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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2018

Récital de Rémi Geniet dans la série l’Âme du piano à la salle Gaveau, Paris.

Pianiste sur orbite
© Jeanne Groues

Malgré ses multiples récompenses internationales, Rémi Geniet reste un peu mal connu en France. À vingt-deux ans, pur produit de l’école française de piano, il vient de sortir son premier disque Bach et de donner un brillant récital dans la série l’Âme du piano salle Gaveau. De quoi le mettre sur orbite, même en son pays.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 06/10/2015
Gérard MANNONI
 



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  • Couronné aux concours Beethoven de Bonn, Reine Elisabeth de Belgique, Interlaken Classic de Berne et International Horowitz de Kiev, élève notamment de Brigitte Engerer au Conservatoire National Supérieur de Paris et de Rena Shereshvaskaya à l’École normale de Musique Alfred Cortot, Rémi Geniet est l’exemple type de ces jeunes virtuoses qui sortent régulièrement de notre école de piano, la plus riche très certainement avec celle de Russie.

    Une première partie Bach, une deuxième Chopin, quoi de mieux pour montrer la diversité d’un talent en pleine éclosion, mais déjà mené par la plus solide des techniques ? D’ailleurs, à cet égard, il convient de noter combien on a apprécié la rigueur de la position face au clavier, ni trop près, ni trop loin, ni trop haut ni trop bas, la sobriété de la gestuelle, loin des extravagantes chorégraphies manuelles si souvent importées d’Asie en particulier. Sobriété et efficacité, concentration sur la musique seule, avec un résultat dans l’ensemble magnifique.

    La Partita n° 4 en ré majeur BWV 828 de Bach est abordée dans un bel esprit préromantique, sans excès émotionnel, mais avec une habile manière de faire chanter avec âme tout ce qui peut l’être, sans pour autant estomper la magnificence des structures de base. On se situe à une subtile frontière entre rigueur et lyrisme, avec un sens de l’accentuation et de l’allant qui donne toute sa vie à cette admirable musique.

    La Toccata en ut mineur BWV 911 est traitée avec une clarté absolue, une précision totale qui confirme le degré de technicité du jeune interprète car la grande fugue finale notamment, au thème si long et compliqué, est dominée avec une aisance confondante qui lui permet de sonner dans sa plénitude sans qu’on en perde le moindre détail. Et pourtant, quelle complexité d’écriture au fur et à mesure que ce monument sonore s’élève !

    Quatre mazurkas de Chopin précédaient en seconde partie la Sonate n° 3 en si mineur op. 58, autre monument du répertoire, mais dans un tout autre genre. Une petite déception avec le premier mouvement, construit de manière assez discutable, plus en grands blocs successifs que dans une continuité, et sans doute un peu toujours en force.

    De même, on peut imaginer le Scherzo traité avec plus de fluidité, davantage de magie dans cette fuite en avant aux lueurs étranges. Le Largo, en revanche, est d’emblée abordé avec le plus sens du beau phrasé romantique, une manière de laisser librement chanter la phrase, avec les bons appuis à la basse, juste ce qu’il faut d’hésitations et de rubato par instant, comme flotte la mélodie bellinienne servie par les très grands chanteurs.

    Et puis, un véritable éblouissement avec le Finale, très vif de tempo, parfaitement précis de toucher, ample et soyeux de sonorité, marqué par des choix d’interprétation saisissants comme cette manière de réattaquer la dernière entrée du thème après la succession ruisselante des traits qui la précède, un peu plus lentement, un peu plus au fond du clavier, comme pour lui redonner un souffle nouveau après une seconde de réflexion, un autre élan avant la coda si virtuose. Intelligent, efficace, et même assez bouleversant.

    Gros succès d’une salle Gaveau sympathiquement pleine, avec entre autres bon nombres de collègues de la même génération ou presque, mais on aurait aimé un choix de bis d’un plus haut niveau musical. Après le Finale de la sonate, pourquoi casser l’exceptionnel climat créé et passer au simple divertissement virtuose ? Ce n’est d’ailleurs pas une exception et l’on doit bien trop souvent quitter un récital en regrettant que l’on nous ait fait redescendre du nuage sur lequel on nous avait hissés avec l’ultime morceau. Mais quel beau pianiste !




    Salle Gaveau, Paris
    Le 06/10/2015
    Gérard MANNONI

    Récital de Rémi Geniet dans la série l’Âme du piano à la salle Gaveau, Paris.
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Partita n° 4 en ré majeur BWV 828
    Toccata en ut mineur BWV 911
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Mazurkas op. 17
    Sonate pour piano n° 3 en si mineur op. 58
    Rémi Geniet, piano

     


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