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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Reprise d’Un Ballo in Maschera de Verdi dans la mise en scène de David Alden, sous la direction de James Levine au Metropolitan Opera de New York.

Danse avec le diable
© Ken Howard

Limité par son dos depuis plusieurs années, James Levine s’est fait rare sur les scènes européennes, et il faut maintenant pour l’écouter se rendre à New York, au Met, où il a marqué l’histoire depuis sa première Tosca en 1971. Après Ernani il y a quelques semaines, c’est dans un second opéra de Verdi qu’il triomphe avec un style unique et un cast luxuriant.
 

Metropolitan Opera, New York
Le 24/04/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Pour réussir Un Ballo in Maschera, il suffit des mêmes atouts que pour Il Trovatore : le meilleur chef, le meilleur ténor, la meilleure soprano et le meilleur baryton verdien du moment… soit en gros ce qu’a réuni Peter Gelb, l’intendant du Metropolitan Opera, pour la 298e reprise de l’œuvre dans cette salle mythique.

    La censure ne posant plus de problème aujourd’hui lorsqu’on tue un roi sur scène, la version plaçant l’histoire à Stockholm a été préférée à celle de Boston, et c’est donc le rôle de Gustavo III que chante le ténor polonais Piotr Beczala. Impressionnant dans la force de ses attaques, il l’est aussi dans une agilité à toute épreuve et une capacité à gérer les aigus sans trop forcer ni trop épuiser son souffle. Fantastique d’expression, le court air du II ne pâlît que du duo suivant (Oh, qual soave brivido) porté en état de grâce par la présence de Sondra Radvanovsky.

    Assez peu entendue sur les scènes européennes, la soprano américaine a chanté plus de 150 fois à New York, dans 24 rôles différents, et portera l’an prochain les trois Reines de Donizetti. Pour Amelia, sa voix souple au timbre superbe dispose d’une gamme large, surpuissante dans le haut de la tessiture et capable d’une ligne incroyable permettant d’attaquer piano pour monter progressivement la dynamique. Elle atteste dès son entrée en scène qu’elle est l’une des très grandes verdiennes actuelles, et le confirme pleinement dans Ecco l’orrido campo au début du II.

    Dmitri Hvorostovsky complète magnifiquement la distribution, même si ses prises d’air deviennent parfois audibles entre les phrases. La voix toujours admirable montre une technique sûre, bien que le Russe semble moins à l’aise dans les parties les plus rapides. La sorcière Ulrica trouve enfin une mezzo-soprano experte en la personne de Dolora Zajick, dont quelques hauts-médiums peu aisés ne gâchent pas le plaisir d’un timbre aigre-doux presque idéal dans le rôle.

    Tout cela ne serait rien sans James Levine, seul capable de diriger Verdi de cette manière, avec une gestion de la pulsation fascinante, une première note de chaque mesure très légèrement appuyée et un legato que personne d’autre ne semble posséder aujourd’hui dans cette partition. Sa gestion de l’impossible trio du II, tout en lyrisme et délicatesse, tient sur une maîtrise constante du rythme qui ne met jamais les chanteurs en défaut et laisse rêveur.

    Les forces vives de l’Orchestre du Met lui permettent tout, comme ces attaques d’une rare brutalité à la scène II, suivies quelques secondes plus tard d’une noirceur pesante, tandis que chaque solo impeccable, qu’il vienne des cordes ou des bois, emplit la salle des plus belles couleurs. Le chœur presque aussi irréprochable ne masque pas un léger accent anglais, mais convainc plus que les seconds rôles, même si Mark Schowalter tient un Juge correct, et Heidi Stober un Oscar dynamique, efficace dans l’aigu.

    Comme souvent encore au Met, la mise en scène est sans intérêt et sans grandes idées, et l’on peut tout juste remercier David Alden d’avoir choisi un tableau du Louvre, la Chute d’Icare de Merry-Joseph Blondel (1819) en guise de rideau de scène répété en peinture de plafond, pendant qu’au-dessous se dévorent les passions dans des costumes XIXe de Brigitte Reiffenstuel, avant que n’arrivent les anges noirs pour clore le drame. Il faut savoir parfois oublier ce que l’on voit, tant ce que l’on entend est génial !




    Metropolitan Opera, New York
    Le 24/04/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise d’Un Ballo in Maschera de Verdi dans la mise en scène de David Alden, sous la direction de James Levine au Metropolitan Opera de New York.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Un Ballo In Maschera, opéra en trois actes
    Livret d’Antonio Somma

    Metropolitan Opera Chorus and Orchestra
    direction : James Levine
    mise en scène : David Alden
    décors : Paul Steinberg
    costumes : Brigitte Reiffenstuel
    éclairages : Adam Silverman

    Avec :
    Piotr Beczala (Gustavo III), Sondra Radvanovsky (Amelia), Dmitri Hvorostovsky (Conte Anckarström), Dolora Zajick (Ulrica), Heidi Stober (Oscar), Mark Schowalter (Juge), David Crawford (Conte Horn), Keith Miller (Conte Ribbing), Trevor Scheunemann (Christiano).

     



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