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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de James Gaffigan, avec la participation du pianiste Bertrand Chamayou et du harpiste Xavier De Maistre à la Philharmonie de Paris.

Raretés franco-allemandes
© Mat Hennek

Penderecki n’ayant pu finir à temps son concerto pour harpe, celui-ci remplacé par le Concertstück de Gabriel Pierné consolide une soirée d’ouvrages franco-allemands dirigés avec intelligence par le jeune chef américain James Gaffigan, dont on retiendra surtout l’interprétation du rare Totenfeier de Gustav Mahler.
 

Philharmonie, Paris
Le 07/10/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Équilibré dans sa syntaxe (deux concertos encadrés de deux poèmes symphoniques) et dans les écoles représentées (deux œuvres françaises et deux germaniques), le programme proposé par James Gaffigan permet d’entendre à la Philharmonie de Paris trois raretés, faisant presque regretter que le concerto de Liszt n’ait été lui aussi remplacé par une œuvre moins célèbre.

    En ouverture, le poème symphonique le Chasseur maudit de César Franck, d’après une ballade de Gottfried August Bürger, permet de profiter des cors impeccables de l’Orchestre de Paris et de la chaleur des premiers violons, toutefois pas toujours en place par rapport à la petite harmonie. Cette fable sur un comte rhénan ayant déserté la messe pour aller chasser, puis conduit aux enfers dans une chevauchée fantastique, s’inspire musicalement des Walkyries de Wagner et du Songe d’une nuit de Sabbat de Berlioz, tout en annonçant déjà par les trilles des cordes l’Apprenti sorcier de Dukas, composé quinze ans plus tard. James Gaffigan en comprend l’enjeu en lui donnant une teinte lyrique et en massifiant le son, au risque de le rendre parfois épais.

    Le Concerto pour piano n° 1 de Liszt joué ensuite déçoit dans l’Allegro maestoso trop percussif du pianiste Bertrand Chamayou, aussi en difficulté sur sa main droite, sauf lors du magnifique duo piano-clarinette. L’Allegretto vivace et l’Allegretto marziale seront nettement mieux appréhendés, mais c’est dans le Quasi adagio que le soliste déploie tout son art, laissant ressortir de superbes accents debussystes. Le bis, Auf dem Wasser zu singen de Schubert transcrit pour piano seul par Liszt montre la maîtrise du Français dans une musique qu’il a enregistrée en 2014, et déjà jouée en récital au Théâtre des Champs-Élysées la même année.

    Moins intéressant en termes de composition mais plus par le fait de sa rareté, le Concertstück pour harpe et orchestre op. 39 de Gabriel Pierné permet d’entendre à nouveau à Paris Xavier de Maistre, après un passionnant concerto de Glière l’année précédente avec le même orchestre. Malheureusement, la technique absolument irréprochable ne compense pas une certaine sécheresse du toucher, peut-être en partie due au fait que le harpiste ne semble pas jouer ce soir sur son propre instrument. Il manque donc à cette interprétation les couleurs si typiques des ouvrages français du début du XXe, bien que les bois soient ici superbes, à commencer par la première flûte et les bassons.

    Gardant le meilleur pour la fin, Gaffigan a eu l’excellente idée de donner le Totenfeier de Gustav Mahler, version initiale du premier mouvement de la Symphonie Résurrection, dans lequel on est surpris d’entendre autant de différences avec la version définitive, tant dans l’orchestration que dans les thèmes et leurs agencements. Le chef américain comprend ici encore tout l’enjeu de présenter l’œuvre comme un poème symphonique autonome, lui donnant à tel point une personnalité qu’à quelques minutes de la fin, après un accord violent de tout l’orchestre, une petite partie du public commence à applaudir, très vite interrompue par la reprise des trilles funèbres des premiers violons.

    Sans révolutionner la direction d’orchestre par un excès de personnalité, James Gaffigan intéresse une fois encore par la maîtrise et le choix des ouvrages joués. En attendant qu’il repasse à Paris en avril avec un autre orchestre, il sera possible de l’entendre cette saison dans les opéras de Mozart-Da Ponte à Vienne et Munich.




    Philharmonie, Paris
    Le 07/10/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de James Gaffigan, avec la participation du pianiste Bertrand Chamayou et du harpiste Xavier De Maistre à la Philharmonie de Paris.
    César Franck (1822-1890)
    Le Chasseur maudit
    Franz Liszt (1811-1886)
    Concerto pour piano et orchestre n° 1 en mib majeur, S.124
    Bertrand Chamayou, piano
    Gabriel Pierné (1863-1937)
    Concertstück pour harpe et orchestre op. 39
    Xavier de Maistre, harpe
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Totenfeier
    Orchestre de Paris
    direction : James Gaffigan

     


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