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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Nicholas Hytner, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin au Metropolitan Opera de New York.

Don Carlo dans les graves
© Ken Howard

Avec des distributions d’un niveau supérieur, le Metropolitan Opera continue à jouer un rôle de référence sur la scène internationale dans Verdi. Pourtant, après Bal masqué génialement dirigé par James Levine, Don Carlo laisse plus réservé et procure surtout du plaisir grâce à James Morris, Ferruccio Furlanetto et Dmitri Hvorostovsky.
 

Metropolitan Opera, New York
Le 25/04/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le Met a cela de magique qu’en trois jours, on peut y voir trois ou quatre productions, avec à chaque fois les plus grands noms de la scène mondiale, tant au chant qu’à l’orchestre. Après le Ballo quasi idéal du jeudi, et en séchant la Veuve joyeuse le vendredi et le duo Cav-Pag du samedi après-midi, on assiste samedi soir au Don Carlo de Verdi, chanté en italien dans la version en cinq actes.

    Pour l’occasion, la direction donnée à Yannick Nézet-Séguin souffre de la comparaison avec celle de James Levine deux jours plus tôt. Le Metropolitan Opera Orchestra est toujours le même, somptueux et très impressionnant, avec encore cette capacité à frapper de grands coups, comme en fin d’acte II, ou à développer de magnifiques soli, surtout au violoncelle et au violon, mais la musique a changé.

    Le chef canadien gère parfaitement les équilibres entre l’orchestre, les chœurs et le plateau, sans parvenir à convaincre tout à fait sur le discours. Sa direction relativement hachée fait ressortir des effets qui parfois prennent forme, comme au début du II, et souvent restent surfaits, voire franchement lourds à partir du IV. Déjà, le III perd beaucoup en atmosphère et en dynamique, et le lyrisme s’efface petit à petit pour ne laisser ressortir que le moins léger de cette partition complexe, trop facilement grossière.

    Déjà vue à Covent Garden avec Jonas Kaufmann, la mise en scène de Nicholas Hytner ne réserve pas de nouveautés, sans être vraiment bonne ni mauvaise. La forêt de Fontainebleau est représentée par des arbres blancs dans un cadre blanc ; le noir Monastère de Saint Just laisse une superbe image grâce au décor de Bob Crowley, où les rais de lumière de Mark Henderson sont remarquables d’expressivité.

    L’acte III commence mal avec un mur de grosses briques rouges façon lego à jardin et un grand retable doré à cour, et ne trouve une efficacité que lorsqu’on amène les condamnés terrifiés vers le bûcher. Malheureusement, la scène de l’autodafé avec les cadavres en train de brûler derrière une image du Christ a le côté ridicule des effets ratés, et ne propose aucune réflexion historique. Puis il ne se passe plus rien ou presque par la suite, sauf au chant, et notamment chez les hommes.

    Don Carlo est tenu par le ténor coréen Yonghoon Lee, de plus en plus présent dans les grandes salles, comme il y a peu à Munich dans le Trouvère face à Anja Harteros. Son entrée parfaitement réussie impressionne, tant le chanteur parvient à tout passer, sauf lorsqu’il doit moduler à faible volume. Son chant en force, sans subtilité, se laisse surtout admirer dans les moments de bravoure, où il tient sans faille jusqu’au bout de l’œuvre.

    L’Elisabeth de Barbara Frittoli ne marque pas les esprits et n’a pas assez de grandeur, surtout dans cette salle de 3800 places. Elle ne démérite pas et maîtrise sa partition, mais son texte manque de clarté et sa ligne fluide n’émeut pas, surtout dans Tu che le vanità. Pour sa défense, son Page Tebaldo ne l’aide pas franchement, mal tenu par Amanda Woodbury, et elle doit plus compter sur la mezzo russe Nadia Krasteva dans le rôle de la princesse Eboli, particulièrement agile et stable ce soir.

    Pourtant, le plaisir ultime dans Don Carlo vient des graves, tout particulièrement sur la scène new-yorkaise. Déjà dans le chœur les basses sont remarquables et plus encore chez les solistes, à commencer par Dmitri Hvorostovsky, encore meilleur et plus à l’aise que dans le Ballo, fantastique dans son dernier aria juste avant de se faire abattre.

    Ferruccio Furlanetto a le style et le timbre de Philippe II pour lui, et déclenchera une bataille dans la salle, après son grand air du III Ella giammai m'amo, à cause d’un hueur bien solitaire en face du triomphe que lui réserve le reste du public. Et enfin, quel bonheur et quelle émotion d’entendre encore James Morris, Grand Inquisiteur aux graves désormais moins chaud dans la voix que dans le cœur.




    Metropolitan Opera, New York
    Le 25/04/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Nicholas Hytner, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin au Metropolitan Opera de New York.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Don Carlo, opéra en cinq actes sur un
    Livret de François Joseph Méry et Camille du Locle, d’après la pièce de Schiller

    Metropolitan Opera Chorus and Orchestra
    direction : Yannick Nezet-Séguin
    mise en scène : Nicholas Hytner
    décors & costumes : Bob Crowley
    éclairages : Mark Henderson

    Avec :
    Yonghoon Lee (Don Carlo), Barbara Frittoli (Elisabeth de Valois), Ferruccio Furlanetto (Philippe II), Dmitri Hvorostovsky (Rodrigo), James Morris (Le Grand Inquisiteur), Nadia Krasteva (Princesse Eboli), Amanda Woodbury (Tebaldo), Eduardo Valdes (Conte de Lerma), Robert Pomakov (Un Moine).

     



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