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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du Rundfunkchor Berlin et des solistes Sophie Koch, Adrian Eröd et Christiane Karg à la Philharmonie de Berlin.

Thielemann le Français

Loin de coller à l’image d’un chef cantonné au répertoire germanique, Christian Thielemann profite des concerts avec les Berliner Philharmoniker pour diriger des œuvres où on ne l’attend pas, et délivre avec Sophie Koch l’un des plus beaux Poème de l’Amour et de la Mer entendus, où les délices d’un orchestre idéal se mêlent à des accents wagnériens.
 

Philharmonie, Berlin
Le 08/01/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Peu aimĂ©e pour ses idĂ©es et son caractère rĂ©putĂ© difficile, on confond trop vite la personnalitĂ© de Christian Thielemann et sa direction musicale. Il suffit pourtant d’analyser les pièces jouĂ©es ces dernières annĂ©es pour dĂ©couvrir que passĂ©es la Colline de Bayreuth l’étĂ© et sa passion pour Wagner, Bruckner et Strauss, son rĂ©pertoire multiplie les incursions chez Verdi, TchaĂŻkovski, ou chez les compositeurs français, comme cette saison Ă  Berlin. Ainsi, son premier programme de janvier dĂ©bute-t-il par une minute de silence en hommage Ă  Pierre Boulez, puis propose Chausson, Debussy et FaurĂ©.

    Composé en 1893, soit dix ans après la mort de Wagner, le Poème de l’amour et de la mer op. 19 d’Ernest Chausson n’est pas encore emprunt des sonorités de Parsifal comme le sera plus tard l’opéra le Roi Arthus, mais laisse entendre les résonnances de Tristan et déjà le Debussy de la Mer, particulièrement dans les bois à la fin de la première mélodie.

    L’œuvre trouve sous la baguette opulente et chaude du Berlinois une interprétation de référence, grâce à laquelle les Berliner Philharmoniker exposent idéalement chaque thème. On est d’abord subjugué par la flûte d’Emmanuel Pahud, puis par le premier violon de Noah Bendix-Balgley. L’introduction de l’Interlude achève de nous emporter au son vibrant du premier basson, puis déchirant du violoncelle, aussi bouleversant aux reprises.

    Tout juste sortie de la Damnation parisienne et dĂ©jĂ  habituĂ©e Ă  Chausson en face d’Alagna la saison passĂ©e, la voix de Sophie Koch Ă´te certaines consonnes au premier texte de Maurice Bouchor, cependant que ses graves maĂ®trisĂ©s sĂ©duisent. Trop rapidement, le poème la Mort de l’amour laisse attristĂ© mais fascinĂ© devant la sensation que « le temps des lilas et le temps des roses est dĂ©jĂ  passĂ© Â».

    Les Deux Danses de Debussy mettent ensuite en valeur l’excellente harpiste Marie-Pierre Langlamet, déjà soliste de l’œuvre dans la même salle en 2005. L’exactitude du doigté n’empêche en rien une totale liberté d’expression, parfaitement accompagnée par les cordes des Berliner, contrôlées avec assurance et précision par Thielemann.

    Le retour d’entracte fait entrer avec douceur dans le Requiem de Fauré, porté par le superbe Rundfunkchor Berlin préparé par Gijs Leenaars. Thielemann y fait un choix étonnant en donnant le premier plan au groupe de cordes le plus impliqué dans l’œuvre : les altos sont ainsi placés tout à sa gauche, là où sont habituellement les premiers violons, sans parvenir toutefois à exalter pleinement l’ouvrage. Il faut attendre l’intervention des violons au Sanctus pour enfin trouver l’élévation, et plus tard le Libera me. Comme dans le Requiem de Verdi à Salzbourg en avril dernier, le chef refuse tout pathos et tout excès d’expressivité, prenant le risque de limiter l’émotion de cette déploration.

    La soprano Christiane Karg magnifie ses interventions par une voix projetée et lyrique, tout en gardant une réserve pour préserver la religiosité. En revanche, on regrette chez Adrian Eröd ce qu’on avait trouvé dans le Deutsches Requiem avec Gerhaher l’année précédente. Le timbre est beau et le chant ne souffre aucune critique, mais il manque encore ce plus qui dépasse une interprétation de qualité pour toucher au plus profond ; il aura enfin manqué du mysticisme à l’orgue de la Philharmonie pour tout à fait nous emporter In Paradisum. C’est peut-être mieux ainsi, car on n’ose imaginer comment nous serions ressortis si cette pièce avait été aussi puissante que le Poème.




    Philharmonie, Berlin
    Le 08/01/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert des Berliner Philharmoniker sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du Rundfunkchor Berlin et des solistes Sophie Koch, Adrian Eröd et Christiane Karg à la Philharmonie de Berlin.
    Ernest Chausson (1855-1899)
    Poème de l’amour et de la mer op. 19
    Sophie Koch, mezzo-soprano
    Claude Debussy (1862-1918)
    Danse sacrée et danse profane pour harpe et orchestre à cordes
    Marie-Pierre Langlamet, harpe
    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Messe de Requiem en ré mineur op. 48
    Christiane Karg, soprano
    Adrian Eröd, baryton
    Rundfunkchor Berlin
    préparation : Gijs Leenaars
    Berliner Philharmoniker
    direction : Christian Thielemann

     


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