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CRITIQUES DE CONCERTS 30 septembre 2020

Reprise des Indes Galantes de Rameau à l'Opéra Garnier de Paris

Les Indes sans les épices
© Eric Sebbag

Patricia Petibon

Créées la saison dernière à l'Opéra Garnier, les Indes Galantesde Rameau dans la production d'Andrei Serban jouissent d'une invention presque constante sur la scène, laquelle contraste violemment avec le manque d'engagement de William Christie dans la fosse. Une défaillance que la jolie distribution vocale ne compense pas tout à fait.
 

Palais Garnier, Paris
Le 18/09/2000
Isabelle APOSTOLOS
 



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  • L'Op√©ra ¬Ė Ballet fut √† une √©poque un genre tr√®s en vogue en France o√Ļ il a vu le jour √† la fin du XVIIe si√®cle √† l'instigation de Lully. Sa particularit√© est de reposer sur un th√®me et non sur une intrigue, ce qui donne libre cours √† l'imagination et √† la cr√©ativit√© du compositeur et du librettiste. L'op√©ra-ballet est donc un type d'oeuvre √† g√©om√©trie variable, un spectacle complet o√Ļ tout est permis pour divertir le public : c'est le cas des Indes Galantes - dont le th√®me est les "Moeurs Amoureuses chez les Sauvages" .

    Aujourd'hui, la difficult√© est de compenser l'absence d'un solide argument dramatique par un spectacle capable de tenir le spectateur de bout en bout. Malgr√© la mise en sc√®ne plut√īt r√©ussie et souvent dr√īle d'Andrei Serban - color√©, dynamique, qui m√™le arts du cirque et danse contemporaine, avec l'intervention de la musette sur sc√®ne - les Indes Galantes n'atteignent pas leur objectif initial : divertir. La platitude l√©thargique de l'Orchestre des Arts Florissants de William Christie emp√™che toute fusion entre l'action sc√©nique et la musique. L'orchestre est le principal fautif dans les carences de l'interpr√©tation et cela, on a pu l'entendre d√®s le Prologue. La s√©cheresse de la direction de William Christie est √† l'origine d'un manque de dynamisme et de couleur pourtant essentiels dans l'oeuvre de Rameau. Les tempi paraissent trop lisses et les temp√™tes, pourtant nombreuses, font l'effet de petites averses √† peine humides. Quand Rameau a une id√©e toutes les deux mesures, Christie lui s'√©conomise. Ses Indes ont l'exotisme du Darjeeling ti√®de qui se boit avec un nuage de lait et le petit doigt en l'air.

    Heureusement, Paul Agnew, Nicolas Rivenq et surtout Patricia Petibon se sont surpass√©s pour tirer le spectacle de sa torpeur. Pas flamboyantes, ces Indes donc. Sauf sur la fin : l'orchestre se r√©veille subitement livre une danse des Sauvages d√©brid√©e. Bouquet final : en guise de bis Christie monte sur sc√®ne et esquisse quelques pas de danse avec la troupe au grand complet. On aurait aim√© qu'il se d√©boutonne quelques heures plus t√īt.




    Palais Garnier, Paris
    Le 18/09/2000
    Isabelle APOSTOLOS

    Reprise des Indes Galantes de Rameau à l'Opéra Garnier de Paris
    Les Indes Galantes de Jean Philippe Rameau
    Orchestre et Choeurs des Arts Florissants
    Direction musicale : William Christie
    Mise en scène : Andrei Serban
    Décors et costumes : Marina Draghici
    Lumières : Robert Wierzel
    Chorégraphie : Blanca Li

    Avec Annick Massis, Christophe Fel, Ga√ęlle M√©chaly, Nicolas Cavallier, Anna-Maria Panzarella, Paul Agnew, Nathan Berg, Patricia Petibon, Iain Paton et Nicolas Rivenq

     


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