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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Nouvelle production d’Armide de Lully mise en scène par David Hermann et sous la direction de Christophe Rousset à l'Opéra national de Lorraine, Nancy.

Je t'aime, moi non plus
© Opéra national de Lorraine

Indiscutable succès pour cette nouvelle production d'Armide à l'Opéra de Lorraine. David Hermann se joue du format généreux de la partition pour proposer une scénographie inventive qui jamais ne relâche la tension. Christophe Rousset propose un luxueux écrin à un plateau de qualité, dominé par Marie-Adeline Henry et Julian Prégardien.
 

Opéra, Nancy
Le 28/06/2015
David VERDIER
 



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  • Armide s'inspire d'un épisode célèbre de La Jérusalem libérée du Tasse, ici sublimé par un texte de Quinault dont la diction et le chant l'emportant généralement sur une musique au format généreux et souvent écrite au fil de la plume. L'Opéra national de Lorraine a eu raison de confier à David Hermann les rênes d'une production inventive et iconoclaste. L'espace d'une soirée, cette mise en scène met un terme à la querelle des anciens et les modernes en prenant le parti de faire entrer en collision passé et présent. Cet option permet de dépoussiérer efficacement une tragédie lyrique souvent victime de ses longueurs, tout en lui apportant son lot d'humour et d'incongruité.

    Certes, on reconnaîtra que les dispensables interventions vidéos du décorateur Jo Schramm n'apportent rien de plus à une scénographie pour l'essentiel recentrée sur les protagonistes et la perspective des panneaux en enfilade qui pivotent sur eux-mêmes pour indiquer un changement de lieu. Les gros plans vidéo sur le groupe des fontaines de la place Stanislas sont plus riches d'intérêt que la calamiteuse séquence filmée à la manière d'un voyage dans le temps vu par Dario Argento ou l'ostensoir-laser d'Ubalde et du chevalier danois…

    Protagoniste incontournable, le corps de ballet de Lorraine interagit efficacement dans cette irruption volontaire du baroque dans la modernité. Petter Jacobsson et Thomas Caley ont imaginé un croisement de codes chorégraphiques, mêlant l'art du saut et du rebond à des formes plus complexes, comme ces variations sur le ralenti et les effets de groupes.

    Les éclairages de Fabrice Kebour servent d'écrin idéal à des situations et des lieux tantôt nobles ou fantastiques, comme ces reflets vermeils-orangés qui servent de toile de fond à la rupture de Renaud et Armide dans le palais enchanté. L'attention aux détails vaut également pour les costumes de Patrick Dutertre : croisement subtil d'antédiluviennes toges, cothurnes, casques ou plumes (Hidraot et Armide au I), avec des tenues urbaines jean baskets.

    Le plateau est une fête vocale à tous les étages, à commencer par l'Armide tourmentée et puissante de Marie-Adeline Henry. Sans surjouer la déchirure entre le tourment tragique et l'amour dévorant, elle alterne à la perfection des aigus projetés comme des traits furieux et des graves onctueux et passionnels. Julian Prégardien lui offre un Renaud de tout premier plan, héros laissant paraître, au-delà de la soif de victoire et de gloire, la fêlure subtile qui le conduit à l'amour. La densité du timbre est parfaitement proportionnée à une maîtrise technique et une diction remarquable.

    On trouve sur ces mêmes hauteurs Judith van Wanroij et Marie-Claude Chappuis, duo féminin alternant de bien belle manière des seconds rôles de luxe. Tantôt dans le très bref Aronte ou bien dans la longue tirade de la Haine, c'est une fois de plus un triomphe assuré pour Marc Mauillon. La singularité du timbre et l'autorité naturelle de l'acteur font ici merveille et imposent, sinon l'admiration, du moins les qualités qui définissent un modèle de chant. L'Ubalde de Julien Véronèse, ni le Chevalier danois ou l'Amant fortuné de Fernando Guimarães n'atteignent ce niveau, faisant paraître assez longuet le IV qui leur est tout entier destiné. Déconvenue en revanche pour l'Hidraot engorgé d'Andrew Schroeder, incapable de moduler correctement un phrasé qui lui échappe.

    Attentif à ne jamais tirer la couverture à lui mais toujours présent quand le tissu orchestral sert de protagoniste invisible, Christophe Rousset réunit les qualités d'une battue énergique et précise. Le Chœur de l’Opéra national de Lorraine trouve dans cette direction un repère vital pour chanter et jouer en toute liberté (malgré les difficiles exigences de la direction d'acteurs). Depuis les efflorescences idéales des bois dans les scènes d'amour-passion jusqu'aux ruptures abruptes et les chocs sombres des cordes dans les souterrains pleins de monstres effrayants, les Talens lyriques multiplient les occasions de tendre l'oreille et de s'émerveiller.




    Opéra, Nancy
    Le 28/06/2015
    David VERDIER

    Nouvelle production d’Armide de Lully mise en scène par David Hermann et sous la direction de Christophe Rousset à l'Opéra national de Lorraine, Nancy.
    Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
    Armide, tragédie en musique en cinq actes et un prologue (1686)
    Livret de Philippe Quinault d’après la Jérusalem délivrée du Tasse

    Danseurs du CCN-Ballet de Lorraine
    Chœur de l’Opéra national de Lorraine
    Orchestre des Talens lyriques
    direction : Christophe Rousset
    mise en scène : David Hermann
    décors et vidéos : Jo Schramm
    costumes : Patrick Dutertre
    chorégraphie : Petter Jacobsson et Thomas Caley.
    éclairages : Fabrice Kebour

    Avec :
    Judith van Wanroij, (la Gloire / Phénice / Lucinde), Marie-Claude Chappuis (la Sagesse / Sidonie / Mélisse), Marie-Adeline Henry (Armide), Andrew Schroeder (Hidraot), Julian Prégardien (Renaud), Julien Véronèse (Ubalde), Patrick Kabongo (Artémidore), Fernando Guimarães (le Chevalier danois / un Amant fortuné), Marc Mauillon (Aronte / la Haine), Hasnaa Bennani (une Nymphe des eaux).

     



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