     


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