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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2018

Troisième Symphonie de Mahler par le Cleveland Orchestra sous la direction de Franz Welser-Möst à la Philharmonie de Paris.

Un Mahler superflu

Une interprétation agréable n’ayant jamais fait un grand Mahler, l’auditeur passionné de démonstration d’orchestre aura pu trouver un ravissement qui n’aura jamais effleuré celui cherchant dans cette musique un message. Il ne reste dès lors qu’à écouter les sonorités lustrées de l’orchestre dans cette Troisième Symphonie de salon.
 

Philharmonie, Paris
Le 19/10/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Propices à développement et exploration, les symphonies mahlériennes font aujourd’hui partie des œuvres les plus interprétées du répertoire, entraînant le risque à chaque nouveau concert d’y chercher de multiples références et comparaisons.

    Ce soir, Franz Welser-Möst ouvre le bal des Troisième de la saison parisienne, seulement quatre mois après Paavo Järvi, précédant Gustavo Dudamel en mars 2016 puis Mikko Franck en juin au festival de Saint-Denis. Le voyageur a eu droit aussi début 2015 à Mariss Jansons à Vienne puis Daniele Gatti à Amsterdam, deux visions passionnantes et opposées.

    La tâche est donc ardue pour satisfaire l’auditeur et plus encore le critique avec simplement de beaux sons et une bonne mise en place, surtout pour une œuvre aussi complexe, mélange de nostalgie joyeuse et de tristesse éclairée. Si l’oreille s’est tendue ce soir à l’écoute du Cleveland Orchestra, c’est donc avant tout pour les notes et non pour la musique. Franz Welser-Möst, à qui l’on a beaucoup reproché de diriger trop fort dans les fosses de Vienne ou Salzbourg, semble ici encore confondre puissance et volume.

    Relatif, ce problème en cache un autre sur le discours : plus question d’hymne à la nature ou à l’humain, plus question non plus des interrogations du O Mensch ! de Nietzsche. Plus question surtout des problèmes et des peurs du compositeur autrichien : ce Mahler n’en a pas, dynamique, bien portant et narcissique. Il lance ses contrebasses d’un geste énergique de la main, se concentre sur ses percussions quand les altos s’interrogent, laisse ressortir seule la clarinette durant toute l’introduction du Comodo, sans laisser la possibilité aux flûtes et hautbois de prendre la parole.

    À part les interventions incertaines de la trompette en coulisse, aucun instrumentiste n’est pour autant à blâmer, car l’orchestre prouve qu’il connaît ce compositeur tant joué sous Pierre Boulez, et qu’il fait partie des ensembles référents outre-Atlantique. Mais pour la passion, il faut se tourner vers la mezzo-soprano Jennifer Johnston, d’une douceur et d’une stabilité rare dans le poème du quatrième mouvement. Triste au départ, sa voix s’éclaire ensuite parmi le chœur dans le Lied tiré du Knaben Wunderhorn, tout en gardant son assise dans les graves. Le Jeune Chœur de l’Orchestre de Paris excelle à imiter le son des cloches, quand celui des femmes respire tout en finesse et spiritualité.

    Ce concert aura donc comblé une partie de la Philharmonie presque pleine de Paris, en laissant sur le côté tous ceux qui aurait pu chercher autre chose qu’une lecture superflue.




    Philharmonie, Paris
    Le 19/10/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Troisième Symphonie de Mahler par le Cleveland Orchestra sous la direction de Franz Welser-Möst à la Philharmonie de Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 3 en ré mineur
    Jennifer Johnston, mezzo-soprano
    Chœur et Jeune Chœur de l'Orchestre de Paris
    préparation : Lionel Sow
    The Cleveland Orchestra
    direction : Franz Welser-Möst

     


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