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CRITIQUES DE CONCERTS 14 juillet 2020

Reprise de Fidelio de Beethoven dans la mise en scène de Calixto Bieito, sous la direction de Zubin Mehta à la Bayerische Staatsoper, Munich.

Infidèle Leonore
© Wilfried Hösl

Donnée dans une version définitive mais avec l’Ouverture Leonore III et un mouvement de quatuor inséré au dernier acte, la reprise du Fidelio de Munich passionne grâce au chant et à une fosse dans laquelle officie son ancien directeur musical Zubin Mehta. La production trouve ses limites dans l’une des mises en scènes les moins abouties de Calixto Bieito.
 

Nationaltheater, MĂĽnchen
Le 07/02/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le travail de Calixto Bieito a suffisamment Ă©tĂ© dĂ©fendu dans nos colonnes pour que l’on puisse se permettre des doutes et mĂŞme une certaine dĂ©ception devant cette reprise de sa mise en scène du Fidelio de Beethoven, crĂ©Ă©e Ă  la Bayerische Staatsoper en 2011. Adepte des moments noirs et des sujets oppressants, le Catalan ne parvient pas Ă  faire sortir la sève du livret, qu’il tronque de certains rĂ©citatifs pour y ajouter de courts textes de Borges et McCarty. Rebecca Ringst habille la scène avec un unique dĂ©cor labyrinthique pour reprĂ©senter un enfermement plus mental que physique, double paroi d’abord verticale, repositionnĂ©e ensuite Ă  l’horizontal par un jeu de machinerie.

    À part réduire à néant le décor du Vaisseau fantôme de Gloger créé à Bayreuth l’année suivante, lui aussi basé sur des méandres muraux auxquels sont accolés des néons clignotant en fonction de la dynamique musicale, on a du mal à comprendre les idées développées, d’autant que les chanteurs finissent souvent à l’avant-scène pendant que des acrobates montent ou descendent au milieu du vaste espace. Reste une bonne dramaturgie et quelques idées, comme la voix de Florestan que Léonore emporte enregistrée avec elle après l’avoir retrouvé au début du II, ou le quatuor à cordes jouant suspendu à mi-hauteur dans trois cages distinctes, juste avant la scène finale, une version écourtée du Molto Adagio du Quatuor n° 15 op. 132, sans doute la plus belle image de la soirée.

    © Wilfried Hösl

    Mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! D’abord par la présence en fosse de l’ancien directeur musical des lieux, Zubin Mehta. Dès l’ouverture Leonore III (privilégiée à celle définitive du Fidelio du 25 mai 1814), la lenteur captive et fait ressortir une légèreté orchestrale paradoxalement opposée aux timbres graves remontant à la surface dès que les contrebasses ou le basson interviennent. Seuls les cors créent quelques écarts dans cette richesse sonore, tandis que ressort des bois la première flûte, magique à chaque intervention.

    Le plaisir vocal est tout aussi grand, à commencer par la Léonore déjà présente en 2011 d’Anja Kampe, encore plus assise dans le médium et puissante dans l’aigu. L’autre présence féminine vient de la troupe et s’est déjà faite remarquer en Zdenka face à Fleming puis Anja Harteros : Hanna-Elisabeth Müller est l’un des plus charmants sopranos légers du moment et à déjà gagné en technique depuis 2014, de même que ses aigus impeccablement projetés ont trouvé une teinte très particulière.

    Chez les hommes, Peter Seiffert affiche une santé de fer dès son Gott ! initial, et s’il est un peu caché par les aigus féminins dans le quatuor vocal puis au Finale, il tient toute sa partie sans jamais faillir, même face à un Franz-Josef Selig souverain en Rocco. Tomasz Konieczny complète magistralement le groupe masculin avec de superbes graves ténébreux, ayant plus d’impact que ceux de Günther Groissböck, personnage quelque peu hors-sujet dans son costume du Joker de Batman, devenu une allégorie du mal récurrente sur les scènes de théâtre depuis la géniale prestation d’Heath Ledger au cinéma. Déjà entendu la veille dans South Pole, Dean Power (Jaquino) et le prisonnier Joshua Owen Mills soutiennent avec le chœur ample et dynamique les autres voix de la partition. Avec une grande idée de mise en scène, cette soirée aurait pu tutoyer les sommets !




    Nationaltheater, MĂĽnchen
    Le 07/02/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Fidelio de Beethoven dans la mise en scène de Calixto Bieito, sous la direction de Zubin Mehta à la Bayerische Staatsoper, Munich.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Fidelio, opéra en deux actes op.72,
    Version basée sur celle de 1814 de Leonore III,
    Livret de Joseph Sonnleither révisé par Georg Friedrich

    Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Zubion Mehta
    mise en scène : Calixto Bieito
    décors : Rebecca Ringst
    costumes : Ingo KrĂĽgler
    lumières : Reinhard Traub
    chorégraphie : Heidi Aemisegger
    dramaturgie : Andrea Schönhofer
    chef de chœur : Sören Eckhoff

    Avec :
    Anja Kampe (Leonore), Hanna-Elisabeth Müller (Marzelline), Peter Seiffert (Florestan), Tomasz Konieczny (Don Pizarro), Günther Groissböck (Don Fernando), Franz-Josef Selig (Rocco), Dean Power (Jaquino), Joshua Owen Mills, Igor Tsarkov (Premier et deuxième Prisonniers).

     



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