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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert du Quatuor Escher accompagné par le pianiste Benjamin Grosvenor à l’Auditorium du Louvre, Paris.

Cinq au carré
© Sussie Ahlburg / Decca

Le Quatuor Escher est encore dans la quête de sa personnalité. Son interprétation des quintettes de Brahms et de Dvořák avec le pianiste Benjamin Grosvenor a certes rendu justice au rythme et aux élans de leur romantisme, mais sans jamais transcender une mise en place que le piano a dominée d’une sonorité claire et détachée.
 

Auditorium du Louvre, Paris
Le 25/11/2015
Claude HELLEU
 



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  • Ils attaquent le Quintette pour piano et cordes en fa mineur de Brahms dans un bel unisson. Accents serrés, l’énergie s’impose. Au piano, la sonorité claire et détachée, autoritaire comme il se doit, Benjamin Grosvenor sait s’effacer derrière les cordes le moment venu. Les deux violons proches, le violoncelle au milieu, l’alto face aux violons du Quatuor Escher respirent du même souffle, un peu court, mais peu importe dans la violence choisie pour cet Allegro ma non troppo.

    Hélas, cette mise en place irréprochable se banalise dans les trois mouvements suivants. Ce souffle un peu court des archets ne pénètre guère les rêves d’un Andante privé de ses ombres, sert mieux un Scherzo aux syncopes héroïques. La métrique demeure impeccable, l’individualité des voix disparaît dans leur fusion dès que les cordes ne jouent plus en solistes. Relais inexistants entre elles, leur attention se focalise sur leur rapport au piano, seul à personnaliser son chant, un peu sec mais expressif.

    Quant au fascinant Finale, son interprétation ne le trahit ni ne le transcende. Le premier violon manque de rayonnement, le second s’accorde au premier, le violoncelle prive ses basses d’un épanouissement à la profondeur troublante sous d’autres archets. L’alto affirme plus de personnalité. Fidèles à la vigueur populaire insufflée par le compositeur, ils soulignent ses rythmes mieux qu’ils ne pénètrent le legato d’un lyrisme dont la fabuleuse diversité se retrouve très sommairement évoquée.

    Même détermination succincte dans le Deuxième Quintette pour piano et cordes en la majeur de Dvořák. La jeunesse du Quatuor Escher, pourtant formé en 2005, n’a pas encore acquis la dimension qui permet à un climat émotionnel de saisir l’auditeur. Ses élans gardent des accents primaires. Piano, violoncelle, alto, violons s’enchaînent dans un Andante sostenuto privé de sa magie, qu’heureusement la sobre musicalité de Benjamin Grosvenor éclaire.

    Cordes unies et trop souvent confondues, les rythmes sonnent juste, mais s’ils s’enthousiasment pour une Dumka trépidante, le conflit sous-jacent entre les instruments ne révèle aucun dramatisme dans les moments d’humeur sombre. Les fortissimi ignorent tout questionnement, la verve des archets parfois même brutale, phrasés sans portée, presque hachés.

    Comme pour le quintette de Brahms, le Quatuor Escher affronte trop carrément les conflits, les engagements, les jaillissements d’une partition aux tensions multiples, et rend mieux justice à son entrain qu’à son caractère passionné. D’où la séduction d’un Finale certes d’une seule couleur mais à la vivacité triomphante. Un vrai plaisir, enthousiaste et complice, en conclusion d’un programme magnifique mais doté de tant de références.




    Auditorium du Louvre, Paris
    Le 25/11/2015
    Claude HELLEU

    Concert du Quatuor Escher accompagné par le pianiste Benjamin Grosvenor à l’Auditorium du Louvre, Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Quintette pour piano et cordes en fa mineur op. 34
    Antonin Dvorak (1841-1904)
    Quintette pour piano et cordes n° 2 en la majeur op. 81
    Benjamin Grosvenor, piano
    Quatuor Escher

     


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