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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Récital de piano à quatre mains de David Kadouch et Adam Laloum à la salle Gaveau, Paris.

En blanc et noir
© Caroline Bellaiche

Ils sont jeunes, dynamiques, et interprètent dans une synchronisation parfaite de grands classiques du piano à quatre mains. David Kadouch et Adam Laloum ont ravi leur public dans une salle Gaveau comble, même si l'on pouvait regretter une palette de sonorités plus riche dans Ravel et une pénétration plus profonde de Schubert.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 15/02/2016
Claude HELLEU
 



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  • David Kadouch a 30 ans, Adam Laloum est légèrement plus jeune. La photographie du programme les présente côte à côte sans que leur nom personnalise les visages. Gaveau est comble en leur honneur, cette salle Gaveau presque toujours comble pour les pianistes qu’elle présente à un public heureux de se retrouver dans un cadre chaleureux et en plein Paris. Cela mériterait un effort sur les feuilles de papier vendues en guise de programme, avec le seul CV des interprètes et sans un mot sur les œuvres qu’ils jouent.

    Lebensstürme de Schubert pour commencer. Un Allegro en la mineur dont Adam Laloum, à droite, et David Kadouch dynamisent la véhémence. En parfaite synchronisation de tempo, ils soulignent des rythmes, martèlent des accords qu’une certaine dureté assèche. L’ampleur de la partition y perd sa profondeur, mais la netteté des jeux cible les thèmes. L’équilibre du chant, en revanche, pâtit de l’effacement de David Kadouch dans les graves, cependant qu’Adam Laloum tempête en accords revenus dans un climat un peu trop uniforme. Déterminé, le parcours se poursuit sans susciter la complexité des antagonismes dont Schubert avait le secret.

    Les phrasés de Ma Mère l’oye sont de même irréprochables. Pourtant justes intentions et respect de l’écriture dépouillée voulue par Ravel dans les Cinq Pièces enfantines ne ravissent pas autant qu’ils le devraient. Il manque une certaine imagination à leur interprétation. La Belle au bois dormant se pavane gentiment, les hésitations du Petit Poucet charment agréablement, Laideronnette a l’ironie sage, la Belle et la Bête dialoguent courtoisement, le glissando de Laloum y est très réussi, mais l’enchantement reste au seuil de la féérie d’un Jardin féerique privé de ses odeurs. Faute d’une sonorité qui prolonge l’expressivité au-delà des nuances ?

    Pour la Fantaisie en fa mineur de Schubert, Kadouch prend la partie haute et découvre mieux son art du chant. Autre chef-d’œuvre de Schubert, composé juste avant l’Allegro en la mineur, la Fantaisie est pour nombre de mélomanes la plus belle œuvre pour piano à quatre mains jamais écrite. Bouleversante, elle témoigne d’une inspiration dont les rebondissements ne cessent de relancer l’expressivité.

    Miracle des premières notes, un do tout simple pointé au fa. Douceur et fermeté de la mélodie qui nous captive. Poésie de sa lumière. Ce soir, éclaire-t-elle les silences ? La rapidité du jeu sert mieux sa vitalité impérieuse. L’aisance des pianistes, la mise au point exemplaire de leur complémentarité en fait une lecture séduisante, mais au premier degré. La clarté du canon entre la discrétion des piani en haut du clavier et les basses sert un duo évident, mais la maigreur des accords du Largo, là encore, nuit à la plénitude d’une émotion plus évoquée que ressentie. L’aisance ne fait jamais défaut à des tempéraments tout au bonheur de maîtriser les développements d’un Allegro vivace plein de surprises, celles de ses vulnérabilités enfouies sous la détermination de l’expressivité.

    Ces tempéraments vont s’en donner à cœur joie dans le Sacre du printemps de Stravinski. Virtuosité chorégraphique des rythmes toujours aussi catégoriques, exactitude des phrasés et des nuances témoignent d’une force primitive en accord avec ces Tableaux de la Russie païenne. Mais leurs deux parties ont même impact. La richesse des timbres orchestraux se fond en une même couleur. La pauvreté des sonorités, les arrachements d’accords identiques atrophient tant le caractère incantatoire de certaines scènes que les équivoques d’une partition subversive ramenée à une écriture pleine d’effets brillants. D’où leur succès.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 15/02/2016
    Claude HELLEU

    Récital de piano à quatre mains de David Kadouch et Adam Laloum à la salle Gaveau, Paris.
    Schubert (1797-1828)
    Lebensstürme en la mineur D. 947
    Fantaisie en fa mineur D. 940
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Ma mère l’oye
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Sacre du printemps
    David Kadouch & Adam Laloum, piano

     


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