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CRITIQUES DE CONCERTS 09 août 2020

Premier concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France avec Myung-Whun Chung à la salle Pleyel

Chung montre son profil harmonieux
© Universal DG

Myung-Whun Chung est de retour à Paris pour relever un immense défi à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio France. Marek Janowski a rendu au Philhar une certaine cohésion, Chung a maintenant pour tâche de lui forger une carrure et un son. Le concert du 29 septembre laisse présager qu'il a parfaitement les moyens de réussir.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 29/09/2000
Pauline GARAUDE
 



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  • Définitivement effacé le souvenir amer de son départ de la Bastille, Myung-Whun Chung revient en conquérant et c'est sous les ovations qu'il est accueilli sur la scène de la Salle Pleyel. D'emblée il place la barre aussi haut que possible avec les périlleuses Notations de Boulez. Chung se souvient-il que Baremboim les avaient créées dans cette même salle Pleyel ? Sûrement.
    Dans les Notations IV et II, sa direction affirme une solide vision architecturale. Ciselées, la géométrie des figures sonores et rythmiques s'imbriquent, s'opposent, se juxtaposent et se disloquent. Puissante, la baguette de Chung libère une sorte de charge pulsionnelle qui accuse aussi bien la scansion rythmique, l'âpreté des violoncelles et des cuivres, que l'éclat tranchant des timbres. La dissociation des pupitres lui permet une spatialisation sonore des plus étirées dans les Notations I et VII : vibrations, cristallisations et propagations des ondes qui évoluent en strates dans une dynamique beaucoup plus progressive et homogène, pour finalement s'évanouir. Une démonstration qui semble comme "sur mesure" pour illustrer cent cinquante ans plus tard, la théorie " formaliste " d'Edouard Hanslick (Du Beau dans l'art, 1854) : "Que contient la musique ? Pas autre chose que des formes sonores en mouvement.".

    Changement d'univers sonore, dans sa Cinquième Symphonie, Mahler compense l'absence de la voix par un accent tout nouveau mis sur la polyphonie orchestrale ; une polyphonie restituée là encore par la différenciation des pupitres. Traités indépendamment, chacun poursuit sa voie et naît alors une "conversation musicale", art du contrepoint : condition essentielle pour que le discours musical narratif et expansif, ne sombre dans l'outrance. Là encore, Chung est chez lui. Il contient toujours les crescendo des cordes, des vents et des cuivres pour éviter qu'ils ne donnent l'impression de s'emballer, surtout dans le dernier mouvement. Sa maestria pour dompter la dynamique est tout aussi remarquable, particulièrement dans les nuances piano : le grondement imperceptible des roulements de timbales et le solo grave et douloureux des violoncelles du second mouvement, ou le son suspendu des premières mesures de l'immortel adagietto. Mais, curieusement, la direction confine ici au maniérisme par l'exagération des respirations dans le phrasé mélodique. Une vétille en comparaison des promesses de ce concert. Grâce à Chung, la France aura peut-être enfin un orchestre digne des meilleures formations internationnales

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    Salle Pleyel, Paris
    Le 29/09/2000
    Pauline GARAUDE

    Premier concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France avec Myung-Whun Chung à la salle Pleyel
    Pierre Boulez, Notations 1,7,4,3,2
    Gustav Mahler, Cinquième Symphonie
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Myung-Whun Chung, direction

     


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