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CRITIQUES DE CONCERTS 25 février 2018

Concert de l’English Baroque Soloists et du Monteverdi Choir sous la direction de Sir John Eliot Gardiner à la Philharmonie de Paris.

Gardiner in excelsis

Une justesse qui pénètre l’inspiration des partitions, une entente fusionnelle avec ceux qu’il emmène au cœur de leur interprétation, c’est à des moments aux couleurs uniques avec Mozart que nous ont invités Sir John Eliot Gardiner, le Monteverdi Choir et l’English Baroque Soloists sur instruments d’époque à la Philharmonie de Paris.
 

Philharmonie, Paris
Le 25/01/2016
Claude HELLEU
 



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  • Sa mort laisse le Requiem inachevé, mais Mozart est jeune quand il compose sa Messe en ut mineur, qu’il ne terminera pas plus. Peu importe, son inspiration religieuse est là, fille de Bach et de Haendel mais aussi sœur de la brillance vocale des Italiens. Guidés par Sir John Eliot Gardiner, sans baguette ni estrade ni partition, le Monteverdi Choir et les English Baroque Soloists en ressuscitent l’étonnante diversité.

    Le Monteverdi Choir nous en saisit dès le Kyrie. De la noblesse de son imploration s’élève un Christe d’opéra. Amanda Forsythe, le visage en extase heureuse, se joue des intervalles pour prier brillamment le Christ d’avoir pitié de nous. Mais qu’elle sera émouvante dans l’Incarnatus, entourée de la flûte et de la clarinette, le basson derrière elles trois. Au sein de ce quatuor miraculeux, la colorature magnifiquement agile dédaigne alors tout sourire ou effet inopportun.

    Gloria solennel et jubilatoire. La soprano II y rayonne de bonheur. Lumineuse, l’aisance d’Hannah Morrison habite vocalises et sauts d’octaves en toute simplicité. Réunies pour le Domine Deus, l’union des deux sopranos annonce l’état de grâce espéré de l’Agnus dei. Quel roi du ciel pourrait y résister ?

    Qui tollis. Clarté du chœur aux quatre voix bouleversantes, en descend le ténor Gareth Treseder pour se joindre aux deux sopranos dans un Quoniam voluptueusement orné. Cum sancto spiritu en double fugue entre un chœur dont pas une phrase ne se perd et des English Baroque Soloists d’une même clarté de phrasé. Le Gloria dei patris irradie sa ferveur et l’Amen.

    Et c’est l’enthousiasme du Credo à pleines voix, soutenu du dialogue entre les cordes et des bois dont l’expressivité ne cesse de se nuancer. L’Incarnatus mirifique s’y attendrit avant le Sanctus triomphal du double Chœur et de tout l’Orchestre. Hosanna, Benedictus en apogée divinement lyrique avec le quatuor de solistes où Alex Ashworth, lui aussi descendu du chœur, mêle sa basse pour l’unique fois à Gardiner et ses forces instrumentales et chorales.

    Celles-ci avaient auparavant donné la Symphonie n° 40 en sol mineur de Mozart, debout autour de leur chef à l’exception des deux violoncellistes et trois contrebassistes seuls assis. L’expressivité immédiate ravit. Les instruments d’époque imposent leurs couleurs profondes et chatoyantes mais sous une direction incisive. Sir John, l’élégance toujours imperturbable, irradie à mains nues sa chaleur.

    L’Allegro molto initial s’intensifie, se dramatise, s’allège à nouveau. Flûte, hautbois, clarinettes et bassons prônent leur personnalité, la justesse des cors irradie ces vents, la précision des cordes cisèle l’éloquence de l’orchestration légère. Il y a là comme une mise en scène intérieure au romantisme précurseur de la symphonie.

    L’Andante n’a pas la même évidence. La mesure marquée des rythmes courts les assagit. Altos, violons, bois se succèdent et se répondent dans un climat plus neutre. Mais quelle homogénéité entre les pupitres ! Ils se percuteront en toute complicité dans le Menuet. Phrases reprises toujours différentes, détermination de leurs solistes, sonorités rares des vents, tout concourt à susciter les surprises de ce moment de bonheur.

    Qui s’intensifie dans un Finale fiévreux. L’angoisse souvent insufflée dans ce mouvement ne domine pas cette vision victorieuse. Riches de ses pupitres si naturellement différenciés, les tutti fusionnent leur détermination. Elle impose une émotion intense mais sûre de sa puissance.




    Philharmonie, Paris
    Le 25/01/2016
    Claude HELLEU

    Concert de l’English Baroque Soloists et du Monteverdi Choir sous la direction de Sir John Eliot Gardiner à la Philharmonie de Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Symphonie n° 40 en sol mineur KV 550
    Grande Messe en ut mineur KV 427 / 417a
    Amanda Forsythe, soprano
    Hannah Morrison, soprano
    Gareth Treseder, ténor
    Alex Ashworth, basse
    Monteverdi Choir
    The English Baroque Soloists
    direction : John Eliot Gardiner

     


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