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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Nouvelle production de Kiss me Kate de Cole Porter dans une mise en scène de Lee Blakeley et sous la direction de David Charles Abell auThéâtre du Châtelet, Paris.

Une Mégère domptée
© Vincent Pontet

Chantez, dansez maintenant, se moque la fourmi quand l’hiver fut venu. Mais n’est-ce pas le plaisir qui si souvent triomphe du froid ? Au Châtelet, la comédie musicale inspirée de La Mégère apprivoisée mérite pleinement son appellation. Kiss me Kate est une réussite dans tous les domaines, tant par l’inspiration et l’humour de Cole Porter que par son interprétation.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 03/02/2016
Claude HELLEU
 



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  • Shakespeare serait certainement ravi. Sa Mégère apprivoisée l’est ici de fort joyeuse manière. La nouvelle production de Kiss me Kate, le musical américain orchestré par Cole Porter créé à New-York fin décembre 1948 et aussitôt célèbre, parodie l’immortelle comédie dans une transgression aux innombrables surprises.

    Le rideau se lève sur les coulisses d’un vieux théâtre à Broadway. Ambiance désuète. S’y répète et s’y jouera la pièce de Shakespeare. Affres, rivalités, séductions au sein de la troupe deviennent un ballet aux solos, pas de deux et groupes qui se font et se défont sans une faille. La chorégraphie de Nick Winston impose son rythme. La mise en scène de Lee Blakely et la partie orchestrale, revue et dirigée par David Charles Abell, dynamisent d’emblée cette mise en abyme de l’œuvre de Shakespeare où la musique et les lyrics pleins d’esprit de Cole Porter prendront vie à chaque instant.

    Des amours orageux où s’affrontent les deux héros de la pièce aux scènes de ménage que se font les acteurs divorcés mais encore épris revenus dans leurs loges contigües, la fluidité ne cesse de séduire. Du vaudeville aux grands numéros dansés, jeux de mots et de scènes multiplient les effets comiques. Les lyrics règnent, l’orchestre jamais n’écrase un air. Danses et ballets s’intègrent spontanément aux chansons et dialogues parlés imbriqués, tous allant de pair et porteurs de l’intrigue sans une rupture d’énergie. L’humour irradie leur savant cocktail.

    Exigences musicales et dramatiques confondues, la troupe réunie s’en donne à cœur joie, David Pittsinger et Christine Buffle en tête. La voix sûre, le timbre de velours, le legato cultivé, celui-ci incarne un Fred Graham/Petruchio au tempérament décidé mais capable de mélancolie. En indomptable Lilli Vanessi/Katharine, Christine Buffle est plus unie au cours de leurs perpétuelles chamailleries. Duel ou duo, leur couple enchaîne des numéros passionnés, langoureux aussi parfois.

    Ainsi le So in love chanté par Lili et repris par Fred au II, différemment rêveur et différemment orchestré – une occasion d’apprécier particulièrement les subtilités de l’orchestration de Robert Russell Bennett, choisi par Cole Porter, et dont David Charles Abbey eut beaucoup de mal à retrouver et reconstituer une partition exacte, avec des musiques de Cole Porter qui avaient été supprimées et ajoutent des numéros dansés aux précédentes productions de Kiss me Kate.

    Monde de la scène et monde des coulisses où se rejoignent des comédiens qui sont d’aussi bons danseurs et chanteurs. Lois/Bianca, jeune débutante ambitieuse et sûre de ses charmes et son prétendant Bill/Lucentio, les deux autres amoureux aux rapports délictueux, s’incarnent parés de ces qualités chez Francesca Jackson et Alan Burkitt. Autour de ces deux couples, tous les participants au spectacle et à ses arrières imposent leur personnalité.

    À la diversité des styles de chansons mais aussi de danses selon que nous assistons au spectacle ou à ses arrières – liés à l’écart entre leurs deux réalités – répond la perfection des ensembles, la précision des détails, la richesse ou la simplicité des costumes. Les situations rebondissent, leur verve rarement en reste. Parmi les gags, les prestations des deux gangsters finalement enrôlés remportent un succès que légitiment pleinement Martyn Ellis et Daniel Robinson.

    Irradiée des dialogues de Shakespeare, Kiss me Kate ressuscite sa truculence sous un éclairage en boucle d’une autre et irrésistible fantaisie.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 03/02/2016
    Claude HELLEU

    Nouvelle production de Kiss me Kate de Cole Porter dans une mise en scène de Lee Blakeley et sous la direction de David Charles Abell auThéâtre du Châtelet, Paris.
    Kiss me Kate, musical en deux actes
    musique et lyrics : Cole Porter
    livret : Sam et Bella Spewack
    édition critique : David Charles Abell & Seann Alderking
    Orchestre de chambre de Paris (cordes)
    Ensemble instrumental du Châtelet
    direction : David Charles Abell
    mise en scène : Lee Blakeley
    décors : Charles Edwards
    costumes : Brigitte Reiffenstuel
    chorégraphie : Nick Winston
    éclairages : Emma Chapman

    Avec :
    Christine Buffle (Lilli Vanessi/Katharine), David Pittsinger (Fred Graham/Petruchio), Francesca Jackson (Lois Kane/Bianca), Alan Burkitt (Bill Cahoun/Lucentio), Jasmine Roy (Hattie), Fela Lufadeju (Paul), Martin Ellis (First Man-Gunman), Daniel Robinson (Second Man-Gunman), Jack Harrison-Cooper (Gremio-Ensemble), Thierry Picaut (Hortensio-Ensemble) et les roles parlés tenus par Joe Sheridan, Damian Thantrey, Franck Vincent, Thomas Boutilier, Ryan-Lee Seager, Sean Lopeman, John Paval, Eddie Myles.

     



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