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CRITIQUES DE CONCERTS 23 mai 2018

Version de concert du Freischütz de Weber sous la direction de Thomas Hengelbrock au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Ange ou démon ?
© Florence Granddidier

La saison 2015-2016 du TCE s'ouvre avec un Freischütz en version concert dirigé par le nouveau chef associé de l'Orchestre de Paris, Thomas Hengelbrock. Cette fable romantique trouve dans des interprètes de qualité des atouts majeurs… à l'exception d'un récitant à la ligne étrangement erratique qui jette un jour étrange sur cette soirée de haut vol.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 14/09/2015
David VERDIER
 



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  • On avait pu entendre en 2011 à Favart un étonnant Freischütz dans la version française d’Emilien Pacini avec les récitatifs d’Hector Berlioz. Le résultat était pour le moins surprenant, moins pour le souci d'authenticité que pour l'originalité des couleurs et des accents. Que dire alors de la version concert d'après une réécriture de l’écrivain allemand Steffen Kopetzky, à partir du livret original de Johann Friedrich Kind ?

    L'acteur et récitant Graham F. Valentine (qui a participé à la traduction française en compagnie de Cécile Cotté) a divisé l'auditoire du Théâtre des Champs-Élysées. Les (heureux) propriétaires du DVD madrilène des Contes d'Hoffmann par Christoph Marthaler l'auront déjà remarqué en Spalanzani. Dans le Freischütz, il incarne un Samiel sombre et inquiétant – irritant pour les tenants d'une orthodoxie musicale, séduisant pour ceux qui aiment être surpris. Avec un inimitable côté Eugène Green récitant la prose postmoderne de Kopetzky, Valentine n'hésite pas à user de consonnes tantôt grasseyantes ou r roulés.

    L’Orchestre de la NDR de Hambourg connaît son Weber et entend le faire savoir. Les cordes se font volontiers rugueuses quand Thomas Hengelbrock leur demande d'attaquer au talon pour souligner les danses paysannes et les réjouissances populaires. Quand vient la scène de la Gorge aux Loups, cuivres et petite harmonie font rugir et défiler le cortège diabolique. Entre album romantique et vignettes lithographiées, ce Freischütz est à ranger au rayon où l'avait laissé Nikolaus Harnoncourt – plusieurs fois en concert, à Zurich notamment, ainsi que dans son enregistrement.

    Véritable personnage de premier plan, les voix multiples du WDR Rundfunkchor Köln et du NDR Chor Hamburg composent en arrière-fond ce sublime paysage littéraire. Le chœur des chasseurs sonne comme une leçon d'interprétation, tandis que les volumes sonores des masses (alternativement villageoises et démoniaques) s'éclairent d'étonnants jeux de perspective.

    En dehors du Max de Nikolai Schukoff, engorgé d'aigus et fébrile de ligne, le plateau se présente sous un jour plutôt favorable. Depuis un modeste Kilian (Christoph Liebold) jusqu'à la brève intervention Miljenko Turk (Ottokar), tous ont à cœur de donner à cette version de concert des accents et un emportement très proches d'une représentation scénique.

    La ligne aérienne de Christina Landshamer en Ännchen fait oublier une projection relativement modeste mais précise. Le Gaspard de Dimitri Ivashchenko se prend les pieds dans son Schweig, damit dich niemand warnt mais démontre autorité et noirceur dans l'invocation à Samiel. Véronique Gens retrouve une Agathe laissée en 2013 sur la scène du Staatsoper Unter den Linden à Berlin. La cavatine la cueille à froid et limite la portée de ses aigus à une interprétation somme toute assez prudente. Franz-Josef Selig fait de son Ermite un lointain cousin wagnérien du Landgrave ou du Roi Marke. Le résultat est à une hauteur inversement proportionnelle à la brièveté de son intervention, c'est-à-dire sublime.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 14/09/2015
    David VERDIER

    Version de concert du Freischütz de Weber sous la direction de Thomas Hengelbrock au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Carl Maria von Weber (1786-1826)
    Der Freischütz, opéra romantique en trois actes (1821)
    Livret de Friedrich Kind
    Dialogues révisés par Steffen Kopetzky
    Nikolai Schukoff (Max)
    Miljenko Turk (Ottokar)
    Yorck Felix Speer (Kuno)
    Véronique Gens (Agathe)
    Christina Landshamer (Ännchen)
    Dimitri Ivashchenko (Gaspard)
    Christoph Liebold (Kilian)
    Franz-Josef Selig (Hermite)
    WDR Rundfunkchor Köln
    NDR Chor Hamburg
    NDR Sinfonieorchester Hamburg
    direction : Thomas Hengelbrock

     


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