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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Concert du City of Birmingham Symphony Orchestra sous la direction d’Andris Nelsons, avec la participation du ténor Klaus Florian Vogt au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Cent pour cent germanique
© Marco Borggreve

Comme pour Anna Netrebko dans le même Théâtre des Champs-Élysées le mois dernier, le public de ce soir était plus présent pour entendre Klaus Florian Vogt dans Wagner que pour la pièce symphonique de la seconde partie, malgré l’intérêt d’écouter Dvořák sous la direction d’un chef parmi les favoris pour devenir directeur musical des Berliner Philharmoniker.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 01/06/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Maintenant qu’existe la Philharmonie de Paris, on reproche facilement à la salle de l’avenue Montaigne ses effets de saturations dans les forte, comme la semaine dernière avec Salonen, oubliant son problème principal depuis toujours : une acoustique sèche ne laissant pas aux notes le temps de s’épanouir. Peut-être est-ce pour cela et parce qu’il doit composer avec les sonorités mates et assez neutres de son orchestre de Birmingham qu’Andris Nelsons ne donne pas du tout la même impression ici que dans d’autres lieux.

    Après son Lohengrin de Bayreuth et un céleste troisième acte de Parsifal à Lucerne l’an passé, l’approche nette des premiers accords du Karfreitagszauber déconcerte quelque peu et rappelle avec quels penchants similaires le chef letton avait dirigé au même endroit les deux dernières symphonies de Beethoven en début de saison. L’élégance de la direction et sa douceur se font tout de même sentir par la suite et parviennent même à porter l’orchestration d’In fernem Land, surtout soutenue par des premiers violons rattrapant le manque d’âme des cordes graves et les réels défauts des cors.

    Mais a l’écoute de cette première partie de soirée, comment ne pas donner raison à Bruno Walter qui trouvait inopportun de donner des extraits d’opéras de Wagner sortis de leur contexte, tant cette musique ne s’y prête pas ? Il semble impossible en effet de se plonger instantanément dans Parsifal par l’Enchantement du Vendredi saint, pas plus que de passer du père au fils par le seul prélude de l’acte III de Lohengrin.

    Klaus Florian Vogt s’immerge tout aussi difficilement dans l’œuvre ultime du maître, bien qu’il connaisse l’ouvrage pour l’avoir déjà porté intégralement à Barcelone, Berlin ou Genève. Son monologue Amfortas, die Wunde paraît quelque peu tendu, tandis que l’ultime Nur eine Waffe taugt fait ressortir plus de souplesse sans parvenir à s’accorder complètement à son timbre nasal. Il faudra attendre In fernem Land de Lohengrin pour trouver une véritable élévation du chant, sans jamais atteindre le niveau incomparable de Berlin en avril dernier dans la gestion du souffle et la justesse. Le Chant du printemps tiré de l’acte I de la Walkyrie pourra surprendre par la couleur vocale donnée à Siegmund si l’on a jamais entendu le ténor dans le rôle, mais promet beaucoup à l’orchestre pour un futur Ring d’Andris Nelsons grâce à des leitmotive particulièrement éclairés.

    De retour d’entracte dans un parterre ayant perdu le pan le plus volatile du public, l’accord initial des violoncelles (toujours placés complètement à droite dans une disposition identique à celle choisie aussi par Mariss Jansons) nous fait rentrer par l’Allemagne dans l’œuvre tchèque d’Antonín Dvořák. Jamais la Symphonie n° 7 ne quittera le terreau germanique d’une partition composée jalousement peu après l’écoute de la Troisième Symphonie de Brahms.

    Ni le traitement des flûtes, ni celui de contrebasses un peu faibles ne s’écartent de cette vision, surtout dans le Scherzo joué ici comme une valse viennoise, voire hambourgeoise. Après un discours du chef sur la chaleur du public parisien, l’orchestre gagne en aération pour la Deuxième Danse slave op. 72 (Dumka) donnée en bis et terminée par un dernier accord languissant.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 01/06/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Concert du City of Birmingham Symphony Orchestra sous la direction d’Andris Nelsons, avec la participation du ténor Klaus Florian Vogt au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Extraits de Parsifal et Lohengrin
    Klaus Florian Vogt, ténor
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Symphonie n° 7 en ré mineur op. 70
    City of Birmingham Symphony Orchestra
    direction : Andris Nelsons

     


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