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CRITIQUES DE CONCERTS 16 juillet 2018

Création de Stilles Meer de Toshio Hosokawa dans une mise en scène d’Oriza Hirata et sous la direction de Kent Nagano à la Staatsoper de Hambourg.

Le Chant de la mer
© Arno Declair

Au même moment que South Pole à Munich, Hambourg propose une création avec Stilles Meer, le nouvel opéra de Toshio Hosokawa. Moins de stars prévues au casting malgré la présence de Bejun Mehta et Mihoko Fujimura, mais un matériau musical nettement plus solide, soutenu par l’excellente direction claire et souple du nouveau directeur musical du lieu, Kent Nagano.
 

Staatsoper, Hamburg
Le 13/02/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Pour son quatrième opéra, Toshio Hosokawa traite le sujet du tsunami japonais de 2011 et les risques d’explosions atomiques liés à la centrale de Fukushima, sujet d’autant plus important pour lui qu’il est né à Hiroshima dix ans après la chute de Little Boy sur la ville. Déjà auteur du précédent livret pour le compositeur, Oriza Hirata écrit pour la Staatsoper Hamburg un matériau solide, basé sur l’histoire d’une femme qui refuse d’accepter la mort de son amour, avec en double lecture les risques nucléaires induits par la vague pour la population.

    La musique d’Hosokawa empreinte à l’univers du Théâtre Nô sa temporalité et utilise l’élément aquatique non seulement dans des bruits enregistrés de ressac et de gouttes, mais aussi dans le tissu orchestral, influencé par des climats post-debussystes et l’utilisation de thèmes japonais, comme les compositions de Toru Takemitsu avant lui.

    La superbe ouverture tente de décrire le cataclysme lié au raz-de-marée et se retrouve développée dans une longue transition avec des percussions explosives fantastiquement coordonnées, rappelant notamment les travaux de Xenakis dans leur agencement. De ces influences ressort toutefois une composition personnelle empreinte de latences et de longues blanches liées, ainsi qu’un travail particulièrement intéressant dans l’écriture de la prosodie allemande, à rapprocher de l’univers du Lear d’Aribert Reimann.

    © Arno Declair

    Le Philharmonisches Staatsoper Hamburg trouve avec Nagano des couleurs et une transparence fascinantes, ajoutées à une rigueur de battue où jamais personne ne se perd, pas même les percussions pendant les phases complexes rythmiquement. La mise en scène réalisée par l’écrivain lui-même tient en un seul décor qui conviendrait aussi à Pelléas, condensé autour d’un cercle central translucide posé à la diagonale par rapport au plateau et d’une passerelle en bois amenant vers l’extérieur. Au fond, un rideau permet de jouer sur les éclairages pour adapter l’ambiance, souvent dans des couleurs bleutées rappelant la permanence rassurante autant que dangereuse de l’eau.

    La distribution soutient magnifiquement cette partition, avec d’abord le robot japonais d’un mètre environ, intervenant à plusieurs reprises pour donner en éclaireur l’état des risques de radiation de la zone contaminée. Le contre-ténor Bejun Mehta convainc totalement dans une voix bien modulée dans l’aigu et une ligne de chant précise. Le rôle de Claudia trouve avec Susanne Elmark une interprétation touchante, dans laquelle la colorature se montre à l’aise dans les sauts de hauteurs, même si l’on doute de quelques aigus trop criés.

    Troisième rôle principal, Mihoko Fujimura surpasse sa partition dans un dernier air d’une pureté et d’une puissance qu’on n’avait pas entendue à ce niveau dans sa Klytemnestra d’octobre sur la même scène. Le reste de la troupe est soutenu par le baryton clair de Viktor Rud (Hiroto) et le pêcheur de Marek Gaszetecki, tandis que le chœur se distingue lui aussi lors de ses interventions. Au jeu des créations ayant une chance de pérennité, celle-ci semble avoir une place pour prétendre être rejouée dans l’avenir et dans d’autres lieux. Espérons qu’elle sera à nouveau aussi bien servie par la qualité musicale et les interprètes !




    Staatsoper, Hamburg
    Le 13/02/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Création de Stilles Meer de Toshio Hosokawa dans une mise en scène d’Oriza Hirata et sous la direction de Kent Nagano à la Staatsoper de Hambourg.
    Toshio Hosokawa (*1955)
    Stilles Meer, opéra en un acte et cinq scènes
    Livret de Hannah Dübgen d’après le texte d’Oriza Hirata

    Création mondiale

    Solistes vocaux de la Staatsoper Hamburg
    Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
    direction : Kent Nagano
    mise en scène : Oriza Hirata
    décors : Itaru Sugiyama
    costumes : Aya Masakane
    éclairages : Daniel Levy
    effets sonores : Takeshi Tsuchiya
    chef de chœur : Eberhard Friedrich
    dramaturgie : Janina Zell
    assistant régie : Miharu Sato

    Avec :
    Susanne Elmark (Claudia), Mihoko Fujimura (Haruko), Bejun Mehta (Stephan), Viktor Rud (Hiroto), Marek Gaszecki (Un pêcheur), Lua-Sophie Störmer (Une jeune fille).

     



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