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CRITIQUES DE CONCERTS 20 février 2018

Premier concert du Gewandhausorchester Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly, avec la participation de la pianiste Maria João Pires à la Philharmonie de Paris.

Orgie sonore
© Gert Mothes

Richard Strauss, notamment chef du Gewandhausorchester, a aimé et vénéré Mozart tout au long de sa vie, lui-même très présent à Leipzig. D’où la réunion des deux hommes à l’initiative de Riccardo Chailly pour des concerts avec le légendaire orchestre, magnifique dès ce premier programme, allégé par la simplicité rayonnante de Maria João Pires dans Mozart.
 

Philharmonie, Paris
Le 10/10/2015
Claude HELLEU
 



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  • Rutilant, fonceur et sans états d’âme, Don Juan le conquérant fait feu de tous ses cuivres, somptueux. Sa fièvre dionysiaque emporte le Gewandhausorchester Leipzig. Riccardo Chailly en est le maître impérieux. Une fuite en avant qu’un roulement de timbales vient enfin approfondir de quelque angoisse, mais elle n’existe guère plus que n’ont vécu langueur et sensualité aux bois emportés dans cette orgie sonore. Où l’on admire une fois de plus la qualité de l’orchestre et regrette que ce tsunami prive un tel déferlement de quelques reflux.

    C’était le premier poème symphonique écrit par Richard Strauss, alors âgé de 24 ans. Une vie de héros est le dernier, composé quelque dix ans plus tard. Tel Don Juan auparavant, le Héros conquiert tout l’espace sonore avant que les bois ne s’agitent, rompent et s’opposent à tant de vigueur, flûte aigre, hautbois sarcastique. Aux voix ricanantes de ces adversaires se mêlent les cordes graves, violoncelles quelque peu étouffés – l’acoustique favorise indubitablement les vents. Le climat s’impose, complexe et interrogatif.

    Et le violon solo s’élève, expressif, tourmenté, telle La compagne du héros à qui l’instrument donne vie, tour à tour languissante, espiègle, sentimentale, joueuse, aimable, frénétique, comme l’indique la partition. Son intervention change le climat. L’orchestre prend une profondeur dont l’homogénéité comble l’écoute. Y surgit l’éblouissante fanfare des cuivres, accompagnée d’une batterie grondante. C’est maintenant La bataille du héros, pour le meilleur de ses paroxysmes.

    Pupitres tous remarquables dans leur mêlée furieuse, clarté des soli, fracas d’un éclat saisissant : Riccardo Chailly donne tout à entendre de cette prodigieuse écriture et ainsi l’allège en même temps qu’il la creuse. Apparitions et disparitions des motifs subjuguent. Les superpositions rythmiques se fondent et s’opposent avec une précision lumineuse. Les couleurs prennent feu.

    Fusion, élans, autre départ vers un méli-mélo surprenant de citations prises à ses œuvres antérieures par Strauss, Les œuvres de paix du héros. Avant que la paix s’installe avec La retraite du héros et l’accomplissement, introduits par le solo lumineux du cor anglais sur la pulsation envoûtante des timbales. L’émotion du premier violon en dit la sérénité. L’accomplissement épure le parcours romanesque qui nous a entraînés au cœur de ses audaces.

    Entre les deux poèmes de Richard Strauss, Maria João Pires interprétait le Concerto pour piano n° 27 de Mozart. Immuable perfection du toucher, de la sensibilité inspirée, de leur évidence. Le naturel de la virtuosité pénètre la densité du contrepoint, suscite des clairs-obscurs divers et séduisants. La fluidité du phrasé, sa profondeur légère font siennes celles de Mozart. L’entente de la pianiste avec l’orchestre découvre un vrai dialogue. Laisser chanter Mozart, épouser son génie et le faire sien en toute modestie, un tel échange s’offre et se reçoit dans le bonheur.




    Philharmonie, Paris
    Le 10/10/2015
    Claude HELLEU

    Premier concert du Gewandhausorchester Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly, avec la participation de la pianiste Maria João Pires à la Philharmonie de Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Don Juan, poème symphonique op. 20
    Wolfang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n° 27 en sib majeur K. 595
    Maria Joao Pires, piano
    Richard Strauss
    Ein Heldenleben, poème symphonique op. 40
    Gewandhausorchester Leipzig
    direction : Riccardo Chailly

     


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