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CRITIQUES DE CONCERTS 18 août 2018

Reprise de Werther de Massenet dans la mise en scène de Benoît Jacquot et sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.

Entre l'Allemagne et l'Italie
© Emilie Brouchon

Alors qu’en 2009, l’Opéra de Paris avait dû emprunter une production à Munich pour faire entendre Rolando Villazón dans Werther, la capitale profite depuis 2010 du classicisme de celle de Benoît Jacquot pour découvrir de nouvelles impressions. Axée sur le duo Beczała-Garanča, l’attention bascule aussi régulièrement vers le chef Giacomo Sagripanti.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 26/01/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En janvier 2014, Gérard Mannoni écrivait qu’il était superflu de comparer Roberto Alagna à Jonas Kaufmann quatre ans plus tôt, tant les deux avaient leurs qualités propres. Deux années plus tard, cette remarque est encore plus vraie pour cette seconde reprise du Werther de Benoît Jacquot à l’Opéra Bastille, car en plus d’un cast totalement renouvelé, le chef Alain Lombard prévu pour succéder à Michel Plasson est lui aussi remplacé, au profit d’un jeune Italien. Et si Giacomo Sagripanti a entendu son aîné français les années précédentes, il n’en a rien gardé.

    À l’inverse de l’éclat et des multiples couleurs de Plasson, il attaque dès l’ouverture l’opéra de Massenet en regard des ouvrages français post-wagnériens composés à la même époque – le Roi Arthus de Chausson ou la Symphonie en ré mineur de Franck – et nous rappelle au passage qu’en pleine composition, à l’été 1886, Massenet était à Bayreuth pour Parsifal. L’orchestre gagne donc en noirceur et en concentration ce qu’il perd en clarté ; il laisse de côté les moments faibles des actes I et II et manque de vibration à la mort du héros, mais devient profondément impactant face à la solitude du suicidaire au III, puis dans la transition symphonique entre les deux derniers actes, ainsi que dans la transposition de l’accord de Tristan au IV.

    Ce que la fosse perd en lumière pour se tourner vers les froides plaines de Goethe, le chant le transpose avec un Werther nettement plus solaire que Jonas Kaufmann, malheureusement sans le même niveau de français. Sans être toujours aidé par le volume de l’orchestre, Piotr Beczała est sincère scéniquement et vocalement, et s’il ne semble pas comprendre tout ce qu’il dit à son arrivée, le ténor polonais est touchant dans l’air de la lettre et jusqu’à sa mort. Elina Garanča aurait tout pour elle également s’il ne lui manquait aussi la diction. Le timbre superbe est assisté d’une puissance qui dépasse toutes les autres masses sonores, et sa simple présence irradie immédiatement le plateau.

    Le reste de la distribution a le français pour lui. Le Bailli de Paul Gay est joyeux, Stéphane Degout et Elena Tsallagova chantent encore au I leur Pelléas et Mélisande respectifs de février dernier sur la même scène, pour gagner en lyrisme et en naturel ensuite. Pauline Texier intervient trop peu pour que l’on profite assez de cette si jolie voix, et les deux compères Schmidt (Rodolphe Briand) et Johann (Lionel Lhote) donnent envie de les accompagner à boire dans leur Semper Vivat.

    Pour le reste, nous savons déjà tout de cette production, où tout semble fait pour la caméra, des décors plats mais superbes de Charles Edwards rappelant au III les intérieurs des peintures germaniques du XVIIe siècle à cette chambre et ce lit déjà vu sur toutes les scènes du monde depuis la création viennoise de l’œuvre en 1892. Mais après tout, nous n’étions pas là pour réfléchir, mais bien pour vibrer.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 26/01/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Werther de Massenet dans la mise en scène de Benoît Jacquot et sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.
    Jules Massenet (1842-1912)
    Werther, drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux
    Livret d’Édouard Blau, Paul Milliet et Georges Hartmann, d’après Goethe

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Giacomo Sagripanti
    mise en scène : Benoît Jacquot
    décors : Charles Edwards
    costumes : Christian Gasc
    éclairages : André Diot

    Avec :
    Piotr Beczała (Werther), Stéphane Degout (Albert), Paul Gay (Le Bailli), Rodolphe Briand (Schmidt), Lionel Lhote (Johann), Elina Garanča (Charlotte), Elena Tsallagova (Sophie), Piotr Kumon (Brühlmann), Pauline Texier (Kätchen).

     



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