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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Reprise de Tosca de Puccini dans la mise en scène de Jonathan Kent, sous la direction d’Emmanuel Villaume au Royal Opera House de Londres.

Une baguette qui change tout
© Catherine Ashmore

En se plongeant à Covent Garden dans les vices de la partition orchestrale de Tosca, Emmanuel Villaume réussit en osant là où les grands chefs choisissent souvent une option plus posée, et exalte un plateau où l’on redécouvre une Angela Gheorghiu et un Riccardo Massi rarement entendus à un tel niveau ces dernières années.
 

Royal Opera House, Covent Garden, London
Le 09/01/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Cinquième opéra de Giacomo Puccini, Tosca est à la fois son ouvrage le plus connu et l’un des plus complexes à réussir pour une grande maison. En cause une partition trop souvent dirigée en force, une héroïne dans l’ombre de Maria Callas, un ténor souvent en difficulté au premier aria et un Scarpia rarement agile et sombre en même temps.

    En alignant la créatrice de la production de Jonathan Kent en 2006 (Angela Gheorghiu), le ténor déjà présent à la dernière reprise de cette même production en 2014 (Riccardo Massi) et un Scarpia surtout connu pour ses rôles wagnériens (Samuel Youn), le Royal Opera House montre une volonté affirmée de proposer comme toujours un spectacle de grande qualité, dans de luxueuses conditions, sans toutefois dépasser les limites de la pièce.

    Sauf qu’au lieu d’appeler un quelconque chef de répertoire, apte à jouer invariablement n’importe quel opéra italien dans toutes les fosses du monde, le joyau de Covent Garden a eu l’excellente idée de proposer la direction à Emmanuel Villaume, déjà entendu à Londres dans les Contes d’Hoffmann et la Rondine.

    L’œuvre archi-connue devient alors une succession de surprises, de découvertes et de mises en valeurs étonnantes développées par un délié prononcé aux bois, contrebalancé par un legato constant aux violons. Au lieu d’y fuir le pompiérisme, il rentre de plein feu dans cette partition qu’il fait brûler jusqu’à sa dernière braise et tire du plateau une formidable énergie, malgré des passages d’une lenteur pleinement habitée.

    Le chef français est pour cela aidé par le magnifique Orchestre du Royal Opera House, larmoyant dans les vibratos du premier violoncelle et du premier alto, toujours juste dans les bois comme dans les cuivres. Il l’est aussi par le chœur de la salle préparé par Renato Balsadonna, superbement émouvant en coulisse au II. Au début du III, Villaume approche la nuit et l’exécution comme une Nachtmusik mahlérienne, et laisse trainer jusqu’au final une ambiance tendue et ténébreuse.

    Angela Gheorghiu tient le rôle-titre avec puissance et gravité, sans atteindre tous ses hauts aigus mais en frappant toujours juste, surtout lors d’un Vissi d’arte amené tout en finesse. Riccardo Massi se surpasse également, et s’il est encore un peu froid dans le premier air, il est profondément touchant dans un E lucevan le stelle pris avec une véritable élégance. Samuel Youn propose un Scarpia noir, proche d’un Alberich ou d’un Barbe-Bleue, méchant très crédible à la fin de l’acte médian, mais franchement en difficulté avec la langue italienne et sa musicalité. Les autres rôles souvent tenu par des Anglais accusent aussi un défaut de langage, sauf le geôlier de John Morrissey.

    Les somptueux décors de Paul Brown cherchent simplement à mettre en image le livret, d’abord devant la grille puis dans la bibliothèque du Palazzo Farnese, dans laquelle trône une belle statue d’archange tuant un dragon. Au III, des poteaux de bois délimitent l’espace de vie et de mort de Cavaradossi, et déjà la nuit contemple les étoiles, jusqu’à ce que le rideau se referme sur nous.




    Royal Opera House, Covent Garden, London
    Le 09/01/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Tosca de Puccini dans la mise en scène de Jonathan Kent, sous la direction d’Emmanuel Villaume au Royal Opera House de Londres.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Tosca, mélodrame en trois actes (1900)
    Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après le drame de Victorien Sardou

    Royal Opera Chorus
    Orchestra of the Royal Opera House
    direction : Emmanuel Villaume
    mise en scène : Jonathan Kent
    adaptation : Andrew Sinclair
    décors : Paul Brown
    éclairages : Mark Henderson
    préparation des chœurs : Renato Balsadonna

    Avec :
    Angela Gheorghiu (Floria Tosca), Riccardo Massi (Mario Cavaradossi), Samuel Youn (Baron Scarpia), Yuri Yurchuk (Cesare Angelotti), Donald Maxwell (Sacritain), Hubert Francis (Spoletta), David Shipley (Sciarrone), John Morrissey (Geôlier), Harry Fetherstonhaugh (Garçon).

     



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