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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Concert du Deutsche Kammerphilharmonie Bremen sous la direction de Paavo Järvi avec la participation de la violoniste Janine Jansen, Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

Complicités au sommet
© Julia Bayer

Paavo Järvi, la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen et Janine Jansen, ou l’élite d’un monde musical dont l’exigence se fond à la perfection atteinte, ressuscitent un Concerto pour violon de Beethoven d’un rare humanisme. La Première Symphonie de Brahms s’avère ensuite aussi fascinante, la personnalité de son discours musical révélant autant d’acuité que de profondeur.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 10/12/2015
Claude HELLEU
 



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  • Le bonheur. Dans un seul et même élan, où s’intègre la plénitude de tutti qui jamais ne viennent le ponctuer lourdement mais en naissent dans le bonheur que chantent un orchestre et un violon fusionnels, le Concerto pour violon de Beethoven rayonne.

    De la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen à Janine Jansen, l’échange fascine. La passion respire, naturellement dense, complice. Elle révèle une expressivité rarement apparue aussi légère et engagée. L’impulse un chef dont les interprétations ne cessent d’enrichir le répertoire. Paavo Järvi, parallèlement directeur musical de l’Orchestre de Paris depuis 2010, a engagé depuis 2004 un compagnonnage artistique avec le DKB, et la qualité de leur travail porte des fruits d’une saveur exceptionnelle.

    Jansen est tout bonnement la violoniste dont on rêve. Cadences, arabesques, ornements de la jeune Néerlandaise, mince et ravissante, émeuvent autant qu’ils éblouissent. La portée du phrasé, la pureté du son, la richesse de la sonorité sont là pour suggérer, désirer, aimer.

    La virtuosité est au service d’une écoute miraculeusement partagée avec des pupitres dont elle prolonge ou parfois devance mais toujours partage la respiration. L’incroyable cadence du premier mouvement apparaît ainsi avec une évidence qui ne peut qu’aboutir à la renaissance de l’orchestre où les voix des clarinettes et bassons émerveillent de même.

    Les cors s’y joignent dans un Larghetto de rêve. Beauté toute de poésie. L’échange de la clarinette et du violon s’auréole d’amour et de mystère. Le chant des cordes exalte celui des vents. Et puis la gaîté fuse. Chef, orchestre, soliste exultent. Lyrisme jubilatoire d’un Rondo aux rythmes bondissants, tutti toujours pleins, colorés. Un grand moment d’humanité.

    Celui que nous vivons avec la Symphonie n° 1 de Brahms n’est pas moindre. Cette entente entre les musiciens brêmois recrée la diversité d’une inspiration permanente. L’éclairage ne cesse de se renouveler sur un parcours que l’on croyait connaître et de surprises en rebondissements se révèle imprévu. Marqués par des timbales dont l’insistance ignore toute pesanteur, les rythmes sont autant de pulsions du cœur, du corps, de l’esprit.

    L’âpreté aussi naturellement que la douceur émane des cordes. Phrases souples, staccato incisif, voix des vents, les harmonies changent de couleur, la partition respire, avance, Brahms vit, s’angoisse, s’interroge, affirme. Aux bois, clarinette et hautbois décidément remarquables, et au cor, le violon solo s’allie maintenant pour un moment de paix baigné de poésie. Andante sostenuto et Un poco allegretto e grazioso, la sérénité et la joie ravissent.

    Et nous emmènent, toujours aussi naturellement, plus loin et toujours émerveillés. Adagio. Piu andante. Allegro ton troppo ma con brio. Piu allegro : ces précisons du compositeur éclairent le chemin d’un Finale à la merci de son démiurge. Crescendo haletant des bois aux cordes, des cordes aux bois, puissance de l’émotion, ténèbres et zones de lumière, vive ou tamisée, pizzicati telle une brise, rafales des vents au-dessus des violons, contrastes engagés, les épisodes s’enchaînent, leur densité, leur ferveur ou leur enthousiasme nous captivent, la tempête balaye les conflits, Brahms triomphe, et chef et orchestre avec lui.

    Pas une lourdeur, pas un vide n’ont obscurci la grandeur, l’ampleur de la partition. L’impact de l’osmose entre les musiciens que nous avons suivis dans son aventure demeure un événement.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 10/12/2015
    Claude HELLEU

    Concert du Deutsche Kammerphilharmonie Bremen sous la direction de Paavo Järvi avec la participation de la violoniste Janine Jansen, Théâtre des Champs-Elysées à Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 61
    Janine Jansen, violon
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68
    Deutsche Kammerphilharmonie Bremen
    direction : Paavo Järvi

     


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