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CRITIQUES DE CONCERTS 05 juillet 2020

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Jakub Hrůśa, avec la participation du violoncelliste Johannes Moser Ă  la Maison de la Radio, Paris.

Autour de Martinů
© Zbynek Maderyc

Dans la continuitĂ© du superbe concert de la semaine prĂ©cĂ©dente, donnĂ© dans la mĂŞme Maison de la Radio et composĂ© de Roussel et MartĂ­nů, le chef tchèque Jakub Hrůśa rĂ©cidive pour un deuxième programme Ă  la tĂŞte du Philharmonique de Radio France, encore dominĂ© par Martinů, mais cette fois accompagnĂ© de son compatriote Josef Suk et du Russe Igor Stravinski.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 15/01/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • De mĂŞme qu’on invite souvent les chefs français Ă  l’étranger pour diriger leur rĂ©pertoire, on attend encore du jeune Jakub Hrůśa qu’il alterne entre Janáček et Dvořák, et c’est avec Rusalka que Paris l’a dĂ©couvert la saison passĂ©e Ă  l’OpĂ©ra. Aussi a-t-il eu l’intelligence pour son premier concert avec l’Orchestre philharmonique de Radio France de proposer la semaine dernière un programme dominĂ© par le Tchèque MartĂ­nů, associĂ© Ă  son maĂ®tre français Roussel, avant ce second programme presque intĂ©gralement tchèque.

    Nous entrons dans cette soirée au travers d’une pièce facile d’une quinzaine de minutes, le Scherzo fantastique op. 25 de Josef Suk père. Le premier thème au hautbois et basson augure de beaux moments mélodiques et une interprétation d’excellent niveau, bien que la pièce retombe un peu par sa longueur, tenue seulement par un second thème lancé aux violoncelles et repris aux premiers violons, répété de nombreuses fois.

    Plus travaillĂ©, le premier Concerto pour violoncelle de Martinů permet de vĂ©rifier les multiples influences du compositeur, partagĂ© entre la France et la TchĂ©coslovaquie au dĂ©but des annĂ©es 1930, puis Ă  mesure entre la France et les États-Unis pendant les rĂ©visions de 1939 et 1955. La version dĂ©finitive de 1955 entendue ce soir oscille entre le Martinů Ă  point et celui de l’extrĂŞme maturitĂ©, avec toujours et très en finesse de nombreux changements de rythmes et une forme syncopĂ©e très travaillĂ©e.

    L’orchestre y accompagne sans jamais trop se mettre en valeur le violoncelliste Johannes Moser, dont on aimerait parfois une sonorité plus colorée et plus chaleureuse, là où son intégrité musicale et sa discrétion, ajoutées à la raucité de son instrument, portent surtout un Andante moderato dans lequel se démarque également le premier alto de l’orchestre. On retrouve la même intégrité dans la Sarabande de la Première Suite de Bach donnée en bis.

    La seconde partie ouvre à nouveau avec un Scherzo fantastique, cette fois l’opus 3 d’un Stravinski de vingt-six ans. Jouée ici à la française avec un son d’une transparence qui rappelle Ravel, la pièce qui a servi très vite de ballet n’est pas censée être basée sur un programme, mais reste de l’aveu du compositeur inspirée par le Vol des abeilles de Maurice Maeterlinck, en plus d’évoquer le Vol du bourdon de Rimski-Korsakov dans le traitement des cordes.

    Retour enfin Ă  Martinů avec l’un de ses principaux chefs-d’œuvre, la Sixième (et dernière Symphonie, crĂ©Ă©e pour et par le Boston Symphony Orchestra et son directeur de l’époque Charles Munch. Ici, les rythmes et les climats ne doutent plus et s’installent avec puissance et clartĂ©. L’auditeur expĂ©rimentĂ© reconnaĂ®tra ce que le monde musical a entendu plus tĂ´t chez Honegger dans la dynamique rĂ©pĂ©titive ou chez Ives dans l’installation d’une atmosphère Ă©thĂ©rĂ©e, mais la couleur et le style global de l’œuvre ne peuvent appartenir qu’au Tchèque.

    La densité des cordes montre que ce morceau a été le plus travaillé en répétition et qu’il faut maintenant en faire ressortir le moindre détail sans jamais perdre l’orchestre. Pour qui a en tête les plus grands enregistrements, il manque encore un peu de souffle et une véritable personnalité à cette lecture tout de même impressionnante de lyrisme et de tenue, pour laquelle il faut louer la magnifique intervention solo du premier violon et le travail d’un chef qu’on espère revoir très vite en fosse comme au concert.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 15/01/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Jakub Hrůśa, avec la participation du violoncelliste Johannes Moser Ă  la Maison de la Radio, Paris.
    Josef Suk (1874-1935)
    Scherzo fantastique op. 25
    Bohuslav MartĂ­nů (1890-1959)
    Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1, H.196
    Johannes Moser, violoncelle
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Scherzo fantastique op. 3
    Bohuslav MartĂ­nů (1890-1959)
    Symphonie n° 6 (Fantaisies symphoniques)
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Jakub Hrůśa

     


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