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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Nouvelle production de Mitridate de Mozart dans une mise en scène de Clément Hervieu-Léger et sous la direction d’Emmanuelle Haïm au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Un théâtre de la cruauté
© Vincent Pontet

Au Théâtre des Champs-Élysées, Emmanuelle Haïm dirige d'une main de fer la première tentative d'opera-seria du jeune Mozart. Patricia Petibon et Sabine Devieilhe tirent vers le haut un plateau bien chantant qui vient au secours d'une scénographie assez terne, incapable de faire oublier les divines longueurs d'un ouvrage riche en flammes et en passions.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 14/02/2016
David VERDIER
 



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  • Assurément brillant et démonstratif, Mitridate est l'occasion pour Mozart d'aborder l'opera-seria par sa face nord. L'œuvre présente en effet une série quasi ininterrompue de vingt-deux airs, séparés par des récitatifs souvent réduits à un rôle de simple passe-plat. L'objectif était de fasciner le public du Teatro Regio Ducale de Milan, qui s'affairait d'ordinaire autour des tables de jeu.

    À l'issue de la représentation, c'est un Mozart de 14 ans qui s'avance sur scène pour recueillir les acclamations d'une salle incrédule. Le livret de Vittorio Cigna-Santi se souvient vaguement de la trame racinienne, obligeant à fermer les yeux sur certains bricolages de bon aloi. Si la tension dramatique s'emmêle les pinceaux entre complots fratricides et amours interdits, la pyrotechnie vocale est au beau fixe et multiplie les défis techniques.

    L'imposant décor signé du tout neuf directeur de la Comédie-Française Éric Ruf, dévore la scène aux trois-quarts, contraignant les personnages à des déplacements peu aisés. Rejouant la vieille antienne de l'inscription du théâtre dans le théâtre, Clément Hervieu-Léger (lui-même acteur au Français) renoue avec la mise en scène d'opéra, quatre ans après la Didone de Cavalli.

    La présence encombrante de figurants à certains moments-clés détourne l'attention et amoindrit la portée expressive de certains airs comme Nel sen mi palpita et Pallid'ombre. La première et la dernière réplique (toutes deux parlées), résonnent comme le point initial et la clôture d'une séance de répétition. L'action délaisse la scène disposée de guingois à jardin pour se concentrer entre les rangées de fauteuils et le premier étage de ce théâtre laissé à l'abandon, baigné dans l'invariable et monocorde lumière zénithale de Bertrand Couderc.

    Le plateau vocal tient ses promesses, à commencer par l'Aspasie de Patricia Petibon, qui distille dans l'aigu l'expressivité et la projection qui demeurent en deçà dans le registre grave. Sabine Devieilhe possède la virtuosité et l'éclat d'Ismène ; malgré une surface vocale limitée, elle fait montre d'une précision stratosphérique remarquable y compris dans les passages les plus exposés.

    Myrtò Papatanasiu est un Sifare très vibrant et incarné. La vaillance physique remarquable (Nel gran cimento) cède à une fatigue audible en seconde partie. Peu sonore dans le bas médium, le Farnace de Christophe Dumaux est remarquable de tenue et de véhémence, comme par exemple dans les lignes de Già dagli occhi. Cyrille Dubois fait mentir par la qualité et l'aisance de son Marzio, la malencontreuse claudication à laquelle le contraint la mise en scène (infirmité, signe de traîtrise ?).

    Jaël Azzaretti ne dépare pas l'ensemble, malgré la modestie de son Arbate. Seul Michael Spyres dans un rôle-titre décidément redoutable laisse l'auditeur sur la réserve, souvent dépassé par une écriture faite de notes interminables et de sauts d'octaves insensés. Éperonné par la battue contondante d'Emmanuelle Haïm, le Concert d'Astrée livre un Mozart à la dureté rythmique souvent éprouvante, malgré une palette instrumentale aux couleurs chatoyantes.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 14/02/2016
    David VERDIER

    Nouvelle production de Mitridate de Mozart dans une mise en scène de Clément Hervieu-Léger et sous la direction d’Emmanuelle Haïm au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Mitridate, Rè di Ponto, opera-seria en trois actes KV. 87 (74a) (1770)
    Livret de Vittorio Amedeo Cigna-Santi d'après Mithridate de Jean Racine

    Le Concert d'Astrée
    direction : Emmanuelle Haïm
    mise en scène : Clément Hervieu-Léger
    décors : Eric Ruf
    dramaturgie : Frédérique Plain
    costumes : Caroline de Vivaise
    éclairages : Bertrand Couderc

    Avec :
    Michael Spyres (Mitridate), Patricia Petibon (Aspasia), Myrtò Papatanasiu (Sifare), Christophe Dumaux (Farnace), Sabine Devieilhe (Ismene), Cyrille Dubois (Marzio), Jaël Azzaretti (Arbate).

     



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