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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Reprise de Capriccio de Strauss dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction d’Ingo Metzmacher à l’Opéra de Paris.

Conversations bourgeoises
© Vincent Pontet

Créée en 2004 pour le départ de Hugues Gall, la production Robert Carsen de Capriccio a gardé de sa splendeur, bien que sa dramaturgie commence à prendre la poussière. Les idées simples mais suggestives sont accompagnées par la battue claire et précise d’Ingo Metzmacher et par une distribution surtout intéressante pour ses voix graves.
 

Palais Garnier, Paris
Le 19/01/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le spectacle, vieux de douze ans, ayant déjà été commenté à plusieurs reprises, en 2007 puis 2012, inutile de s’attarder sur l’une des productions les plus appréciées du répertoire de l’Opéra de Paris et de son créateur Robert Carsen. Pour le metteur en scène le plus à l’aise à traiter des jeux de doubles, cet opéra sur l’opéra est un écrin idéal.

    La scène reproduit le foyer de Garnier, avec en poche sur le côté une reproduction en maquette de la mise en scène que nous sommes en train et allons continuer à vivre, et deviendra à la dernière scène le décor grandeur nature fait de faux rideaux d’un faux lustre en toiles et cartons. À ce jeu de dupe est associée l’époque du livret par les costumes de la noblesse, mais aussi celle de composition (1942), à laquelle le cadre bourgeois ne dissimule pas totalement le drame à l’extérieur, par la présence à plusieurs reprises d’un grand homme en manteau noir et casquette militaire.

    La dramaturgie aurait mérité d’être actualisée pour complètement parler à un public maintenant habitué au réalisme, et surtout il aurait fallu plus de noblesse à la Comtesse qui tenait déjà le rôle à Lyon en 2013, particulièrement lorsqu’on a été habitué à la géniale Renée Fleming sur cette même scène. Sans démériter, Emily Magee n’a pas l’aura des plus grandes et doit jouer sur une seconde tessiture pour le médium, tout en n’étant pas complètement à l’aise avec la langue allemande, et son timbre manque de beauté et de lumière pour s’accorder à l’or du décor au grand air final.

    Compagnon de qualité, Wolfgang Koch tient tête à la Comtesse avec sa voix chaude, plus claire au début que lorsqu’une légère fatigue apparaît, effet inverse à la voix du Clairon de Michaela Schuster, remplaçante d’une Daniela Sindram idéale dans le rôle, et d’abord en retrait avant de s’épanouir pour gagner en projection dans la deuxième partie. L’Olivier de Lauri Vasar, déjà présent lui aussi à Lyon, est cette fois au-dessus par la projection et la diction de son contradicteur musicale, le Flamand dynamique et bon acteur de Benjamin Bernheim.

    Le chœur des huit serviteurs joue brillamment et gagnera certainement en présence au fur et à mesure des représentations, tandis que les deux chanteurs italiens sont parfaitement crédible d’idiotie et apportent un penchant comique au sujet ; on préfèrera la chanteuse Chiara Skerath au ténor un peu court et pincé de Juan José de León. Le Maître de maison français, en la personne de Jérôme Varnier, est le chanteur le plus compréhensible de la soirée, tandis qu’il faut louer la clarté du timbre, la chaleur et la diction du directeur La Roche de Lars Woldt.

    Ingo Metzmacher s’est longuement entretenu avec nous pour défendre son approche de ce qu’il faut précisément appeler ici une Conversation en musique. L’Orchestre de l’Opéra de Paris déçoit d’abord par les timbres un peu rêches et le manque d’assurance du sextuor introductif, puis manque parfois de liberté pour sa première en fosse avec ce chef si rigoureux.

    Pourtant, cette proposition toute en finesse n’accuse jamais aucun cliché et devient princière lors du monologue et souveraine lorsqu’arrive le Finale, où l’on retrouve par la mise en avant des ruptures ce que Metzmacher nous disait quelques jours plus tôt : en surface cette musique est si belle, mais Strauss y a mis de nombreuses cassures.




    Palais Garnier, Paris
    Le 19/01/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Capriccio de Strauss dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction d’Ingo Metzmacher à l’Opéra de Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Capriccio, conversation en musique en un acte (1942)
    Livret de Clemens Krauss et du compositeur

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Ingo Metzmacher
    mise en scène : Robert Carsen
    décors : Michael Levine
    costumes : Anthony Powell
    éclairages : Peter Van Praet et Robert Carsen
    chorégraphie : Jean-Guillaume Bart
    dramaturgie : Ian Burton

    Avec :
    Emily Magee (La Comtesse), Wolfgang Koch (Le Comte), Benjamin Berheim (Flamand), Lauri Vasar (Olivier), Lars Woldt (La Roche), Michaela Schuster (Clairon), Chiara Skerath (Une chanteuse italienne), Juan José de León (Un chanteur italien), Graham Clark (Monsieur Taupe), Jérôme Varnier (le Maître de Maison).

     



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