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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2018

Concert d’ouverture de saison de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du pianiste Lars Vogt à la Philharmonie de Paris.

La médaille Sibelius
© Julia Bayer

Pour le concert d’ouverture de sa sixième et dernière saison à la tête de l’Orchestre de Paris, Paavo Järvi dirige une interprétation passionnante de la Cinquième symphonie de Sibelius, qui fait suite à un Concerto n° 2 de Brahms où les musiciens et leur chef compensent les défaillances de Lars Vogt, qui remplaçait au pied levé Hélène Grimaud souffrante.
 

Philharmonie, Paris
Le 09/09/2015
Claude HELLEU
 



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  • Paavo Järvi ne cesse d’œuvrer à la gloire de Sibelius et son interprétation de la Cinquième Symphonie a couronné l’hommage que lui a rendu l’ambassadeur de Finlande en France, Risto Piipponen, en lui décernant la médaille Sibelius – médaille créée en 1965 pour le centième anniversaire du compositeur et attribuée cette année-là à Herbert von Karajan. Parallèlement aux concerts, sous la direction de Paavo Järvi, l’Orchestre de Paris est le premier orchestre français à enregistrer l’intégrale des symphonies du compositeur finlandais (à paraître en 2016).

    Cinquième Symphonie irradiée en ce 9 septembre. Les cors l’ouvrent en seigneurs. Les bois y ajoutent leurs voix. La percussion s’y mêle. Les cordes les rejoignent, frémissantes. Le chant du hautbois s’élève. Feux et ombres avivent, nuancent l’étonnante palette des couleurs orchestrales qui accompagnent la diversité rythmique d’un lyrisme galvanisant. La vie court, explose au fil des contrastes et des élans qu’habite l’engagement des musiciens au mieux de leur forme.

    La richesse de ce climat s’aère dans un second mouvement paradoxalement Andante mosso, quasi allegretto. Cordes fusionnelles aux pizzicatos souriants, flûtes légères, cuivres et contrebasses en appui, la complicité des pupitres s’épanouit. Un message de bonheur naît de cette harmonie. L’Allegro molto nous entraîne tout naturellement vers son triomphe.

    L’envol des cors impose leur conquête de l’espace, les altos s’affirment en maîtres, l’impétuosité de l’écriture se pare de bruissements aux violons, sa densité demeurant légère. Les trombones soulignent l’intrépidité d’une exaltation lumineuse. Pureté de l’air, osmose de l’orchestre se pénètrent dans une plénitude heureuse. La tension progresse ainsi, optimiste, inspirée, vers l’apogée des six accords qui la concluent, projetés vers le ciel, saisissants, magistraux, coupés de silences étourdissants.

    Ce concert, dédié à la mémoire de Samuel Pisar, décédé le 27 juillet dernier et qui avait été le récitant de la Symphonie Kaddish de Leonard Bernstein après en avoir écrit le livret à la demande de celui-ci, avait commencé par un Concerto n° 2 de Brahms où l’orchestre avait pallié les défaillances du piano. Lars Vogt remplaçait au pied levé Hélène Grimaud, souffrante, mais sa connaissance des concertos de Brahms aurait pu mieux compenser l’imprévu de ce rendez-vous.

    Faiblesses de son interprétation inhabituelles ? Après la magnifique entrée du cor, celle du piano banalise la vitalité de ses arpèges. Le jeu de Lars Vogt demeurera ainsi, en deçà de la richesse expressive d’un concerto parmi les plus grands. Sans profondeur, le toucher reste à la surface d’un romantisme qu’il aplatit. Souvent imprécises, les rafales de traits escamotent trop de notes. La raideur des accords les prive de puissance.

    Le soliste enchaîne ses interventions sur un mode uniforme. Sa virtuosité défaillante se cramponne à la mesure dont il assène les temps à coups de tête vers le clavier. Paavo Järvi sollicite son partenaire autant que faire se peut, mais l’opposition dramatique entre le soliste et l’orchestre ne réussit pas à s’imposer, celui-ci heureusement maître des dimensions de sa partition, seul à lui insuffler sa densité.

    La cantilène du violoncelle, les violons d’une belle homogénéité acquise avec leur chef, élèvent la contemplation d’un Andante dont les délicatesses étirées du piano affadissent la poésie. Cette délicatesse se fond mieux à l’enjouement de l’Allegretto grazioso final. Légèreté sans corps aux séductions un peu mièvres mais d’une fluidité préférable, emportée par l’allègre énergie du tutti conclusif.

    C’est la Cinquième Symphonie de Sibelius ensuite qui sera le triomphe de ce concert d’ouverture de la saison, la sixième et dernière du grand chef estonien à la tête de la phalange française.




    Philharmonie, Paris
    Le 09/09/2015
    Claude HELLEU

    Concert d’ouverture de saison de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du pianiste Lars Vogt à la Philharmonie de Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Concerto pour piano n° 2 en sib majeur op. 83
    Lars Vogt, piano
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Symphonie n° 5 en mib majeur op.82
    Orchestre de Paris
    direction : Paavo Järvi

     


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