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CRITIQUES DE CONCERTS 24 janvier 2020

Reprise de Tannhäuser de Wagner dans la mise en scène de Kirsten Harms, sous la direction de Donald Runnicles à la Deutsche Oper de Berlin.

Les deux facettes de la femme
© Matthias Horn

Créé en 2008, le Tannhäuser de Kirsten Harms cherche une double facette féminine dans les personnages de Vénus et Elisabeth, tenus par une même interprète dans cette production. Après Petra Maria Schnitzler et avant Ricarda Merbeth en 2016, Heidi Melton semble ici la chanteuse idéale pour tenir les deux rôles, face à un Stephen Gould impressionnant.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 15/11/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Après le gĂ©nial Tannhäuser de l’OpĂ©ra des Flandres, c’est avec plaisir que l’on dĂ©couvre celui de la Deutsche Oper Berlin, dans une reprise de la production de 2008. Kirsten Harms y fait le choix de la deuxième version de Dresde (1847-1848), oĂą l’ouverture se clĂ´t par le retour au thème des Pèlerins alors que la Bacchanale n’existe pas encore, mais oĂą VĂ©nus revient dĂ©jĂ  sur scène avant le tomber de rideau.

    Intéressante au I, la mise en scène s’essouffle vite. L’ouverture est une excuse à un ballet de filles nues dans des bassins aquatiques, qu’on verrait plus dans les eaux du Rhin qu’au Venusberg. Sur scène, le chœur des Pèlerins brûle dans les flammes de l’Enfer, tandis que Tannhäuser est présenté comme un héros, rejoint plus tard par le Landgraf et sa cour, en armure et à cheval. Centrée dès le début sur les amants, la magnifique lumière bleutée perdure jusque dans les duos finaux entre Elisabeth et Wolfram puis entre Vénus et Tannhäuser.

    Le concours de chant à Wartburg se déroule au milieu d’un peuple en habits moyenâgeux, quand ce ne sont pas des monstres dans le style de gargouilles qui viennent s’intégrer par le haut pour rappeler les rapports de l’œuvre au christianisme. La succession de lits d’hôpital au III pouvait-être évitée, d’autant que l’image est trop vue et trop faible pour expliquer la défaite du peuple à l’acte précédent. Le travail ambivalent sur le double personnage Elisabeth-Vénus manque lui aussi de clarté pour totalement passionner.

    Stephen Gould entre avec une puissance et une chaleur impressionnantes et confirme ce que l’on savait déjà : c’est certainement le meilleur ténor wagnérien du moment. Sa maîtrise de la ligne lui permet un chant toujours juste, impeccablement dosé et large dans le spectre. Sans être l’interprète parfaite d’Elisabeth et Vénus séparément, Heidi Melton semble idéale pour tenir les deux à la fois. Elle manque parfois de souffle en fin de phrase ou de tristesse dans la mort d’Elisabeth, mais porte avec vaillance les deux rôles pendant trois heures.

    Déjà excellent à Anvers, Ante Jerkunica livre exactement le même roi Hermann chez lui à Berlin, avec des graves toujours posés et chaleureux. Markus Brück est un excellent Wolfram, surtout dans le duo du III, et s’il n’a pas la profondeur des stars du rôle (les Gerharer ou Mattei), il possède tout le reste. Biterolf un peu faible, Seth Carico est dépassé dans le chant par le Walther de Thomas Blondelle, tandis qu’Elbenita Kajtazi campe un Pâtre de premier plan, le choix ayant été fait ici de donner le rôle à une jeune soprano et non à un enfant.

    Dans une fosse plus profonde que la veille, adaptée pour jouer Wagner, l’Orchester der Deutschen Oper Berlin semble d’abord couvert et ne parvient pas à convaincre dans l’ouverture. Il prend ensuite de l’opulence pour terminer avec brio l’acte médian, aidant un chœur superbe duquel ressortent toutes les parties grâce à un très léger décalage entre les voix d’hommes et de femmes, comme c’était déjà le cas en avril dans Lohengrin. Donald Runnicles évite au dernier acte toute mise en avant et reste neutre dans sa direction, ne laissant plus parler que la musique, pour notre plus grand plaisir.




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 15/11/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Tannhäuser de Wagner dans la mise en scène de Kirsten Harms, sous la direction de Donald Runnicles à la Deutsche Oper de Berlin.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Tannhäuser, oder der Sängerkrieg auf Wartburg, opéra romantique en trois actes (1845)
    Livret du compositeur

    Chor der Deutschen Oper Berlin
    Orchester der Deutschen Oper Berlin
    direction : Donald Runnicles
    mise en scène : Kirsten Harms
    décors, costumes : Bernd Damovsky
    préparation des chœurs : William Spaulding

    Avec :
    Ante Jerkunica (Landgraf Hermann), Stephen Gould (Tannhäuser), Heidi Melton (Venus / Elisabeth), Markus Brück (Wolfram von Eschenbach), Thomas Blondelle (Walther von der Vogelweide), Seth Carico (Biterolf), Paul Kaufmann (Heinrich der Schreiber), Andrew Harris (Reinmar von Zweter), Elbenita Kajtazi (Hirt).

     



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