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CRITIQUES DE CONCERTS 26 février 2018

Concert de l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction de Semyon Bychkov, avec la participation du pianiste Nelson Freire à la Philharmonie de Paris.

La fatigue des héros
© Sheila Rock

Un grand orchestre, un grand chef et un grand pianiste donnent à cette soirée symphonique de beaux moments, jamais complètement concrétisés, où chacun fatigue à sa façon. Beethoven accélère parfois trop sous l’impulsion de Nelson Freire, tandis que Semyon Bychkov parvient à faire ressortir de belles couleurs dans Une Vie de héros.
 

Philharmonie, Paris
Le 05/02/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En guise d’ouverture est exposé le Cinquième Concerto pour piano de Beethoven avec un Concertgebouw Orchestra tiré par Semyon Bychkov vers de beaux moments aux altos et aux premiers violons, tandis qu’on perd plusieurs fois les bois dans les ensembles. Une fatigue globale se ressent à l’occasion, certainement due à la tournée européenne de la semaine, dans laquelle Paris arrive cinquième après Barcelone, Madrid, Luxembourg et Francfort.

    Au piano, Nelson Freire a toujours ce toucher si particulier mais plus la même dextérité ; il perd souvent sa main droite lorsqu’il se concentre sur l’autre. Cela dérange d’autant plus que le pianiste semble lui-même se mettre en difficulté en accélérant le tempo, efficacement dans le Rondo mais sans réussir à créer une dynamique nouvelle dans l’Adagio, dont il casse le thème orchestral principal pourtant bien mis en avant par le chef.

    Dans la coda du même mouvement lent, le travail superbement réalisé sur le dernier thème au piano cherche plus à lier les deux derniers mouvements qu’à créer une rupture dans la dynamique avec l’attaque du Rondo. On regrette juste qu’ensuite le tempo accélère à nouveau alors que le geste ne suit pas, tout comme dans la Mort d’Orphée de Gluck donnée en bis, trop rapide elle aussi.

    Après avoir été joué quatre fois la saison passée à Paris par des chefs de l’importance de Thielemann, Harding, Gatti, ou Barenboïm, et déjà cette saison par Chailly dans la même Philharmonie, Une Vie de héros bénéficie depuis quelques années d’un regain d’intérêt en France. Semyon Bychkov apporte à cette musique de la dramaturgie ainsi qu’une couleur claire, très adaptée aux sonorités de Richard Strauss. Dans la bataille, les cors, fatigués, parviennent à accompagner des trombones et trompettes plus solides, ainsi qu’un timbalier ici plus fin et moins omniprésent que dans le concerto.

    Sous la direction du chef russe élevé par Karajan, le poème symphonique gagne en finesse là où il perd en densité, malgré neuf contrebasses et des bassons biens présents dans les graves. Les épisodes Des Helden Widersacher et Des Helden Friedenswerke perdent alors de leur force à l’orchestre. On se délecte en revanche des soli du premier violon, dans la sonorité proches d’un thème juif pour le premier, puis plus clair et lyrique ensuite, jusqu’à s’achever somptueusement vers la mort dans Des Helden Weltflucht und Vollendung.




    Philharmonie, Paris
    Le 05/02/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction de Semyon Bychkov, avec la participation du pianiste Nelson Freire à la Philharmonie de Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour piano n° 5 en mib majeur op. 73 « l’Empereur »
    Nelson Freire, piano
    Richard Strauss (1864-1949)
    Ein Heldenleben, poème symphonique op. 40
    Concertgebouw Orchestra
    direction : Semyon Bychkov

     


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