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CRITIQUES DE CONCERTS 23 septembre 2018

Biennale de Quatuors à cordes à la Philharmonie 2 de Paris, avec les Quatuors Dover, Arditti et Borodine dans des œuvres de Chostakovitch, Weinberg, Birtwistle et Ligeti.

Janvier en quatuors

La biennale parisienne 2016 a permis d’entendre en dix jours les meilleurs quatuors à cordes du moment, des jeunes Dover aux expérimentés Quatuor Arditti, Hagen et Borodine. En offrant une intégrale des œuvres de Chostakovitch réparties entre les ensembles invités, ce festival mettait également en valeur par ricochet son élève plus méconnu, Mieczyslaw Weinberg.
 

Philharmonie 2, Paris
Le 20/01/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Avant Chostakovitch et Weinberg, le Quatuor Dover ouvre avec la dernière pièce achevée de Leoš Janáček, son Quatuor à cordes n° 2, lettre intime d’un jeune amoureux de soixante-quatorze ans. La formation créée en 2008 fait ressortir en détail chaque trait de cette partition, dans laquelle on peut préférer plus de finesse alors qu’on retrouve dans cette proposition une continuité avec celle des Hagen auparavant. L’altiste se démarque en appuyant particulièrement les phrases lascives de l’Andante, là où le compositeur avait lui-même proposé d’utiliser une viole d’amour, choix extrémiste suivi notamment par le Quatuor Diotima.

    Même si l’ensemble manque encore parfois de liberté, le second mouvement Adagio est particulièrement inspiré et les brusques effets de décharges électriques aux violons font du Vivace un superbe moment. Le Quatuor n° 8 de Mieczyslaw Weinberg joué ensuite s’accorde mieux au jeu des Dover et fait oublier en quelques secondes les couleurs tchèques pour ramener vers les pastels froids d’URSS. Il sied à une formation qui s’engouffre juste après avec la même tension dans le Quatuor à cordes n° 2 de Chostakovitch, dont l’interruption pour une corde cassée au violoncelle ne vient pas altérer le lent mouvement méditatif.

    Le samedi, le Quatuor Arditti crée en France The Silk House Sequences, second quatuor du compositeur Harrison Birtwistle, présent dans la salle pour l’occasion. Le violoncelle un peu dur et le violon acéré d’Irvine Arditti pourraient octroyer plus de lyrisme à cette partition dynamique jouant entre sérialisme et instants mélodiques. La rigueur et la rythmique impeccable de l’ensemble concorde en revanche parfaitement au magnifique Deuxième Quatuor de Ligeti, pour lequel on se délecte du mouvement médian, come un meccanismo di precisione.

    Sommet de cette biennale, Paris retrouve le Quatuor Borodine après un an d’absence, et leur son toujours si évident, dans la plus pure tradition russe, jusqu’au placement du violoncelle tout à droite, là où les jeunes formations le mette aujourd’hui au centre. À cela s’ajoute la prestation irréprochable de notes et de style du clarinettiste Michael Collins dans un Quintette pour cordes et clarinette KV 581 de grande élégance, dont l’alto développe à merveille les ruptures du dernier Mozart avec son époque.

    En seconde partie, on pourra trouver un peu distante la lecture tout aussi pure du Quintette à cordes op. 111 de Brahms, pour lequel Yuri Bashmet tient la première partie d’alto, mais on se souviendra très longtemps de la sensation de malaise et en même temps spontanée produite par le Quatuor n° 8 de Chostakovitch avant la pause. Cette œuvre pleine d’autocitations dédiée aux victimes de la guerre et du fascisme trouve ici toute la glace des années noires, et c’est à peine si l’on est surpris par les coups d’archets dans l’Allegretto, comme si une mort qu’on attend d’un moment à l’autre frappait enfin et de façon banale à la porte. On comprend grâce à cette ensemble pourquoi et au milieu de quel univers musical le génie russe a créé autant de chefs-d’œuvre. Espérons que les Borodine reviennent en France avant la prochaine biennale !




    Philharmonie 2, Paris
    Le 20/01/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Biennale de Quatuors à cordes à la Philharmonie 2 de Paris, avec les Quatuors Dover, Arditti et Borodine dans des œuvres de Chostakovitch, Weinberg, Birtwistle et Ligeti.
    16 janvier :
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Quatuor à cordes n° 2 « Lettres intimes »
    Mieczyslaw Weinberg (1919-1996)
    Quatuor à cordes n° 8 op. 66
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Quatuor à cordes n° 2 en la majeur op. 68
    Quatuor Dover

    20 janvier (19h) :
    Harrison Birtwistle (*1934)
    The Silk House Sequences (Quatuor à cordes n° 2)
    György Ligeti (1923-2006)
    Quatuor à cordes n° 2
    Quatuor Arditti

    20 janvier (20h30) :
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Quintette pour cordes et clarinette KV 581
    Michael Collins, clarinette
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Quatuor à cordes n° 8 en ut mineur op. 110
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Quintette à cordes op. 111
    Yuri Bashmet, alto
    Quatuor Borodine

     


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