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CRITIQUES DE CONCERTS 18 décembre 2018

Récital de la soprano Natalie Dessay accompagnée au piano par Philippe Cassard à l’Opéra de Paris.

Charme et légèreté

Après avoir rayonné dans le répertoire d’opéra, Natalie Dessay aborde celui des mélodies sur la scène lyrique du Palais Garnier. L’art du chant, la voix légère, la présence se sont mieux accordés aux mélodies françaises de Fauré à Liszt réunies en seconde partie de programme, après les Lieder choisis chez Schubert et Mendelssohn.
 

Palais Garnier, Paris
Le 11/10/2015
Claude HELLEU
 



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  • Sur la scène du Palais Garnier, comble de ses admirateurs, Natalie Dessay apparaît, blonde et pâle dans une somptueuse robe à bustier et longue traîne de taffetas rouge. D’entrée, le hiatus avec les sombres évocations du Roi des aulnes de Schubert et Goethe souligne le contraste des couleurs entre ses invites mortifères à l’enfant effrayé, l’angoisse du père, la mort victorieuse et la voix qui nous les chante, timbre frêle encore et sans profondeur.

    Le piano de Philippe Cassard frappe trop durement ses accords répétés pour évoquer le grondement de ce partenaire ô combien important pour Schubert. Chanteuse et pianiste évolueront vers une connivence mieux adaptée aux rêveries bucoliques et aux climats souriants de Schubert, telles celles d’Am Bach im Frühling sur un poème de Schober. Regrettons à cette occasion que le programme ne donne que les titres allemands de cette première partie du programme.

    La soprano se ravit des subtilités mélodiques de l’hymne à l’amour de Suleika mais demeure fidèle à elle-même dans Nacht und Träume. Nul voile n’ombre les nuances évidentes du timbre clair et léger. Des lentes batteries du piano, toujours un peu trop raides, ne monte aucun mystère. C’est la lecture du texte projeté au-dessus de la scène qui donne tout à entendre des mots que le phrasé, juste et sans questionnement, réduit à leur simple énoncé.

    Geheimes réussit le dialogue séduisant entre les deux chants, le piano meilleur complice dans la douceur. La quête douloureuse, l’impétuosité de Rastlose Liebe, son bonheur enfin, pourraient rompre plus farouchement sur le badinage précédent. Aux Nachtviolen, le ciel est bleu. Les évocations se suivent et se ressemblent sous cet éclairage léger.

    La respiration porte naturellement les longues lignes mélodiques, les crescendi s’épanouissent dans le médium, les longs bras blancs de la chanteuse s’ouvrent et se referment avec grâce, son sourire garde son pouvoir, ainsi s’uniformisent les climats évoqués, les errances et les effusions, Goethe, Mayrhofer et le public s’en accommodent. Marguerite au rouet enfin sera la mieux vécue. Sans aller jusqu’au vertige de ses obsessions, la ferveur porte ce chef-d’œuvre de Goethe-Schubert et inspire l’intensité croissante de ses interprètes. Quatre Lieder de Mendelssohn complètent cette première partie en langue allemande, d’une même couleur quelque soient les clairs-obscurs ou les ruptures de leur écriture.

    Les mélodies françaises bénéficieront d’une affectivité plus éloquente. L’Élégie d’Henri Duparc précède l’irrésistible Invitation au voyage sur le poème de Baudelaire. L’ordre et la beauté, le luxe et le calme sont bien là. Manque la volupté, mais l’intériorité expressive s’affirme. Si le soleil n’est guère mouillé, le ciel peu brouillé, la douceur d’aller là-bas vivre ensemble est séduisante. Au pays où se fait la guerre change l’atmosphère, une emphase retenue, une désolation pudique pénètrent les trois couplets de Théophile Gautier.

    Ce sont maintenant des poèmes de Victor Hugo qui inspirent les compositeurs français et stimulent l’aisance de Natalie Dessay et la complicité de Philippe Cassard. Avec Fauré, la désolation qui règne sur l’Absent se communique aux interprètes après un moment de curiosité Dans les ruines d’une abbaye. De Georges Bizet, les Adieux de l’hôtesse arabe témoignent de leur caractère douloureux. Avant que le choix de Comment, disaient-ils de Franz Liszt, permette à la soprano, au sommet de sa grâce, de conclure d’un chant murmuré exquis : Ramez, dormez, aimez…, délicieusement reçu par son public.




    Palais Garnier, Paris
    Le 11/10/2015
    Claude HELLEU

    Récital de la soprano Natalie Dessay accompagnée au piano par Philippe Cassard à l’Opéra de Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Erlkönig
    Am Bach im Frühling
    Suleika
    Nacht und Träume
    Geheimes
    Rastlose Liebe
    Nachtviolen
    Gretchen am Spinnrade
    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
    Suleika
    Die Liebende schreibt
    Nachtlied
    Hexenlied

    Henri Duparc (1848-1933)
    Elégie
    L’invitation au voyage
    Au pays où se fait la guerre
    Franz Liszt (1811-1886)
    Sonnet 104 de Pétrarque
    Oh ! quand je dors
    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Dans les ruines d’une abbaye
    L’absent
    Georges Bizet (1838-1875)
    Adieux de l’hôtesse arabe
    Franz Liszt (1811-1886)
    Comment, disaient-ils
    Natalie Dessay, soprano
    Philippe Cassard, piano

     


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