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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Reprise du Barbier de Séville dans la mise en scène de Damiano Michieletto, sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.

Génial Barbier
© Julien Benhamou

Créée à Genève en 2010 et récupérée par l’Opéra de Paris la saison passée, la mise en scène du Barbier de Damiano Michieletto transposée dans les années 1980 fonctionne toujours à merveille, et profite pour cette reprise d’une fantastique distribution totalement renouvelée, en plus de la présence inspirée du jeune chef italien Giacomo Sagripanti.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 02/02/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Si nous avions adoré la saison passée le Barbier de Séville dans la production hyper efficace de Damiano Michieletto, l’effet est encore plus probant à la reprise avec un cast encore meilleur. En transposant l’histoire dans le Séville des années 1980 (à en juger par la Ford Escort Coupé bleue garée devant l’immeuble), le metteur en scène s’est forcément attirer les foudres des plus conservateurs, mais a convaincu tous les autres, à commencer par le public du soir hurlant hourras et bravi à chaque air.

    L’immeuble du superbe décor de Paolo Fantin nous fait parfois oublier l’Opéra Bastille pour nous plonger en pleine rue espagnole, et le fait de jouer sur plateau tournant, risqué lorsqu’il s’agit d’un drame, fonctionne à merveille pour une comédie avec pareils acteurs, à commencer par le Comte de Lawrence Brownlee, agile dans la voix comme dans les cascades. Certaines notes ne sont pas assez marquées dans Ecco, ridente in cielo et la voix est un peu petite pour cette grande scène, mais sa technique issue des meilleures écoles américaines met tout le monde d’accord dans les ensembles et à son dernier air, Olà, t’accheta, Cessa di più resistere.

    Son amour Pretty Yende (Rosina) lui vole la vedette dans Una voce poco fa en faisant exploser ses hauts aigus et affiche avec lui une véritable complicité, d’un comique mémorable dans la scène de la leçon de musique. Nicola Alaimo, déjà Falstaff à Marseille ou Milan, joue un Bartolo sans caricature et perd simplement en projection lorsqu’il doit vocaliser ; problème que n’a pas le Basilio d’Ildar Abdrazakov, génial de présence et d’ampleur dans No ? Uditemi e tacete. Le Figaro d’Alessio Arduini attaque avec un premier air impressionnant, d’une voix claire et assurée dans l’aigu comme dans la technique rossinienne, quand l’acteur apporte un humour propice à de nombreuses scènes.

    Et quand tout fonctionne, cela va jusqu’aux seconds rôles, où Anais Constans, qui n’a qu’un air pour Berta, le passe avec une voix transparente et une diction qui la ferait presque croire italienne, à l’instar du Fiorello de Pietro Di Bianco, tout aussi convaincant dès sa première intervention au tout début de l’opéra. L’officier de Laurent Laberdesque complète cette fantastique distribution et les chœurs préparés par Alessandro Di Stefano prouvent comme dans le Trouvère qu’ils ont gagné en qualité dans l’italien depuis l’Élixir d’amour du début de saison.

    Reste le chef Giacomo Sagripanti, fuyant tout le pompiérisme de l’œuvre pour en faire ressortir des parties inédites avec une concentration impressionnante dès l’ouverture. Il pourra manquer de franchise sur quelques attaques, mais à aucun moment il ne met le plateau en difficulté et toujours il l’accompagne avec un geste fluide, où l’Orchestre de l’Opéra se démarque par sa pureté de style dans une interprétation exemplaire. On regrette juste qu’à l’instar d’autres grandes salles, la fosse adaptable de Bastille n’ait pas été surélevée d’un mètre pour rendre l’ensemble encore plus fondu dans cette comédie. Une superbe soirée.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 02/02/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise du Barbier de Séville dans la mise en scène de Damiano Michieletto, sous la direction de Giacomo Sagripanti à l’Opéra de Paris.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en deux actes
    Livret de Cesare Sterbini d’après Beaumarchais

    Chœurs de l’Opéra national de Paris
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Giacomo Sagripanti
    mise en scène : Damiano Michieletto
    décors : Paolo Fantin
    costumes : Silvia Aymonino
    éclairages : Fabio Barettin
    préparation des chœurs : Alessandro di Stefano

    Avec :
    Lawrence Brownlee (le Comte d’Almaviva), Nicola Alaimo (Bartolo), Pretty Yende (Rosina), Alessio Arduini (Figaro), Ildar Abdrazakov (Don Basilio), Pietro Di Bianco (Fiorello), Anais Constans (Berta), Laurent Laberdesque (Un officier).

     



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