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CRITIQUES DE CONCERTS 04 décembre 2020

Concerts autour de la Symphonie alpestre de Richard Strauss par la Staatskapelle Berlin sous la direction de Gustavo Dudamel, la Staatskapelle Dresden sous la direction de Christian Thielemann et les Berliner Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons à la Philharmonie de Berlin.

Confrontations alpestres
© Matthias Creutziger

Situation unique : à l’occasion du centenaire de la Symphonie alpestre de Richard Strauss, trois orchestres allemands et trois chefs différents offrent leur interprétation de ce gigantesque poème symphonique trois soirs de suite, dans l’Olympe de la haute culture allemande, la Philharmonie de Berlin. Une confrontation dont sort vainqueur Christian Thielemann.
 

Philharmonie, Berlin
Le 28/10/2015
Hermann GRAMPP
 



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  • Berlin, le 28 octobre 1915. Au milieu de la Grande Guerre, Richard Strauss, Generalmusikdirektor de la Chapelle royale de la cour de Berlin, dirige la crĂ©ation mondiale de sa Symphonie alpestre Ă  la tĂŞte de l’Orchestre de la Cour de Dresde, future Staatskapelle Dresden. Une dĂ©monstration de virtuositĂ© orchestrale dont le centenaire est fĂŞtĂ© en cette fin octobre par trois interprĂ©tations successives de l’Alpensinfonie Ă  la Philharmonie de la capitale allemande.

    Trois soirs de suite, la gigantesque partition est prĂ©sentĂ©e par un orchestre et un chef diffĂ©rents, Ă  commencer par l’ancienne formation du compositeur, aujourd’hui Staatskapelle Berlin, sous la baguette de Gustavo Dudamel. Avant le plat de rĂ©sistance, le jeune VĂ©nĂ©zuĂ©lien avait choisi la Passacaille op. 1 de Webern, première partition d’orchestre aux atmosphères encore très mahlĂ©riennes, dont les rĂ©sonances s’accordent avec beaucoup de naturel Ă  l’acoustique de la Philharmonie, puis la Symphonie n° 103, dite du « roulement de timbales Â», de Haydn, très contrĂ´lĂ©e, donnĂ©e de mĂ©moire mais sans rayonnement, comme si un voile couvrait l’orchestre.

    Le lendemain, à la tête de la formation qui a créé l’Alpensinfonie, la Staatskapelle Dresden, Christian Thielemann proposera comme apéritif le Concerto pour piano n° 27 de Mozart, avec le doyen des pianistes en activité, Menahem Pressler, né en 1923, fondateur du Beaux-Arts Trio ayant fui l’Allemagne nazie en 1939 et ayant fait tard ses débuts de soliste. Si ses doigts n’ont plus une digitalité exceptionnelle, d’un point de vue expressif, ce toucher reste proprement miraculeux de sensibilité, d’intelligence et d’humanité.

    Vingt-quatre heures plus tard, Nelsons et les Berliner commenceront par le Premier Concerto pour violon de Chostakovitch, avec l’archet letton de Baiba Skride. Une exécution retenue, recueillie, où chef et soliste se retiennent tant bien que mal, pour mieux laisser éclater leur sauvagerie sonore dans un Finale où le violon s’avère d’une ahurissante maîtrise technique.

    Mais revenons au cœur de cette chronique, la compétition alpestre. Dudamel arpente ses chemins de randonnée par cœur, d’une manière rigide tant dans l’agogique que la dynamique, tirant nettement plus du côté du fortissimo généralisé que vers les atmosphères plus ténues dont regorge également une partition pour le moins contrastée. Du coup, trop généreux en décibels d’entrée de jeu, le Lever de soleil tombera à plat.

    Deux jours plus tard, Andris Nelsons donne une exécution modèle, soulignant parfaitement les changements de tempo, faisant résonner les moments d’intimité avec un calme olympien et laissant exploser toute la puissance du grand orchestre sur les sommets, à la tête de Berliner aux solistes renversants, du cor de Stefan Dohr au hautbois d’Albrecht Mayer, en passant par la clarinette d’Andreas Ottensamer. Et pourtant, il manquera tout du long le petit plus pouvant ériger cette partition descriptive au rang de chef-d’œuvre : une portée métaphysique.

    Cette dimension, la veille, Christian Thielemann l’avait au centuple, lui qui connaît cet immense poème symphonique comme personne, au point d’avoir fait ses débuts avec les Wiener Philharmoniker en 2000 à ses côtés, rencontre documentée par le disque (DG) qui reste un miracle quinze ans plus tard. Et si la maîtrise sonore demeure confondante, on a l’impression que le climat de l’œuvre a encore mûri depuis.

    Grands comme petits détails de la partition sont retranscrits avec une souplesse souveraine, parant les grands tutti d’une sublime grandeur, faisant émerger à la fin de l’Orage un choral de vents inouï, comme venu d’une contrée extra-terrestre, moment de grandeur cosmique à nul autre pareil. Connue pour être une phalange difficile voire arrogante, la Staatskapelle de Dresde est en tout cas d’une suprême éloquence, avec un premier cor, une première trompette d’une chaleur et d’une précision absolues. Mais aussi une qualité de tutti dépassant en brillance et en intensité celle des Berliner.

    Pas de doute, ce soir, la formation saxonne est le meilleur orchestre du monde !




    Philharmonie, Berlin
    Le 28/10/2015
    Hermann GRAMPP

    Concerts autour de la Symphonie alpestre de Richard Strauss par la Staatskapelle Berlin sous la direction de Gustavo Dudamel, la Staatskapelle Dresden sous la direction de Christian Thielemann et les Berliner Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons à la Philharmonie de Berlin.
    26 octobre :
    Anton Webern (1883-1945)
    Passacaglia op. 1
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Symphonie n° 103 en mib majeur « mit dem Paukenwirbel Â»
    Richard Strauss (1864-1949)
    Eine Alpensinfonie op. 64
    Staatskapelle Berlin
    direction: Gustavo Dudamel

    27 octobre :
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n° 27 en sib majeur KV 595
    Menahem Pressler, piano
    Richard Strauss (1864-1949)
    Eine Alpensinfonie op. 64
    Piano: Menahem Pressler
    Staatskapelle Dresde
    direction: Christian Thielemann

    28 octobre :
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Concerto pour violon n° 1 en la mineur op. 77
    Baiba Skride, violon
    Richard Strauss (1864-1949)
    Eine Alpensinfonie op. 64
    Berliner Philharmoniker
    direction: Andris Nelsons

     


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