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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Prometeo de Nono sous la direction d’Ingo Metzmacher et Mathilda Hofman à la Philharmonie de Paris.

Le temps suspendu
© Julien Mignot

Joué pour la troisième fois depuis 1987 dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, le Prometeo de Nono trouve une interprétation idéale sous la direction d’Ingo Metzmacher, fantastiquement accompagné par le chœur, les solistes et le SWR Experimentalstudio. L’adaptation de la Philharmonie pour la spatialisation offre un écrin rêvé qui fait ressortir toute la force de l’œuvre.
 

Philharmonie, Paris
Le 07/12/2015
Vincent GUILLEMIN
 



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  • À la Philharmonie ce soir, le temps s’est arrêté. Pendant presque deux heures et trente minutes, orchestre, chœur et solistes, assistés du Studio Expérimental SWR de la Fondation Heinrich Strobel, dirigés par Ingo Metzmacher et Mathilda Hofman, nous ont plongés dans une expérience musicale d’une grande intensité.

    Il serait ridicule de reprocher à la cinquantaine de personnes partie au fur et à mesure de la représentation de n’être pas restée, car l’œuvre de Luigi Nono est encore aujourd’hui l’une des plus complexes à appréhender. L’enjeu est de s’abandonner à un nouveau monde, à un nouvel espace-temps, où la musique refuse toute mélodie et toute abondance pour ne rechercher que les sonorités primaires et pures, à la manière des complaintes primitives ou de certains continuums sonores, produits pour convier à une méditation aussi cérébrale qu’émotionnelle.

    Après avoir présenté Prometeo avec les deux autres pièces de la Trilogie du Sublime au Hollandfestival 2014, puis l’ouvrage seul en septembre dernier au Festival de la Rurhtriennale, les mêmes interprètes portent à Paris toute la puissance d’une œuvre cosmogonique qui tire son inspiration de l’univers tout entier, et plus particulièrement du mythe de Prométhée, par l’intermédiaire des lectures des grecs anciens Eschyle, Euripide et Hésiode, puis du romantique allemand Hölderlin et enfin du philosophe italien et ami du compositeur, Massimo Cacciari.

    Assistant de Nono sur l’œuvre en 1988, alors qu’elle avait été créée à l’église San Lorenzo de Venise par Claudio Abbado quatre années plus tôt, Metzmacher appréhende avec délicatesse et rigueur la partition et les onze ensembles de musiciens dispatchés dans toute la salle, du parterre aux balcons.

    Son attention permanente permet de rechercher les pppppp possibile demandés et de retrouver dès qu’il est nécessaire les sphères du forte. La deuxième chef Matilda Hofman dirige les voix du chœur de la Schola Heidelberg et les solistes placés au premier balcon avec des gestes aussi fluides, mais une battue moins précise.

    Les sopranos se démarquent des autres solistes, surtout Susanna Andersson, très impressionnante dans la gestion des différentes hauteurs et dont les aigus trouvent justesse et puissance, surtout lorsqu’ils sont ensuite remodelés par les consoles sonores et relancés par les enceintes disposées dans toute la salle. La Schola Heidelberg fait ressortir toute la mystique de la partition pour chœur et montre une fois encore sa maîtrise du répertoire du XXe siècle. Séparé en plusieurs groupes, l’Ensemble Recherche soutient l’action, ou plutôt l’absence d’action, avec une lumière de son fascinante, surtout chez le trio contrebasse-violoncelle-alto placé en hauteur.

    Pour presque deux mille personnes à la Philharmonie ce soir, d’un calme religieux exceptés quelques quintes de toux, l’expérience éprouvante mais fondamentale a montré que nous n’avons pas fini de découvrir les trésors du génie vénitien ; il faudra des programmateurs ambitieux et des musiciens d’un tel niveau pour nous conduire à nouveau dans cette latence et dans les limbes de l’immatériel.




    Philharmonie, Paris
    Le 07/12/2015
    Vincent GUILLEMIN

    Prometeo de Nono sous la direction d’Ingo Metzmacher et Mathilda Hofman à la Philharmonie de Paris.
    Luigi Nono (1924-1990)
    Prometeo, tragedia dell'ascolto
    Textes réunis par Massimo Cacciari
    Susanna Andersson, soprano
    Christina Daletska, soprano
    Els Janssens-Vanmunster, contralto
    Noa Frenkel, contralto
    Markus Francke, ténor
    Caroline Chaniolleau, récitante
    Matthias Jung, récitant
    Orchestre symphonique du SWR Baden-Baden und Freiburg
    Ensemble recherche
    Schola Heidelberg
    SWR Experimentalstudio de la Fondation Heinrich Strobel
    direction : Ingo Metzmacher & Matilda Hofman
    projection sonore : André Richard
    préparation des chœurs : Walter Nussbaum

     


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