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CRITIQUES DE CONCERTS 18 octobre 2018

Reprise de Libuše de Smetana dans la mise en scène de Petr Novotný, sous la direction de Robert Jindra au Théâtre National de Prague.

Fêtes pragoises

Créé le 7 juin 1881 pour l’ouverture du Théâtre National de Prague, Libuše de Smetana est repris régulièrement dans cette salle, seul endroit au monde ou presque où l’on peut entendre l’œuvre. La troupe et l’orchestre porte l’ouvrage avec brio dans la continuité des grands enregistrements connus, dans une mise en scène de vingt ans qui mériterait dépoussiérage.
 

Národní Divadlo, Praha
Le 01/01/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Composé entre 1869 et 1872 pour le couronnement du roi Tchèque Franz Josef qui n’eut jamais lieu, l’opéra festival ou national de Smetana fut gardé pour l’ouverture du Théâtre National de Prague et créé à cette occasion en 1881, puis joué à nouveau en 1883 pour la réouverture du même théâtre après un incendie. Les productions se sont ensuite enchaînées dans cette salle pour évoluer environ toutes les deux décennies, laissant aujourd’hui encore à l’affiche celle de Petr Novotný créée en 1995.

    Inutile donc de s’attarder sur des décors d’Ivo Židek qui pourraient resservir à l’occasion à une Elektra ou une Turandot des années n’ayant pas connues Chéreau, ni encore moins sur les costumes d’Irena Greifová sans doute faits pour rappeler la source manuscrite du VIIIe siècle ayant inspiré le livret. Encore une fois et sans rouvrir le sujet sur la mise en scène contemporaine, une production purement décorative, dont la dramaturgie n’a pas été retouchée depuis longtemps, ne sert qu’à accompagner la musique et ne peut maintenir le spectateur concentré pendant près de trois heures ; il ne lui reste alors que l’exécution musicale.

    La partition écrite un an après la création de la Walkyrie et deux ans après l’Or du Rhin impose l’idée que Smetana ait eu connaissance de ces œuvres aux moments où il se mit au travail. De l’utilisation des leitmotive et des chromatismes à l’évocation des filles du Rhin dans les voix féminines du II, sans parler des monologues évocateurs de l’héroïne au III, beaucoup de points rappellent le Wagner du Ring, non copié mais déjà parfaitement digéré et adapté au style spécifique de Smetana. Un style coloré et révélateur des sonorités tchèques qu’on entendra par la suite chez Dvořák puis Janáček.

    L’orchestre met en valeur cette partition avec une clarté et une transparence typiques. L’ouverture fait ressortir les superbes trombones et trompettes, dont on se délectera tout au long de l’opéra, tandis que l’on sent les cors légèrement en retrait et les bois pas toujours en place, notamment dans l’interlude du II. Des violons fantastiques permettent au chef Robert Jindra des épanchements de lyrisme, alors qu’on regrettera parfois le manque de soutient des cordes graves.

    Presque tous issus de la troupe, les chanteurs d’un niveau homogène montrent la qualité de l’école tchèque et sa capacité à prolonger les grandes Libuše des enregistrements Supraphon. Sans pouvoir se prononcer totalement sur la diction de la langue tchèque – qu’on espère bonne vu les surtitres disponible seulement en anglais et allemand – les mots parfaitement détachés dénotent des consonnes prononcées par toutes les bouches.

    Dana Burešová est une soprano dramatique dans la continuité d’une Benačková, avec une belle ampleur jusqu’à son grand air final et une belle ligne de chant, sans toutefois la couleur des plus grandes, surtout dans l’aigu. D’abord dépassée par Yvona Škvárová (Radmila) dans le premier duo, Jitka Svobodová (Krasava) devient magnifique au II face à son amant.

    Des deux frères, le ténor Tomáš Černý (Stahlav) est net et engagé scéniquement, quand la basse Luděk Vele (Chrudoš) impressionne au départ pour fatiguer au final. Autre basse chaude, Jiři Sulženko (Lutobor) a la clarté en plus face à Martin Bárta (Presmil). Enfin, à chacune de ses interventions, le chœur rappelle par ses graves qu’on a quitté l’Europe de l’Ouest pour se rapprocher de la Russie, cela pour notre plus grand plaisir.




    Národní Divadlo, Praha
    Le 01/01/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Libuše de Smetana dans la mise en scène de Petr Novotný, sous la direction de Robert Jindra au Théâtre National de Prague.
    Bedřich Smetana (1824-1884)
    Libuše, opéra festif en trois actes (1881)
    Livret de Josef Wenig

    Sbor Národního divadla
    Orchestr Národního divadla
    direction : Robert Jindra
    mise en scène : Petr Novotný
    décors : Ivo Židek
    costumes : Irena Greifová
    préparation des chœurs : Pavel Vaněk

    Avec :
    Dana Burešová (Libuše), Martin Bárta (Presmil), Luděk Vele (Chrudoš), Tomáš Černý (Stahlav), Jiři Sulženko (Lutobor), Roman Janál (Radovan), Jitka Svobodová (Krasava), Yvona Škvárová (Radmila).

     



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