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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Récital du pianiste Boris Berezovsky au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Passion de la technique
© Alvaro Yanez

Un curieux programme très Europe centrale commencé par un détour scandinave. Avec en commun une virtuosité transcendante, un goût pour la technique pure, mais aussi un toucher assez monochrome. Tel est apparu le récital de Boris Berezovsky au Théâtre des Champs-Élysées. Beaucoup de notes mais finalement peu d’émotion autre le vertige de la vitesse.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 22/01/2016
Gérard MANNONI
 



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  • Boris Berezovsky reste un cas particulier parmi les pianistes de ce temps. Il n’a jamais caché sa passion pour la technique pure, son goût pour les partitions dites injouables qu’il prend comme un défi à relever, pour voir jusqu’où peuvent aller les doigts et la cervelle d’un pianiste.

    C’est le roi des intégrales Études d’exécution transcendante de Liszt ou d’Islamey de Balakirev et autres Scarbo. De la force, il en a à revendre, et les doigts, il semblerait qu’il puisse les multiplier à volonté selon les besoin de l’œuvre et aussi sa frénésie de vitesse. Il faut reconnaître que cela reste assez hallucinant, même si tant d’autres maîtres de la vitesse fréquentent les estrades de concerts aujourd’hui.

    Pourtant, si l’on veut être franc, de tout ce récital, il reste une impression de feu d’artifice instrumental dont l’émotion, la poésie, le rêve sont absents. Les martellements de la Sonate Sz 80 de Bartók impressionnent, mais où est le climat intime et si attachant des pages de Grieg qui suivent : Sonate op. 7, Pièces lyriques, Danses norvégiennes ? La vitesse et le bruit dominent.

    En deuxième partie, Dumka et des extraits des Saisons de Tchaïkovski sont à peine traités dans un esprit un peu plus délicat et avec la Sonate en do majeur et Petrouchka de Stravinski, Berezovsky a enfin des pages auxquelles sa virtuosité athlétique trouve une vraie justification. La sonate a une fluidité incroyable et avec Petrouchka, c’est tout un orchestre qui se met à vivre, avec des couleurs fantastiques et une puissance harmonique fabuleuse.

    Un moment d’exception dans un concert où l’on ne peut, c’est vrai, qu’être admiratif devant cette capacité à jouer autant de notes en si peu temps. C’est un aspect du piano russe qui suscite l’enthousiasme d’un public visiblement amateur de sensations fortes. C’est son droit, mais le piano russe, c’est aussi Richter, Gilels et plus près de nous Kissin ou Luganski et quelques autres qui, avec une technique d’enfer, savent emprunter des chemins plus diversifiés pour éveiller notre émotion.

    En y repensant, il semble que Berezovsky lui-même n’eut pas toujours une approche aussi monochrome de son instrument, notamment dans ses concerts avec la tellement regrettée Brigitte Engerer.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 22/01/2016
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Boris Berezovsky au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Béla Bartók (1881-1945)
    Sonate pour piano Sz.80
    Edward Grieg (1843-1907)
    Sonate op. 7
    Neuf Pièces lyriques
    3 Danses norvégiennes
    Piotr-Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Dumka
    Les Saisons op. 37a : Juin, août, septembre
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Sonate en do majeur
    Petrouchka
    Boris Berezovsky, piano

     


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