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CRITIQUES DE CONCERTS 18 août 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph von Dohnányi avec la participation du pianiste Emanuel Ax à la Philharmonie de Paris.

Belle jeunesse
© Terry ONeill / Decca

Quand la jeunesse du cœur habite la richesse de la maturité, la connaissance et l’expérience des partitions peuvent donner des interprétations exemplaires. Ainsi Christoph von Dohnányi et Emanuel Ax, avec un Orchestre de Paris au mieux de sa forme, ont pénétré et irradié le Concerto n° 2 de Beethoven avant une Symphonie n° 7 de Dvořák remarquablement construite.
 

Philharmonie, Paris
Le 03/12/2015
Claude HELLEU
 



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  • Des cheveux blancs couronnent les deux têtes élégamment complices. Même si le pianiste est plus jeune que le chef d’orchestre, Emanuel Ax et Christoph von Dohnányi respirent même jeunesse et maturité, souvent partagées au cours de leurs déjà longues carrières. Le récent concert de l’Orchestre de Paris les a réunis une fois encore pour le plus grand bonheur de leur public dans le Concerto n° 2 en sib majeur de Beethoven.

    La sensibilité, le naturel de l’expressivité d’Emanuel Ax ne cessent d’affiner et d’approfondir ses interprétations, ici, celle d’une œuvre de jeunesse d’un Beethoven qui entend bien démontrer dès ce concerto, en fait le premier qu’il écrivit, son respect d’un classicisme mis au service d’une impétueuse liberté. Bien que le compositeur ne le donnât « pas pour un de ses meilleurs ouvrages », uni à l’Orchestre de Paris dirigé par Christoph von Dohnányi, Emanuel Ax en suscite l’irrésistible séduction.

    À la vivacité des traits répond une intériorité dont la simplicité souligne la présence discrète. Entre la main gauche et la main droite le dialogue donne tout à entendre des reprises de thèmes, des oppositions d’une partition qui révèle alors la diversité de ses rebondissements. Une cadence éblouissante et passionnée, des engagements intrépides relaient des moments pudiquement rêveurs.

    La clarté du toucher colore les mesures contrastées, l’articulation personnalise les moindres notes, chacune et toutes naturellement essentielles, jusqu’à créer un moment de grâce rarement atteint à la fin du deuxième mouvement avec celles dont le pianiste illumine l’isolement et que les cordes recueillent avant que s’enchaîne le Rondo final.

    Et là, quelle jeunesse ! Molto allegro, la virtuosité règne, évidente, aérée. Le rythme et la danse brillent, l’enjouement coule de source. Cette vivacité, sa spontanéité, sa chaleur partagées avec l’orchestre irradient le bonheur. En bis hautement réclamé, les Fantasiestücke de Schumann ont achevé de combler un public enthousiaste à juste titre.

    Christoph von Dohnányi dirige ensuite la Symphonie n° 7 en ré mineur de Dvořák. L’austère gravité des premières mesures annonce l’intensité que vont garder ses quatre mouvements, qu’il porte, édifie au long d’un parcours résolument dense où l’Orchestre de Paris témoigne de l’homogénéité acquise.

    Menés par le pupitre des violoncelles, magnifiques, contrebasses à l’appui, altos profonds, violons soudés, les cordes répondent à la tension requise. Un cor, des flûtes, des clarinettes aux voix toujours aussi pures et expressives émergent de cette masse orchestrale fusionnelle où chaque pupitre garde sa personnalité. Lyrisme et sensualité s’en élèvent en parfaite symbiose sous la conduite souple et déterminée de celui qui les guide, l’énergie contrôlée mais puissante.

    Bois et cors de l’Orchestre de Paris condensent les mélodies d’un deuxième mouvement particulièrement éloquent, caractérisent ses pulsions, accompagnent l’homogénéité de la progression d’un dynamisme qui demeure sans éclats mais intensément soutenu. Tout effet banni, la grandeur prévaut.

    La rythmique d’un Scherzo dansant demeure soulignée au détriment d’une légèreté souriante. Cette vitalité rythmique exacerbe le fortissimo d’un Allegro final au paroxysme de son ardeur, mais une ardeur remarquablement maîtrisée. Comme l’ont été la richesse de l’orchestration, les nuances savamment enchaînées, les changements de climat d’un itinéraire parfaitement proposé.

    En ouverture de concert, comme la sous-titre son œuvre Jean-Frédéric Neuburger, dédiée à Chistoph von Dohnanyi et aux musiciens de l’Orchestre symphonique de Boston, Aube, en création française, assume des intentions descriptives de la nature que son compositeur précise pour le meilleur de leurs évocations.




    Philharmonie, Paris
    Le 03/12/2015
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph von Dohnányi avec la participation du pianiste Emanuel Ax à la Philharmonie de Paris.
    Jean-Frédéric-Neuberger (*1986)
    Aube, pour orchestre, création française
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour piano n° 2 en sib majeur op. 19 Emanuel Ax, piano
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Symphonie n° 7 en ré mineur op. 70
    Orchestre de Paris
    direction : Christoph von Dohnányi

     


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