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CRITIQUES DE CONCERTS 15 décembre 2018

Récital du ténor Klaus Florian Vogt accompagné au piano par Jobst Schneiderat au festival de Peralada 2015.

Peralada 2015 (1) :
Le voyage d'été

Mêlant jazz, danse, théâtre et opéra, le Festival du Château de Peralada s'impose comme une destination incontournable de l'été. Le ténor Klaus Forian Vogt s'échappe de Bayreuth l'espace d'un week-end pour inaugurer la programmation classique par un très éclectique récital, de Schubert à Broadway, avec un timbre lumineux comme seul guide. Embarquement immédiat.
 

Iglesia del Carmen, Castell Peralada
Le 31/07/2015
David VERDIER
 



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  • Le bientôt trentenaire Festival du Château de Peralada, en Espagne, est l'occasion de croiser à quelques encablures de la frontière entre les deux Catalogne un étonnant panel de styles et de genres. Entre un spectacle de Sylvie Guilhem, une troupe d'acteurs interprétant Carmen et un concert de Tom Jones, on trouve une programmation lyrique de premier plan avec notamment, des récitals de Diana Damrau, Juan Diego Flórez ou encore Max Emmanuel Cenčić.

    Pour cette soirée inaugurale, c'est le ténor Klaus Florian Vogt qui vient entre deux Lohengrin de Bayreuth, offrir un programme rivalisant d'éclectisme : entre la sobriété du Lied et l'humour léger des opérettes, on rencontre Tamino dans la forêt de Siegfried, quelques extraits de la Belle Meunière au Pays du sourire ou encore Lohengrin perdu dans West Side Story.

    Écrit pour la voix de ténor, le cycle schubertien Die schöne Müllerin exige une ligne déliée et une propension à nuancer les couleurs que ne possède pas vraiment Klaus Florian Vogt en ce début de récital. Très perceptible dans les changements de registres de Das Wandern, le grain est ici trop minéral et corseté. Une sortie de route ponctue un enchaînement d'intonations approximatives, ce qui ne semble pas déranger outre mesure le piano rectiligne de Jobst Schneiderat, lancé à toute vitesse dans Am Feierabend.

    Il faudra attendre Des Müllers Blumen pour que le ténor allemand conjugue enfin le texte chanté à la réverbération généreuse de l'église du Carme. Comme la longueur de note est propice chez lui à l'homogénéité de l'émission, on ne s'étonnera pas que l'air de Tamino, Dies Bildnis ist bezaubernd schön le cueille à son meilleur niveau et prépare les deux extraits de Wagner qui concluent la première partie.

    Déjà entendu dans Siegmund lors du Ring en version concert de donné en 2013 à Lucerne, son Winterstürme sait trouver le juste équilibre entre l'héroïsme blessé et l'épanchement amoureux. Toujours très sobre de couleurs et de vibrato, la voix sait concentrer l'expression d'une sensibilité articulée sur le contenu narratif. Cette approche est idéale dans le Récit du Graal de Lohengrin – rôle que Klaus Florian Vogt arpente comme nul autre depuis quelques années. On oublie facilement le clavier frustre et raide quand du plus lointain naît cette luminosité animée par un contrôle du souffle à nul autre pareil.

    On pourrait presque lui en vouloir d'enchaîner la seconde partie du programme avec deux Lieder de Brahms qui semblent vidés de leur substance par l'articulation du piano et l'expression émaciée, à fleur de note. Pour un peu, on quitterait veste et nœud papillon pour ces extraits de Franz Lehár, avec deux emprunts à Hans May et Emmerich Kalman. Friedericke et Das Land des Lächelns : oubliés les salons viennois, Bayreuth et le théâtre de Schikaneder ! La ligne chaloupée de Oh Mädchen, mein Mädchen alterne avec la déclamation Dein ist mein ganzes Herz.

    Deux bis sucrés couronnent ce parcours lyrique : un très tendre Maria de West Side Story et un extrait de Giuditta de Lehár – soutenus du regard et de la voix pour le plus grand plaisir du public.




    Iglesia del Carmen, Castell Peralada
    Le 31/07/2015
    David VERDIER

    Récital du ténor Klaus Florian Vogt accompagné au piano par Jobst Schneiderat au festival de Peralada 2015.
    Schubert, Mozart, Wagner, Brahms, May, Kalman, Lehár
    Klaus Florian Vogt, ténor
    Jobst Schneiderat, piano

     


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